The Darkside Detective
Appréciation 3

Bien entendu, The Darkside Detective n’est sans doute pas le jeu du siècle. Mais reconnaissons que l’on passe un bon moment, à retrouver à la fois ce charme des point’n click loufoques d’antan sans qu’on aille se prendre la tête avec les contraintes frustrantes de l’époque. Ici, on avance de façon fluide, sans fracture du cerveau, tout s’amusant du ton délicieusement grotesque du soft. Un bon jeu pour se divertir un dimanche morne où l’on sent la fatigue et/ou la maladie arriver, une boisson chaude à la main.

Résumé 3.0 Correct

The Darkside Detective

L’un des avantages du jeu vidéo indépendant, c’est de représenter un excellent vivier de nouvelles propositions dans des styles parfois moribonds depuis belle lurette. Notamment en terme de point’n click qui, si le genre n’avait jamais forcément disparu totalement s’est vu passer par de multiples évolutions dans son approche. Que ce soit d’un point de vue esthétique, scénaristique que d’ergonomie. Aujourd’hui, lorsque l’on se penche sur l’indé, on peut avoir la joie de retrouver des choses qui ont été, à un moment donné (qui n’est pas forcément si lointain), considéré comme kitsch et totalement désuet : le FMV notamment ou encore l’approche old-school via les outils dits SCUMM (qui ont servi à développé le mythique Maniac Mansion à la base). C’est dans cette dernière approche que se situe The Darkside Detective, originellement un simple prototype de game jam qui a eu la chance de se développer et s’étendre afin de proposer une version commerciale « complète ». Le credo de ses géniteurs de Spooky Doorway ? Revenir à l’essence du point’n click dans son esthétique et son écriture en proposant un cheminement/façon de jouer autrement plus accessible, s’inscrivant davantage dans l’air du temps. Un pari réussi au vu de la réception très positive du soft – autant des médias que des joueurs – et sa campagne Kickstarter réussie afin de rempiler gentiment pour un second volet.

A quoi ça ressemble ?

N’allez pas vous attendre à de la grande claque graphique de la part de The Darkside Detective. C’est développé via les outils SCUMM, autant dire que c’est du pur pixel art. Au vu d’autres softs s’appuyant sur les mêmes bases, sans aller voir du côté des jeux récents puisqu’on pourra citer par exemple les Sam & Max ou encore Day Of The Tentacle d’époque, on pourra même dire que c’est plutôt grossier. Ce qui ne veut pas dire pour autant que ce soit dénué de charme, encore faut-il y être sensible. Malgré tout, passé ces considérations graphiques, il faut reconnaître que d’un point de vue artistique pur et dur, on est loin d’être face à un jeu développé par des sagouins trop pressés : en terme sonore, de background ou encore d’écriture au sein des dialogues – même s’il y a aujourd’hui une traduction française d’une qualité fort honnête, n’hésitez pas à rester dans la monture anglaise originelle si vous pouvez vous le permettre – le soft s’avère très réussi dans son retour vers le passé. Les ambiances sont là et l’humour loufoque tel qu’il pouvait l’être durant l’âge d’or du point’n click du début des années 90 fait mouche à bien des moments. En soi, suivre les aventures de notre détective nonchalant et son idiot de partenaire pro-complotiste au cœur d’un paranormal on ne peut plus grotesque est un vrai plaisir qui ne se tarit pas.

Comment ça se joue ?

D’autant plus qu’en terme de gameplay et d’approche, on se situe sur quelque chose qui gomme toutes les contrariétés que l’on pouvait ressentir dans les jeux de l’époque. Les différents tableaux sont simples, épurés et efficaces, s’adaptant comme un charme à l’écran tactile de la Switch (à noter que si l’on reste sur une configuration avec manette ou joycon, la sensibilité du curseur a tendance à vite devenir trop importante), qu’importe que l’on soit doté de doigts de fée ou de boudins. Point de parasitage non plus de phases douteuses qui amènerait une volonté de variété comme on a tendance à voir dans certains softs jouant la carte du protéiforme voulant faire tout pour au final ressembler à rien. C’est du point’n click classique où l’on observe, voire ramasse des objets pour les utiliser au moment opportun. Et où l’on papote avec des PNJ également, bien entendu. Simple, efficace et sans chichis.

Pourquoi on en parle ?

Ce qui fait l’efficacité, c’est aussi l’approche s’inscrivant davantage dans l’air du temps. Exit les énigmes sans queue qui sont là, sans réelle explication, ni aide pour s’en sortir. The Darkside Detective préfère s’articuler autour de petites énigmes simples, au dénouement souvent amusant et loufoque mais demandant une réflexion plutôt logique. De la même manière qu’il ne s’encombre pas, comme certains jeux de l’époque, avec des dialogues à rallonge : les PNJs racontent des choses loufoques certes, mais savent déballer leur sac de manière concise. En découle un jeu qui se boucle sans forcément beaucoup d’anicroches, de manière fluide. Certains râleront sûrement qu’il est sans doute trop facile, ce qui n’est pas faux, mais au moins procure-t-il un plaisir certain de découvrir ces différentes enquêtes sans se prendre la tête, The Darkside Detective se présentant un peu à la manière d’un jeu épisodique, préférant privilégier des mini-scénarios courts mais bien menés plutôt qu’un noyau scénaristique – ou trame globale – dense qui multiplie les risques de maladresses et autres phases fastidieuses. Permettant d’ailleurs ainsi pour le joueur d’avoir la liberté de choisir sa façon de découvrir le soft : d’une traite ou encore via de petites sessions ponctuelles et espacées pour se détendre sans jamais craindre de perdre le fil.

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