Valkyrie Drive Bhikkhuni
Appréciation 2

Valkyrie Drive Bhikkhuni a voulu parfaire la formule Senran Kagura, mais a oublié l’essentiel : les sensations de jeu. L’attrait des mécaniques de jeu s’évapore complètement devant la facilité déconcertante des combats, et l’univers sous-utilisé n’offre pas une expérience inoubliable. Reste que le cahier des charges en matière de réalisation et de séduction est plutôt bien tenu

Résumé 2.0 Passable

Valkyrie Drive Bhikkhuni

VD

Projet media mix de grande ampleur, la licence Valkyrie Drive a déboulé en trois déclinaisons. D’abord un jeu mobile plutôt coquin, puis un anime qui défie les frontières du hentai comme jamais. Alors pour que la version console ne soit pas en reste, il fallait le meilleur des meilleurs : Kenichirô Takaki, le père de Senran Kagura.

Valkyrie Drive part avec un synopsis un peu plus chargé que Senran Kagura. Des jeunes filles sont affectées par un virus mortel aux propriétés curieuses : certaines peuvent se métamorphoser en armes, et d’autres ont la force (herculéenne) nécessaire pour les maîtriser. Fort dangereuses pour la société, elles sont mises en quarantaine sur des îles désertes. Valkyrie Drive Bhikkhuni (et non pas bikini, même s’il y en a) raconte le déroulement des événements sur l’île du même nom : là-bas sont confinées les filles qui ont les deux symptômes.

shitenôToutefois, l’important n’est pas la base du scénario, mais ce qu’on en fait. Alors que Senran Kagura Shinobi Versus arrivait à conter moult choses à partir de rien, Valkyrie Drive Bhikkhuni a du mal à valoriser son originalité. Le jeu met un temps fou à introduire et installer ses personnages, dans une dizaine d’heures de dialogues vraiment banals aux trop rares éclairs humoristiques et dont on retient difficilement grand chose. L’histoire n’accélère que dans le dernier tiers de l’aventure, avec des enjeux plus existentiels mais une conclusion un peu convenue. Pour finir, l’illustrateur est aux abonnés absents sur les side stories qui sont entièrement sur fond noir : ça n’aide pas beaucoup à se plonger dans la narration. Reste l’univers de l’île-école Bhikkhuni, avec ses profs-robots géants à forme animale, qui pourra divertir par son caractère très improbable.

Viola aLes héroïnes sont au nombre de sept et d’importance très variable. Si les deux sœurs Rinka et Ranka sont au centre du jeu et entretiennent un passé ainsi qu’une relation pas inintéressants à suivre, toutes les autres ont un contexte flou ou inexistant. Viola apparaît la plus charismatique avec son caractère hautain et élitiste, et est extrêmement bien doublée par Yû Kobayashi (la voix de Katsuragi dans Senran Kagura). Une telle interprétation n’était pas évidente, les deux personnages ayant des personnalités très opposées. Le plus décevant reste que le passé de ces personnages secondaires est souvent évoqué, mais jamais expliqué, laissant clairement le joueur sur sa faim. Et puis sept, ça ne va pas du tout vu que les combats se font par groupe de deux. Résultat, Mampukumaru, personnage très anecdotique qui ne pense qu’à manger, fait figure d’idiote utile qui vient boucher les trous. La narration manque donc de consistance mais surtout de structure.

Imagawa bRien qu’en commençant à jouer, on se rend compte que Valkyrie Drive Bhikkhuni veut offrir un gameplay plus fouillé que Senran Kagura. En plus des sempiternels combos qui se complexifient un peu plus à chaque Drive (voir ci-après), les combats mettent une certaine emphase sur les combos aériens. Initiés avec rond puis croix (quoique dans certaines situations, seul croix suffit), ils autorisent différents finishs comme Phantom Dance (long combo aérien) ou Phantom Fall (renvoyer l’ennemi vers le sol). Chaque personnage possède en outre une attaque chargée sur triangle, par laquelle il peut balayer un large groupe d’ennemis. Comme indiqué précédemment, le personnage joué peut utiliser le Drive, c’est-à-dire recourir à la forme arme de son binôme, s’il remplit suffisamment la jauge prévue à cet effet. Jauge qui a quatre niveaux, correspondant à autant de Drives qui vont rendre l’arme toujours plus impressionnante et destructrice. La bonne idée de Valkyrie Drive Bhikkhuni est que les esquives (joliment exprimées par un effet de ralenti) accélèrent le remplissage de la dite jauge. Comme dans Senran Kagura Estival Versus, trois attaques spéciales d’une puissance supérieure sont aussi au programme, mais la jauge est alors consommée très vite. Donc sur le papier, le jeu développé par Meteorise (qui avait déjà oeuvré sur Senran Kagura Bon Appétit) a un gameplay vraiment complet.

ViolaMais voilà, il y a la théorie, et il y a la pratique. Une fois encore, Valkyrie Drive Bhikkhuni annule ses bonnes intentions par un défaut tout bête : c’est monstrueusement simple. Même en mode difficile, le jeu est une promenade de santé sur 90% de l’aventure, et correspond en gros au mode facile de Senran Kagura Estival Versus. Les ennemis ont beau être nombreux, l’I.A. végétative ne menace guère et de bêtes combos au sol sont encore le moyen le plus rapide d’avancer. Nul besoin d’esquive, de Drive ou d’aerials pour l’emporter, on les fera éventuellement pour tromper l’ennui. Même les boss n’offrent pas un gros challenge : vos condisciples se font exploser en 20 secondes et les «profs» quoique plus solides ne résisteront guère une fois leur style de combat appréhendé. Du coup, difficile d’être motivé pour se lancer dans le mode défi, qui va vous demander d’effectuer certaines actions en temps limité, et encore moins pour le mode survie encore plus long. Le plus intéressant reste encore de tenter la true end, avec certaines missions à compléter au plus haut rang.

Momo

Tout cela est bien dommage, car le jeu est plutôt agréable à regarder : c’est très coloré, c’est joliment tape-à-l’œil pour tout ce que qui est effets, techniques, il y a des qualités de design indéniables, et ça bouge assez bien même s’il est nettement moins fluide qu’un Tokyo Xanadu par exemple. Mais en termes de modélisation pure ou d’esthétique, c’est clairement un des plus beaux jeux de la portable de Sony. Production Takaki oblige, on sera servis en poitrines surdimensionnées, en plans plus ou moins ostentatoires sur les sous-vêtements, en illustrations affriolantes, sans oublier le mode vestiaire très communicatif hérité de Senran Kagura Shinobi Versus. Mention spéciale à la forme Connect et son «armure» cybernétique aussi lumineuse que minimaliste, c’est du grand art. Le costume break a beau être plus scripté que dans son modèle, au moins sur le plan du fan-service, on ne pourra pas dire qu’il y a eu tromperie sur la marchandise.

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