Untitled Goose Game
Appréciation 3

Tout à fait charmant, Untitled Goose Game s’avère savamment bien orchestré dans son exécution, avec des objectifs variés et drôles à accomplir, et derrière suffisamment de quoi se creuser la tête afin de parvenir à leur réussite, avec de temps à autre quelques soupçons d’infiltration et d’action pour accompagner cela. Tranquille et pas du tout prise de tête.

Résumé 3.0 Correct

Untitled Goose Game

Imaginons pendant quelques instants le plus pittoresque et typique des villages anglais, perdu au beau milieu de la campagne. Son nom importe peu. Sa tranquillité mise à mal, elle, nous intéresse un peu plus. En effet, alors que tout se passait paisiblement dans ce petit hameau sans histoire, un évènement va bouleverser la vie de ses habitants, enfin du moins, quelque peu les importuner. Cet évènement, c’est l’arrivée, par le biais d’un buisson quelconque d’un terrain vague tout aussi insignifiant, d’une vile et odieuse créature, qui se trouve être notre protagoniste, et aussi, par la même occasion, antagoniste : une oie domestique. Au plumage d’un blanc immaculé et aux yeux vifs. Pour celles et ceux qui ont pu en côtoyer, Anser anser domesticus n’est pas spécialement l’animal des plus craintifs et parfois pas vraiment des plus sympathiques, pour des raisons et motivations que seul l’oiseau connaît et applique avec zèle. House House, humble développeur vidéoludique australien, s’est posé la question essentielle de ce qui pouvait pousser l’emplumé à être l’incarnation palmée du diable, et n’ayant jamais trouvé comment nommer son essai, s’est juste dit qu’il fallait l’appeler Untitled Goose Game. Et le reste appartient à l’histoire. Sorti en septembre 2019 sur PC et Switch et quelques mois plus tard sur PlayStation 4 et Xbox One, le titre dépasse toutes les attentes de son concepteur, se vendant à plus d’un million d’exemplaires fin 2019 et se paye en plus le luxe de devenir un mème pas mal partagé.

Un succès qui peut s’expliquer par une idée fort limpide et tout à fait hilarante sur le papier : nous incarnons donc une oie, bien décidée à semer le chaos pour le simple plaisir de le faire. Ses motivations ? Le développeur n’en donnera aucune, mais c’est doute tant mieux comme cela. Le jeu est découpé en plusieurs zones, parcelles du petit village tranquille, avec différents objectifs à compléter et la proposition forte appréciable de pouvoir se balader et faire les choses comme on le pense. L’oie est un palmipède bien doté par la nature, et donc nul besoin d’équipement sophistiqué pour importuner les gens : un bec pour choper les objets, une vocalisation adaptée pour faire suer de peur, de quoi provoquer en agitant les ailes, et une motricité sans pareil permettant de se baisser pour se faufiler partout et également courir ou nager quand l’humain se montre soudainement ambitieux avec un objet contondant. En ce qui concerne les tâches, si elles sont simples en apparence, elles seront quelquefois plus compliquées à exécuter : il s’agira par exemple d’amasser un certain nombre d’objets pour les réunir au même endroit, s’arranger pour asperger d’eau une personne avec un arroseur automatique, ou encore enfermer quelqu’un dans un garage. Ou libre à nous de cacarder sur ainsi que poursuivre n’importe qui juste pour l’importuner durant ses tâches du quotidien. Les villageois, eux, n’hésiteront pas à calmer le jeu, balais en main, et à reprendre les objets du bec de l’animal ou abandonnés pour les remettre à la place, etc… Tout but est pensé pour juste être l’oie la plus sournoise et casse-pied possible, voir parfois particulièrement méchante, avec ces braves humains qui n’ont rien demandé, mais sans provoquer d’accidents bien graves. Un peu de casse, rien de plus, pour des situations prêtant beaucoup au sourire pour quelques moments hilarants, parfois à cause d’un moteur physique un peu aléatoire. Une fois les gens suffisamment remontés et un certain nombre de tâches réalisées, il sera possible d’accéder à une nouvelle zone propice à de nouveaux méfaits.

Untitled Goose Game ne comporte pas, il est vrai, un(e) protagoniste des plus bienveillant(e)s. Cependant, le titre baigne dans une ambiance bucolique et, bien que quelque peu bousculée, reposante et chatoyante. Évidemment, les graphismes y sont pour beaucoup, avec ses couleurs aux tons pastels et des modélisations, que ça soit des décors ou des personnages, fort simplifiées, très low-poly, mais parfaitement dans le ton de l’univers. Pour la partie sonore, un soin a été apporté pour accompagner l’humour essentiellement visuel du jeu – les humains ne réagissant que par des gestuelles amples et des grognements étouffés – par l’ajout, pour répondre aux interactions entre notre oie et son environnement, d’extraits musicaux enjoués issus des Préludes de Claude Debussy, jouées ici par Dan Golding, pour un résultat global rappelant fortement les films muets ou le cinéma de Jacques Tati. Les amateurs de piano sauront apprécier, en tout cas.

Tout à fait charmant, Untitled Goose Game s’avère savamment bien orchestré dans son exécution, avec des objectifs variés et drôles à accomplir, et derrière suffisamment de quoi se creuser la tête afin de parvenir à leur réussite, avec de temps à autre quelques soupçons d’infiltration et d’action pour accompagner cela. Tranquille et pas du tout prise de tête, on pourra regretter de ne pas avoir la possibilité, via une option de jeu par exemple, de pouvoir masquer ces tâches du menu de pause, ce qui aurait pu éviter la tentation d’aller zyeuter ce qu’il est possible de faire sans passer par un minimum de recherche avant, et donc laisser un peu plus de la place à l’aspect bac à sable pourtant proposé en l’état. De plus, difficile de nier que le titre de House House, aussi sympathique soit-il, est rapidement bouclé… Peut-être un peu trop vite. Il y a pas mal de zones, ça oui, mais peut-être pas suffisamment de choses à y faire, pas de nouveautés au fur et à mesure de la progression, et au moment que le soufflet semble monter, on se retrouve dans un dernier niveau qui ne se termine pas vraiment l’apothéose attendue. Après, saluons la volonté du développeur de vouloir pousser l’expérience un peu plus loin avec quelques objectifs cachés, et puis, finalement il serait bête de passer à côté d’une chouette et rigolote expérience de chaos général que pour cette raison là. Peut-être qu’une éventuelle suite nous fera oublier ce point : elle sera de toute manière accueillie à bras grands ouverts.

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