My Brother Rabbit
Appréciation 4

Si vous aimez en secret les jeux d’objets cachés mais que vous n’osez pas l’avouer, de peur des railleries qui pourraient vous tomber dessus, nul doute que My Brother Rabbit est un soft sur lequel vous devez vous pencher. Mieux encore, vous pouvez même arrêter de vous cacher tant la direction artistique très réussie et son allégorie plutôt touchante le placent un brin au-dessus du panier de la concurrence facebookienne casu par excellence. Bon certes, on regrettera l’absence de tactile pour le mode nomade de la Switch et son prix basique un peu élevé… enfin, des promos sur Steam, Gog, le PSN, et autres eShops, ce n’est pas si rare que cela après tout.

Résumé 4.0 Très bon

My Brother Rabbit

Artifex Mundi, c’est un peu cet acteur star des jeux d’objets cachés bien casus comme il faut. A comprendre, le studio polonais te livre des softs par palettes sans qu’ils ne soient foncièrement mauvais en soi mais affreusement prévisibles et pas toujours très bien narrées en terme d’univers tant ça va racler bien au fond des grandes références littéraires libres de droit : du fantastique puisé de Poe, Verne ou encore Lovecraft ou encore du policier à la Doyle ou à la Christie. Et là, d’un seul coup d’un seul, sans explication, ça va te pondre des trucs comme Irony Curtain : From Matryoshka With Love qui sort carrément du simple jeu d’objets cachés pour se poser comme un hommage aux vieux point’n click de la grande époque, se payant même le luxe de s’octroyer les services du compositeur de Monkey Island. Ou encore, ce fameux My Brother Rabbit, qui, même s’il s’agit toujours d’objets cachés, montre autrement plus d’ambition, tant sur sa forme esthétique que sur son fond narratif jouant sur l’onirisme enfantin assez bien fichu pour se permettre de faire les yeux doux à des gamers plus avertis qui seraient en quête d’un petit jeu zen à caler entre deux mastodontes vidéoludiques. Comme quoi, les choses peuvent bouger un peu lorsque l’on se décide à se retirer les doigts du cul (et à livrer des projets plus personnels que de vulgaires jeux de commande sans âme).

A quoi ça ressemble ?

C’est surtout dans sa direction artistique que l’on sent que ses géniteurs se sont donnés pour My Brother Rabbit. Exit les graphismes à la jeux facebook bas/moyen de gamme, les graphistes ont repris leurs petites feuilles de papier et crayons afin de proposer une succession de tableaux faits main. Le genre oblige, les décors sont plus chargés que ce que l’on peut voir chez les Tchèques d’Amanita Design mais il faut reconnaître que tout cet amoncellement de détails est rudement bien foutu tant rien ne paraît superflu. Nous suivons les tribulations d’un lapin amenant son amie plantulaire malade se faire soigner. Une façon symbolique de représenter le parcours d’une jeune enfant malade lors de hospitalisation du point de vue imaginaire et vagabond de son frère comme on nous l’explique entre les séquences de jeu via de jolies illustrations animées « à l’ancienne ». Même si au final, on ne peut pas dire non plus que l’on se retrouve face à la narration de l’année tant d’autres jeux narratifs, parfois aussi modestes niveau budget, le font avec bien plus de maîtrise et de consistance. Malgré tout, passer ces quelques heures à scruter ces magnifiques tableaux, qui ne dénotent pas à des livres d’illustrations impressionnistes pour enfants et rappellent ceux de The Tiny Bang Story, émerveille. Ce qui est renforcé par le côté animé de nombreux petits détails de décor à l’interaction, pas toujours nécessaire pour l’avancée de l’histoire, ajoutant une sympathique plus-value.

Comment ça se joue ?

S’il s’avère que le PC s’avère le format idéal à ce style de jeu tant la souris s’avère l’option la plus confortable, il faut admettre que My Brother Rabbit ne passe pas trop mal du curseur à déplacer via les sticks de la manette sur les supports console. Le but est simple : observer les différents tableaux, trouver les objets demandés, le tout entrecoupé de divers petits casse-têtes. Si les derniers tableaux se révèlent un brin plus vicelards dans les phases de recherche d’objets, les énigmes, elles, se révèlent aussi variées que peu difficiles. De quoi contenter les petits comme les grands en somme. Seul bémol : alors que la Switch est pourtant le support qui paraissait idéal, cette dernière n’offre pas de fonctionnalités tactiles qui auraient pourtant été la bienvenue dans ce cas précis.

Pourquoi on en parle ?

My Brother Rabbit s’avère être un petit jeu aussi sympathique que surprenant compte tenu du CV de ses géniteurs qui nous avaient habitués à tout sauf à ce genre de direction artistique colorée et enfantine. Réussie qui plus est. Des graphismes qui émerveillent, une ambiance captivante, une difficulté raccord avec son côté « public de tout horizon et âge », voilà une belle base qui lui accorde beaucoup de cachet au soft. Certes, il ne brille pas non plus par une histoire très recherchée mais assez touchante pour qu’on lui accorde néanmoins un vif intérêt par-delà des limites inhérentes au style (le côté répétitif même si la courte durée de vie atténue ce ressenti ou encore le fait que la rejouabilité s’avère très limitée, si ce n’est inexistante) qui ne sont ici nullement gommées. En revanche, là où l’on pardonne moins, c’est sur ce portage Switch fainéant totalement dénué de tactile alors que la configuration s’y prêtait pleinement, et le prix un brin déraisonnable en tarif fort et ce, quel que soit son support.

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