Wilmot’s Warehouse
Appréciation 3

Étrange sur le papier, étonnant manette en main, Wilmot’s Warehouse s’avère être une expérience des plus solides en plus d’être, mine de rien, plutôt tranquille. Rigolo, bon pour la mémoire, pas stressant, il saura occuper les amateurs d’ordre et d’organisation pointues pour une dizaine d’heures, voir davantage pour celles et ceux qui veulent se frotter aux challenges offerts par son mode expert, seul ou à deux.

Résumé 3.0 Correct

Wilmot’s Warehouse

La scène vidéoludique indépendante est décidément un réservoir inépuisable d’idées plus ou moins farfelues, et il suffit d’ouvrir la page des nouveautés sur les plateformes de téléchargement les plus connues pour s’en rendre compte. Le titre qui nous va nous intéresser aujourd’hui nous propose un concept qui va assurément plaire aux personnes qui aiment l’ordre et l’organisation. En effet, ces deux mots là peuvent résumer l’humble création de Richard Hogg et Ricky Haggett : Wilmot’s Warehouse. Sorti en août 2019 sur PC, Mac et Nintendo Switch, et comme semble le présenter son nom, le titre nous propose de travailler dans un entrepôt, mais pas pour s’en occuper comme un gestionnaire, ça non, mais pour le… ranger. Mais c’est loin de la prise de tête, attention, bien au contraire !

Nous incarnons donc Wilmot, petite tête carrée au sourire motivé, pour un job pas toujours tranquille et plutôt physique qui consiste à organiser un entrepôt avec le stockage de différentes marchandises et à répondre aux demandes des clients avec l’apport au comptoir des dits éléments. Les phases de jeu, par vagues, sont ainsi calées de la même manière avec, pour chacune d’entre elles, un temps limité pour les réaliser. Les objets sont représentés sous forme d’icônes et livrés par sans aucune précision complémentaire : il s’agira de leur trouver une thématique ou tout autre référentiel de classement, parce qu’au fur et à mesure du temps, des nouveautés arriveront, ressemblant ou non à ce qu’on l’on possède déjà en stock, avec des designs plus ou moins abstraits et des couleurs plus ou moins parlantes. Il faudra rapidement trouver un moyen mnémotechnique pour s’y retrouver un minimum, mais aussi de réaliser une carte mentale de l’entrepôt… Ou de noter ça sur un papier. On se doute qu’au départ, c’est plutôt simple d’aller chercher tel ou telle breloque, mais après quelques heures, surtout après avoir lâché le jeu quelques jours, c’est tout à fait autre chose ! Il devient plus difficile de circuler, de petits tas s’accumulent, des trucs dépassent dans les allées… Puis parfois la centrale d’achat s’amuse parfois à déposer une énorme quantité d’objets de la même gamme, ce qui résulte sur une réorganisation totale d’un coin du dépôt pour ranger ça, en espérant qu’un client soit rapidement pris d’une folie consumériste pour nous en débarrasser. Sur la partie comptoir, c’est fort simple : telle personne a besoin de trois éléments de ceci, une autre a besoin d’un peu de cela, quelques trucs et un seul machin, tandis qu’une autre ne voudra qu’un seul objet. L’idée est d’optimiser les déplacements et de réaliser le moins d’allers-retours, car la rapidité sera récompensée avec l’obtention d’étoiles supplémentaires par rapport à une préparation de commande faite normalement. Des étoiles ? Nous y reviendrons rapidement.

Wilmot est une personne physiquement plutôt musclée (cela ne se voit pas !) et contrôlable des plus facilement : prise d’objets bloc par bloc avec possibilité d’en faire des « formes » façon tétromino, déplacement avec ou sans quelque chose dans les mains, rotation du bloc maintenu, et deux-trois raccourcis permettant de déposer un ou tout un tas d’éléments. Sa force a quand même des limites, et il ne pourra prendre – au départ au moins – qu’un nombre limité de marchandises sous peine de suer et péniblement se déplacer. Là encore, il faudra faire preuve d’un minimum d’organisation pour faire le moins de voyages lors de la préparation de commandes, mais aussi durant les phases de rangement où le temps est de plus en plus limité… Quitte à laisser en plan un coin de l’entrepôt pour le réorganiser plus tard pendant la “pause”, qui arrive toutes les quatre vagues. C’est durant ce moment de repos bien mérité que l’on pourra dépenser les étoiles durement gagnées pour acheter des évolutions des capacités pour notre travailleur et différentes aides au jeu, avec notamment de quoi porter plus d’objets ou encore exploser les piliers du dépôt pour gagner de l’espace. De quoi largement aider donc. Et et notre cher patron nous offrira un superbe poster de motivation, de temps en temps, pour notre bon travail accompli. Pour le coup, Wilmot’s Warehouse n’est pas, dans son mode par défaut, d’une grande difficulté, probablement par volonté du développeur à vouloir privilégier la détente et le plaisir d’organiser plutôt que d’être submergé de challenges. Après une poignée d’heures de jeu, si nous n’avons cependant pas le temps de chômer, il ne sera pas vraiment possible, à moins très mal de débrouiller, de rater ne serait-ce que le quart d’une commande, tout en ayant un entrepôt correctement rangé. Pour les experts, un mode plus corsé estampillé du même nom est cependant disponible, et comblera les attentes des plus expérimentés qui voudront aller plus loin.

Étrange sur le papier, étonnant manette en main, Wilmot’s Warehouse s’avère être une expérience des plus solides en plus d’être, mine de rien, plutôt tranquille. Rigolo, bon pour la mémoire, pas stressant, il saura occuper les amateurs d’ordre et d’organisation pointues pour une dizaine d’heures, voir davantage pour celles et ceux qui veulent se frotter aux challenges offerts par son mode expert, seul ou à deux, le titre offrant un mode coopératif local en écran splitté, jouable en ligne sur Steam via le Remote Play Together. Une belle petite surprise, en somme !

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