Demon’s Souls

Sony réveille ses vieux démons

Genre
Action-RPG
Développeur
Bluepoint Games
Editeur
Sony
Année
2020

Demon’s Souls, titre de lancement de la Playstation 5 en 2020. Qui aurait pensé en 2009 que ce jeu réservé aux initiés aurait eu le droit à un tel destin ? Ayant obtenu une aura de jeu culte auprès de nombreux joueurs, Demon’s Souls a la lourde tâche de représenter les exclusivités PS5 dès le 19 novembre 2020 sur les étalages des magasins – fermés de France, certes… Sony a été très claire : From Software n’est absolument pas impliquée dans ce remake. Toutes nos réclamations devront être envoyées au studio texan de Bluepoint Games.

Plutôt discret avec des remakes et/ou des portages de qualité tels que Metal Gear Solid HD Collection, God of War Collection ou encore Gravity Rush Remastered, le succès du développeur a explosé avec son incroyable remake de Shadow of the Colossus. Respectueux et intraitable sur la fidélité à l’œuvre originelle, Bluepoint est devenu, du jour au lendemain, sur l’espace médiatique, synonyme de qualité. Après trois ans de travail, le remake de Demon’s Souls déboule, à la fois fidèle à lui-même et transformé.

Nous vous encourageons à lire la critique de la version Playstation 3, dont le contenu reste parfaitement d’actualité, avant de continuer. Nous allons en effet nous concentrer sur les nouveautés de ce remake.

Evidemment : le bon graphique entre la version PS3 et cette flambant neuve version PS5 est colossal. Le “Waouh effect” espéré est bel et bien présent, et ce dès nos premiers pas. Le nouvel éditeur de personnage laissait déjà penser que les modèles 3D allaient bouleverser le monde de Boletaria. Et c’est le cas : Demon’s Souls affiche désormais des décors absolument somptueux. La version Playstation 3 était loin d’être laide, et elle instaurait de fort belle manière une ambiance poisseuse dérangeante, recherchée par From Software. Bluepoint opte désormais pour un visuel davantage bleuté, moins poisseux mais tout aussi mélancolique.

Les décors fourmillent de détails, à tel point qu’il est parfois difficile de reconnaître certains lieux. Les toits de Boletaria, à la carte finalement identique, offrent des perspectives inédites. La prison de Latria paraît encore plus dérangeante. Tous les ennemis bénéficient, eux aussi, d’un impressionnant relooking. Les mineurs de rochecroc sont désormais, vraiment, intimidants. Ne parlons même pas des dragons, toujours aussi fascinants. Ce remake se veut parfaitement fidèle au jeu d’origine, par conséquent, nous retrouvons exactement les mêmes lieux. Nous foulons toujours, dans un premier temps, les terres de Boletaria, puis une fois le premier boss vaincu, la progression s’ouvre totalement. Bluepoint l’avait confirmé : pas de nouvelle archipierre, ce qui aurait été synonyme de nouveau monde à visiter, en l’occurrence celui des géants. 

Autre conséquence d’un jeu identique : nous retrouvons les mêmes PNJ, aussi bien dans le Nexus qu’au milieu des niveaux. Mieux modélisés, ils bénéficient surtout d’une localisation française intégrale. Si les vétérans seront nostalgiques des voix anglaises, les nouveaux joueurs apprécieront la bonne localisation. Les objets sont également tous au même endroit. Malins, les gars de chez Bluepoint Games ont tout de même trouvé amusant d’ajouter quelques surprises. Le trophée demandant de retrouver les 26 anneaux du jeu en réclame, dans cette version PS5, quatre de plus.

Plus mystérieux, des énigmes sont apparues, telle qu’une nouvelle porte, cachée, en Boletaria qui ne peut être ouverte qu’une fois 26 pièces de céramique découvertes et échangées, ou certains accès modifiés. Il faudra toutefois tester le mode brisé, à savoir une option inversant tous les niveaux, façon mode miroir. Ce qui rappellera quelques souvenirs aux joueurs du remake de Shadow of the Colossus. Ou encore cet étrange bruit dans le Nexus, qui rappelle à certains le trailer de 2019 d’Elden Ring, tandis que Sony prétend au simple glitch. Par petites touches, Bluepoint Games a tout de même tenté d’apposer sa patte. 

Autre gain de ce remake : la quasi disparition des temps de chargement. Nous le devons à la fois au très bon travail du studio et, évidemment, au SSD de la Playstation 5. En 2009, il fallait peser le pour et le contre avant de retourner au  Nexus. Désormais, les trajets ne durant guère plus de trois secondes, le joueur prudent s’embourgeoise gaiement. Que les allers-retours étaient fastidieux lorsque notre charge maximale d’inventaire était atteinte. Eh bien, désormais, il est possible, à tout moment, d’envoyer des objets dans notre réserve, à savoir le coffre de Thomas. De même, tout nouvel objet obtenu alors que l’inventaire est plein, s’y retrouve immédiatement téléporté. Toujours pour notre confort : notre avatar peut enfin accélérer la montée ou la descente d’échelles. L’animation de descente ne vaut pas celle des Dark Souls, mais le gain est appréciable. 

Le jeu ajoute aussi quelques fonctionnalités, gadgets, mais de bon aloi, comme un mode photo et moult filtres graphiques. En effet, il nous est possible de revoir entièrement le visuel dans le but de revenir aux teintes du Demon’s Souls d’origine, jusqu’à aller carrément sur du noir et blanc. Les maniaques de l’optimisation l’attendait : il existe bel et bien un switch entre le mode Performances et le mode Cinématiques.

Le premier propose un jeu en 1440p et en 60 images par seconde. La fluidité y est exemplaire et le jeu est visuellement époustouflant. En cinématiques, Demon’s Souls passe en 4K mais voit son animation chuter à 30 images par seconde. De notre côté, après un rapide essai en mode Cinématiques, le choix s’est aussitôt porté vers le mode Performances, bien plus agréable à l’œil. Le jeu offre quelques saccades, dans de rares cas – quasiment toutes concentrées dans le niveau 1-3 – mais demeure inattaquable le reste du temps.

Jusqu’au bout, Demon’s Souls continue d’être fidèle à lui-même. Au travers de sa vingtaine d’heures de jeu, il nous emmène dans cinq contrées radicalement différentes, aux ambiances tout aussi singulières. L’histoire reste donc la même : moins cryptique que celle de la série Dark Souls, elle se laisse suivre avec attention. Nous retrouvons les mêmes boss, toujours aussi impressionnants, mais peut-être un peu moins punitifs que dans nos souvenirs, l’expérience Dark Souls étant passée par là. Bluepoint games a eu le bon goût d’arranger chaque morceau de l’OST et d’en proposer de sublimes versions orchestrales. Les morceaux se font essentiellement entendre pendant les scènes importantes et les affrontements de boss. Mention spéciale pour le thème de fin, à frissonner.

Demon’s Souls
Appréciation
Est-ce que les nouveaux joueurs peuvent se lancer dans Demon’s Souls ? Evidemment. Le jeu se veut aussi exigeant que par le passé tout en éliminant les mécaniques de gameplay fastidieuses comme le fonctionnement de la réserve. Est-ce que les habitués du jeu d’origine doivent se lancer dedans ? Évidemment, aussi. Ils y retrouveront tout ce qu’ils ont apprécié, sublimés par la puissance de la Playstation 5 et le respect de Bluepoint Games, qui a encore réalisé un travail remarquable. Demon’s Souls n’usurpe pas son statut de jeu phare du lancement. L’incroyable sans-faute de Bluepoint Games mérite d’être salué et justifie à lui seul l’achat d’une Playstation 5 pour les fans de la première heure.
Points forts
Une réalisation de haute volée
Les mêmes qualités que le jeu d'origine
De nombreux irritants désormais corrigés
Une bande son sublimée
Un remake incroyablement respectueux
Points faibles
Il n'est pas toujours simple de bien placer la caméra dans les grottes
Les spécificités de la Dual Sense peu employées
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