Bilan de l’année 2020 [Mizakido]

Réalisé dans le respect des gestes barrières

2020, une année qui marquera les esprits. Les incendies destructeurs qui ont touché l’Australie ne laissaient déjà rien présager de bon, mais les remontées alarmantes en décembre 2019 n’annonçaient rien de mieux, avec aujourd’hui donc ce qui pèse et bouscule encore le quotidien de l’humanité à plus ou moins grande échelle : un coronavirus dont on connaît évidemment les différents sobriquets. Une vie économique, sociale et culturelle mise en suspens voir complètement chamboulée et fortement impactée chez beaucoup de personnes. Et ce n’est pas encore fini !

Le jeu-vidéo, activité sédentaire par excellence, n’aura guère été impacté par le virus, si ce n’est sur son fil d’actualités et les différents évènements gravitant tout autour. Ainsi par exemple, l’AGDQ se sera déroulé chacun(e) chez soi, et l’E3, déjà plus que symbolique depuis quelques année, a tout simplement et logiquement été annulé pour faire place à des annonces au compte-goutte, avec une régularité et des révélations certaines, pour pas mal de futures nouveautés dont je n’aurais finalement pas retenu grand chose de très marquant. Les deux nouveaux supports, à savoir la PlayStation 5 et la Xbox Series S|X, n’auront pas eu le droit à leurs grands shows de trois heures, expositions respectives de puissance brute et d’exclusivités à la clef, mais bon, il y aura eu des trailers et tout le bazar, et cela n’aura visiblement pas empêché aux machines de se vendre très correctement à leur sortie en fin d’année, avec un long trip à la PlayStation 2, vu que les ruptures de stock durent encore en ce début février. La cohue dans les magasins « physiques » en moins. Et oui, pas d’achat pour moi, car je n’étais guère hypé par le line-up day-one. Pour le reste de l’actualité, l’année aura été mine de rien plutôt riche en sorties et succès inattendus. La première catégorie a été marquée par pas mal de remakes issus des grandes gloires de l’ancienne garde PlayStation, pour des passages en haute résolution de Resident Evil 3, Final Fantasy VII ou encore Demon’s Souls, avec des résultats plus que convaincants d’après certains dires. Les versions augmentées ont aussi été de la partie, en particulier du côté du RPG, avec respectivement les versions Royal et Encore de Persona 5 et Tokyo Mirage Sessions ♯FE. Puis The Last of Us Part II, Animal Crossing : New Horizons, Ghost of Tsushima… J’en passe beaucoup, et probablement des aussi bien, comme Hades, Flight Simulator, Tony Hawk’s Pro Skater 1 + 2… Le pire c’est que dans tout ça, je pense qu’il doit y en avoir au moins 90 % qui me bottaient, et si je m’en suis procuré quelques-uns, je n’en ai absolument lancé… Aucun. Fidèle à moi même, je suis encore avec une année de décalage, voir davantage encore, coincé avec un backlog des plus imposants, quelques priorisations budgétaires, d’autres occupations vidéoludiques mais aussi, pour le coup, un rattrapage intensif de séries.

On peut ainsi dire que Netflix aura tourné, avec pas mal de feel good pour bien passer les confinements et économiser doigts et nerfs, avec Community, Brooklyn Nine-Nine ou encore The Good Place. Si Parks and Recreations était dessus, elle y serait repassée. Et puis The Crown. C’était étonnement bien The Crown. Bref, ratés, la plupart des incontournables côté jeu-vidéo, cela devient une habitude, mais il se pourrait que 2021 corrige un peu le tir vu les dernières soldes et les récents bouclages qui permettent de laisser un peu plus de temps pour enchaîner sereinement sur autre chose, surtout avec un Cyberpunk 2077 qui me branche absolument pas. Soixante heures à caler ailleurs. Puis c’est plus pratique et facile pour déterminer quel sera son GOTY de 2020, mais nous y reviendrons plus bas. Pas fait donc, les gros succès, qu’ils soient prévisibles ou totalement inattendus comme Age of Empire II : Definitive Edition ou Among Us, et j’aurais (au moins) commencé l’année par le pire, comme ça difficile d’être déçu.


Avec Tomb Raider : L’Ange des Ténèbres. Ce n’est pas le fond du fond de ce que j’ai pu faire depuis que je suis jour, mais là, je l’ai uniquement fait pour progresser dans ma longue rétrospective de la série, et d’en subir ainsi tous les aléas, qui avaient été déjà bien rêches avec Chronicles. Mais le pire est passé, la période (feu) Core Design aussi, et si je pensais rapidement enchaîner sur les épisodes de Crystal Dynamics, avec leur première trilogie, celle-ci aura finalement dû attendre le début de l’hiver ainsi qu’un passage sur leur série des Gex (allez savoir, je voulais juste au départ refaire le second épisode) pour être bouclée, avec d’excellentes surprises comme l’opus Underworld que je n’avais jamais fait. Legend est sympa comme remise à niveau de la license, et Anniversary, réussi mais qui pour moi n’arrivera jamais à rivaliser avec l’original. 2021 sera sûrement l’occasion de faire les spin-off “Lara Croft”, puis d’enfin boucler ce (parfois laborieux) périple avec la nouvelle nouvelle trilogie. Le bilan de 2021 saura valider ou non cette perspective.

Pas le meilleur démarrage de l’année – surtout que c’était dans les premiers jours, mais fort heureusement, les choses se sont arrangées pour affronter la crise sanitaire avec du bon gros divertissement qui tâche. Et du gros investissement, surtout. Tout d’abord par une nécessité absolue de remplacer mon PC obsolète, soumis aux plantages intempestifs et aux capacités techniques déprimantes. Des recherches et comparatifs se conclurent par l’acquisition d’un petit char d’assaut prêt à affronter les gros jeux du moment et du proche passé une fluidité à priori de tous les instants, pour le peu que le jeu soit bien optimisé. Puis ensuite, une opportunité de pouvoir enfin acquérir à prix “correct” un objet vidéoludique qui me fait de l’œil depuis bien des années, aussi bien pour son concept, ses ambitions et sa courte histoire complètement hallucinante, que pour la poignée de jeux uniques qu’il propose. Pas un Virtual Boy, pas de 32X, mais un 64DD, avec pour premier jeu essayé et principale raison du craquage, une sorte de madeleine de Proust qui me faisait rêver depuis que je l’avais vu dans un vieux magazine papier : Sim City 64. Les Mario Artist et leurs idées folles auront fait le reste. Avec un kit heureusement arrivé juste avant la crise, l’accessoire et sa console n’auront, comme beaucoup d’acquisitions rétro essentiellement japonaises sur PlayStation, Saturn, 3DO et WonderSwan, pas tournés comme je l’aurais voulu, mais les prévisions sont bonnes pour 2021, surtout avec l’arrivée prochaine de câbles Hyperkin pour faire passer tout ça un peu partout autre que sur une bonne vieille télévision cathodique.

Mais le nouveau PC, lui, a eu toutes les occasions de faire son rodage comme il se doit. Il faut dire que j’avais beaucoup de choses à rattraper sur le support, en particulier dans le domaine du FPS, que je ne peux pas envisager sans clavier et souris. 2020, l’année du shooter, assurément, pour des variations de gameplay et d’expériences toutes aussi différentes que leurs univers. Dans le domaine de l’action purement décérébrée mais avec un peu de finesse quand même, je me suis relancé la série des Shadow Warrior, avec le premier opus en difficile pour se chauffer un peu, et la découverte totale du second. La résultante est que l’originel c’est toujours autant la folie, fun quoique quelquefois frustrant dans sa difficulté maximale, et que pour le second, où les développeurs semblaient s’être pris d’affection pour Destiny ou Borderlands, on est un peu le cul entre deux chaises avec toujours de l’action toujours non stop et encore plus d’armes délirantes, mais le surplus de loot fourni visant à se créer un équipement le plus optimisé possible était vraiment contre-productif, si bien qu’on passe limite plus de temps dans les menus à taper du monstre.Puisque j’étais bien dans l’esprit pour défourailler du démon avec de gros calibres, il semblait logique de continuer le rattrapage sur un titre majeur du genre : Doom, version 2016. Et quel jeu ! Un héros complètement je-m’en-foutiste, vraiment pas content d’avoir été embarqué dans cette merde, et bien décidé à se barrer de ce bourbier de la meilleure façon qui soit, même si c’est la pire. Le gameplay, jouissif, précis et exigeant, n’a plus guère besoin d’être présenté et restait peut-être ce qui se faisait de mieux avant l’arrivée de Doom Eternal, sa suite tant attendue. Gros jeu donc, enfin complété de mon côté, pas en « impossible », mais terminé. C’est d’ailleurs Doom et sa bande-son péchue, avec un intérêt certain pour les jeux de rythme, qui m’a poussé à passer un peu de temps sur BPM : Bullets Per Minute, qui s’avère être une fusion des deux, avec une application fort réussie quoiqu’un peu déséquilibrée et perfectible, mais suffisamment addictive pour s’y replonger de temps à autre.

Pour la suite des FPS, petit changement d’ambiance et d’univers pour passer dans sur période de la seconde guerre mondiale, mais réinterprétée ici avec plus ou moins de libertés. En plus de la sympathique mais pas révolutionnaire campagne solo de Battlefield V (le moteur Frostbite est beau quand même), je me suis attaqué aux derniers Wolfenstein, du moins, la partie une, The New Order, et son épisode annexe, The Old Blood. Autant j’ai apprécié le travail qu’ont accompli les équipes de MachineGames sur ces uchronies très corrosives, autant l’exécution du gameplay est inconsistante voir quelconque face à un Doom ou un Shadow Warrior, avec des armes qui manquent de peps et de grosses subtilités quant à leur utilisation. De plus, je n’avoue pas avoir été spécialement porté par l’histoire tant son héros, pourtant fait pour être charismatique, m’a paru extrêmement… Fade. Bref, pas super convaincu par cette première grappe d’épisodes, et comme visiblement le second opus n’a pas l’air de spécialement d’améliorer les choses d’après ce que je peux lire, je vais attendre les grosses soldes pour tenter l’expérience. Mais qui sait, cela me plaira peut-être plus.

Suite à ces cocktails forts en action, entrecoupés du déblocage de l’ensemble des personnages sur Super Smash Bros. Ultimate, il était temps de se calmer un peu, et de s’attaquer à des expériences plus tranquilles, du moins, sur la partie frénétique. Mon dévolu s’est ainsi tourné sur Subnautica, qui n’est pas vraiment un shooter, mais qui se passe à la first person. Un jeu de survie et de crafting ici, plus précisément, et un sacrément bon. N’étant pas grand fan des jeux « sans fin » parce que justement, ils n’en proposent pas vraiment et qu’à force, on tourne en rond, ce titre très porté sur les fonds-marins à explorer est à la hauteur de sa réputation, à savoir une vraie pépite à l’ambiance assez dingue, un scénario agréable, et un système de constructions de bases assez grisant. Pour la quarantaine d’heures qu’il affiche, on ne s’ennuie absolument jamais. C’est peut-être ce qui m’aura fait relancer Astroneer, mais je vais pas revenir sur ce que j’ai pu en dire durant quelques paragraphes, tout comme Overpass et Assault Spy, qui se sont incrustés ici et là durant l’année, tout comme le très sympathique Later Alligator, qui n’a absolument rien à voir étant donné qu’il s’agit d’un rigolo pointé cliqué dont j’aurais probablement l’occasion de parler davantage prochainement.

Les derniers titres du côté des FPS se sont focalisés sur un remake et un reboot. Le remake se trouve être Black Mesa, une réinterprétation du grand Half Life par des fans, en développement depuis bien des années et qui a enfin vu sa version finale disponible durant l’année 2020. Et bien, quel travail accompli. Pour découvrir la première mésaventure de Gordon Freeman, le scientifique le moins chanceux de l’histoire du jeu-vidéo, c’est un incontournable. Sans absolument tout refaire de A à Z, Black Mesa ajuste quelques passages, dont celui de Xen, le point faible du jeu original, booste drastiquement les visuels, et propose un nouveau doublage pour l’ensemble des dialogues. Le résultat est absolument superbe, surtout qu’on le rappelle, il s’agit avant tout d’une création de fans, sans intervention de Valve si ce n’est leur approbation, et proposé en plus à un prix décent. Gros gros conseil pour ma part, donc.

Je n’irais cependant pas totalement recommander le reboot de Mirror’s Edge, le nommé Catalyst, à tout le monde. Les équipes de DICE ont en effet décidé de faire table rase du jeu de 2007 et de partir sur une nouvelle histoire, avec des personnages différents, sauf pour Faith, évidemment, et d’offrir une dimension open-world au gameplay autrefois linéaire. Sur ce dernier point, c’est bien exécuté et convaincant malgré des ratés dans les combats, mais pouvoir faire du plateforming avec fluidité et une certaine liberté vu qu’on est toujours en haut de buildings, c’est super grisant. Puis le jeu est esthétiquement très propre et livre parfois des situations épiques et bien mises en scène. Par contre, côté scénario, c’est autre chose. Déjà, il est incomplet sans la lecture d’une série de bandes dessinées pour comprendre pourquoi notre héroïne est en prison au début de son aventure. Ensuite, il est globalement ennuyeux, vite monté, prévisible, avec des personnages pas spécialement intéressants. On oublie limite ce qui a pu se passer durant la dernière cinématique pour se focaliser sur les missions en elles-mêmes. Bilan mitigé donc. Pas sûr que le développeur ou EA voudra tenter à nouveau l’essai.


Et puis voilà Risk of Rain 2. Mon jeu de l’année, et de loin. J’avais adoré le premier, et l’annonce d’une suite en trois dimensions m’avait autant surpris que enthousiasmé. J’ai patiemment attendu sa sortie de son accès anticipé, malgré les retours très positifs de mon entourage, pour le poncer dans les meilleures conditions possibles de sa version 1.0. Quel jeu de fou quand même ! Dans le fond, le gameplay ne change que très peu, à savoir survivre un couple de niveaux face à une horde toujours plus imposante d’ennemis et une difficulté qui augmente au fur à mesure que temps passe, et ce avec un loot totalement aléatoire et une poignée de classes de personnages aux différents atouts et faiblesses. Dans la forme, le passage à la troisième dimension décuple l’expérience, offre de nouvelles possibilités pour appréhender les affrontements et surtout pour s’en prendre encore plus dans la tronche. Alors on meurt toujours beaucoup, mais on y retourne, pour se surpasser, pour travailler ses skills, tester des associations d’objets. Une vraie addiction, emplie de prouesses et de grosses déceptions quand on réussi ou foire un run suite à une erreur d’inattention. Et en multijoueur, c’est encore plus génial. J’en parlerai bientôt, là encore.


Hormis le tout nouveau contenu pour Risk of Rain 2, prévu pour les prochains mois, mes attentes de l’année 2021 sont je crois nombreuses, mais j’avoue qu’à l’écriture de ces lignes, j’ai bien du mal à les retrouver. Citée bien plus haut, la PlayStation 5 n’a pas fait parti de mes acquisitions en 2020, mais avec l’arrivée prochaine d’un certain Returnal, avec son gameplay me rappelant forcement le jeu sus-cité, ainsi que le remake de Demon’s Souls, le nouvel Horizon, les nouvelles annonces et plus généralement, pouvoir profiter de la rétro-compatibilité++… Il se pourrait bien que je passe à la caisse plus tôt. Quand il y aura du stock, déjà. Dans ce qui me vient en tête : Shin Megami Tensei V et le remake du III, les prochains PlatinumGames, Biomutant, Shadow Warrior 3, Oddworld : Soulstorm, le DLC de Cuphead (enfin ?), Earth Defense Force 6 ,ainsi que la localisation européenne de son spin-off, World Brothers. Côté indépendants, je me suis noté le spatial Jett : The Far Shore, Little Devil Inside, les graphiquement terribles Dordogne et NUTS (je viens de voir qu’il est sorti), l’ambitieux et déjà convaincant Cris Tales, le pixelisé et horrifique World Of Horror, puis Hardspace : Shipbreaker, ce simulateur d’éboueur spatial dont l’essai en accès anticipé m’a fortement étonné. Cela sera, mine de rien, un bon début.

On va déjà tenter de rattraper, vu qu’ils prennent déjà de la place sur mon disque dur, Death Stranding, commencé dès sa sortie sur PC en août dernier et joué pendant une quinzaine d’heures sans arrêt, et quelque peu stoppé net pour « l’addiction ». Récupérés en solde récemment, Control et Doom Eternal offriront leur propre vision du jeu d’action et d’un nouveau défi pour ma carte graphique après le jeu de Kojima Productions, et puis, il sera temps de mettre la bête de côté pour enfin lancer Deadly Premonition 2, Animal Crossing : New Horizons et Disaster Report 4, toujours et encore repoussés. Côté rétro, en attendant que les conditions s’améliorent pour compléter avec Vidok nos deux titres en cours pour la rubrique horrifique Survivance, on va se concentrer sur Sim City 64, premier dans la ligne de mire, ainsi que, s’il est possible de se focaliser un temps soit peu, pas mal de jeux PlayStation récemment acquis qui me tentent depuis un moment, même si je pense que niveau qualité, cela ne va guère voler haut, surtout sur ceux que j’ai envie de relancer histoire de confirmer que c’est vraiment pas terrible comme dans mes souvenirs. A moins qu’une console sous la norme 3DO pointe le bout de son plastique, car avoir des jeux c’est bien, posséder le support pour les faire tourner, c’est mieux. Que de sacrées priorités et perspectives d’articles !

Bon jeu à toutes à tous !