There Is No Game : Wrong Dimension

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Genre
Aventure / Point'n click
Développeur
Draw Me A Pixel
Éditeur
Draw Me A Pixel
Année de sortie
2020

There Is No Game : Wrong Dimension ne cesse de nous faire avaler que ce n’est pas un jeu. Si pas de jeu, pas question donc de s’emmerder à pondre une critique. Je n’y ai pas joué de toute manière. Bah oui, depuis quand peut-on jouer à un jeu qui n’en est pas un ? Alors, lecteur, observe un peu ton navigateur internet. En haut à gauche, tu y remarqueras deux flèches. Tu serais bien avisé de cliquer sur l’un d’elle, genre celle qui pointe sur la gauche. Parce que la nouvelle version d’Archaic est sortie il y a peu de temps, on reste très fier de cette nouvelle page d’accueil avec plein de jolies cases. Ce serait quand même cool que tu y fasses honneur et l’observe un peu mieux. En plus, je suis certaine qu’en cliquant sur d’autres cases, tu pourras y trouver des articles vachement plus intéressants à te foutre sous la dent. Tiens, par exemple, Vidok a parlé il y a peu d’un souls-like qui s’appelle Mortal Shell. Et si c’est comme Dark Souls, c’est que c’est du bon jeu de trve gamerz. D’un autre niveau que les trucs aussi insignifiants, voire carrément casus, que je peux bien aborder. Faudra vraiment que je revoie mes choix de sujets d’ailleurs, qui ça peut bien intéresser de toute manière ? Peut-être que je devrais même rendre les gants de graine de critique JV amatrice, ça bouffe vraiment trop de temps pour un résultat dont tout le monde se contrefiche. Je devrais même arrêter de jouer tiens. Au moins, les potes arrêteront de chouiner qu’ils ne me voient plus et mon banquier appréciera de voir que mon compte soit plus garni. Quoi de mieux pour sortir de la crise économique dans laquelle le Covid nous fout actuellement que de faire joujou en bourse avec les quelques tunes de simple prolo se situant en-dessous du seuil de pauvreté national théorique. Quand on en sera sorti, tu n’oublieras pas de me remercier de m’être ainsi sacrifiée. Et n’oublies pas non plus de me prêter les clés de la Ferrari – promis, je ne la casserai pas, je nettoierai même le pare-brise en topless en prenant tout plein de poses suggestives avant de la rendre – que tu te paieras avec ton upgrade de train de vie lié à la sortie de crise (parce que le monde capitaliste redistribue les richesses produites avec beaucoup d’égalité, c’est un fait établi).

Quoi, tu es encore là ? Désolée Vidok, on dirait que la nouvelle version du site n’intéresse personne, tu n’aurais jamais dû autant t’emmerder à la faire. Tu serais peut-être même venu à bout de Dark Souls 2 à l’heure d’aujourd’hui avec tout ce temps gagné. Voire même de Bloodborne et Sekiro, histoire de pouvoir se targuer d’avoir fait l’intégrale des From Software en 2020. Bon, cessons de tergiverser. Lecteur, tu le vois encore ton navigateur ? En haut, tu as une petite barre avec les différents onglets que tu as d’ouvert. Clique sur le petite croix à droite de cet onglet. Non, ne t’inquiète pas, ça ne te le fermera pas réellement, j’utilise une nouvelle possibilité technique des plus originales : cela te redirigera vers la critique, la vraie. C’est juste que je fais durer le plaisir, je me suis tellement faite chier à l’écrire et j’ai l’impression d’être arrivé au texte le plus abouti et satisfaisant que je n’ai jamais pu écrire dans ma vie que je ne me voyais pas le jeter comme ça en pâture de manière banale.

Tiens ? Te voilà de retour ? Tu as fait un retour bureau ? Parce que tu n’avais que cet onglet d’ouvert ? Mais tu vis à quelle époque sérieusement ? On vit dans un monde où on fait vingt tâches en même temps, via un ordinateur de trente écrans. En gros, arrivé à cette ligne, tu as terminé les trois mois de boulot qu’il restait pour finaliser le dernier projet que ta boîte t’avais assigné pas plus tard qu’hier. Et tu as même fini en à peine cinq minutes le dernier Assassin’s Creed sur PS5 tandis que tu regardes les crédits de fin du nouveau Yakuza sur Series X (petite précision : j’écris ces lignes le 10 novembre 2020). La joie du SSD où tout se fait en un clin d’œil, toussa, toussa. Le tout en donnant le bain au fiston et en aidant madame à préparer le dîner. Hahaha, je sens comme un peu de noir dans ton regard. Tu n’as pas apprécié cette petite blague ? Ce n’est pas de ma faute si ton wallpaper est moche en même temps tu sais (tu le trouverais beau, tu laisserais toujours ton ordi allumé sur l’écran de bureau après tout). Mais bon, tu sais, tu peux être un peu furax mais c’est de bonne guerre. C’est que toi aussi, tu commences aussi à m’agacer. VRAIMENT ! Pendant que tu es en train d’attendre une critique, je pourrais très bien lancer Final Fantasy XIV et continuer Shadowbringers qui, lui, envoie du lourd. Eh bien non, même pas je peux parce que tu es là, à me les briser sévère ! Bon, tu veux vraiment qu’on parle de jeu vidéo ? Bon, causons-en alors… Mais que si tu me promets de me lâcher la grappe après.

Bon, si tu prends la peine de me lire, c’est que tu dois avoir assez mauvais goût pour aimer les point’n click, j’ai tort ? Les vieilleries de Lucas Arts, avec Ron Gilbert et Tim Schafer dans les crédits, ça te parle peut-être ? Quelles odieuses bouses capillotractées à l’extrême c’était quand même. Mais au final, est-ce que c’était pire que cette fameuse période FMV ? Mais si, tu sais, une mise en scène réellement filmée, ce qui pouvait vachement faire rêver en théorie en terme de jeux vidéo. Sauf que dans les faits, quand on n’a ni budget, ni compétence de mise en scène, ni bons acteurs et encore moins de comédiens de doublage pros, c’est quand même bien le malaise. Bon, c’est vrai, il faudrait montrer ça aux gars de Nanarland, ça les amusera sans doute de sortir de leur routine cinématographique.

Bon, après, niveau d’un style qui n’a que peu d’intérêt, se situant également dans une notion de « tu pointes et tu cliques », on pourrait citer le clicker. Alors si en plus, le développeur ajoute tout un système de micro-transactions aussi nauséabond que les gatchas sur mobile, c’est le bouquet. Tiens, ça me fait penser à un petit jeu indé que j’ai fait il y a quelques années, DLC Quest, qui s’amusait à tourner ces mécaniques mercantiles en dérision pour construire et étoffer son gameplay. Tiens, d’ailleurs, si on parlait un peu de jeux indépendants ? Parce qu’il y a vraiment des trucs cools, même si cela ne s’aligne pas sur les mêmes ambitions et niveaux techniques que les blockbusters. Le banquier apprécie aussi parce que c’est facile d’en trouver pour pas cher. Chez Archaic, on a Mizakido qui a été le précurseur de cette part du marché vidéoludique qui a depuis littéralement explosé. Bon, plus trop maintenant c’est vrai vu que ça fait quelques temps qu’il préfère se la jouer boomer. Genre, il nous fait une crise de Gex actuellement… Ça paraît saugrenu mais ça a plus d’intérêt que de rester sur cette page, tu ne trouves pas ? Surtout qu’il n’a pas tort finalement : il est visiblement plus facile de se prétendre influenceur pour chigner une PS5 gratos directement chez Sony contre trois photos sur les réseaux sociaux plutôt que sortir la carte bancaire. Être client, c’est surfait après tout… Donc, c’est peut-être finalement mieux de se contenter de son backlog, qu’il soit vieux ou récent, il est bel et bien là lui.

Je divague, je divague mais on en était où déjà ? Ah oui, le jeu indé ! Mais il y a trop plein de bons trucs à faire et que tu te dois d’acheter. Genre, Please, Don’t Touch Anything , Papers, Please ou encore Escape Goat. N’hésite pas à cliquer, on en a déjà (vraiment) parlé dans ces colonnes. D’ailleurs, pour les deux premiers, outre leur concept particulier, savais-tu qu’à la base, ça avait été élaboré dans le cadre d’une Game Jam ? C’est quand même dingue de voir que l’on peut finalement s’extirper d’un petit projet aussi court qu’amateur dans la démarche, développé en un temps extrêmement limité (entre 48 et 72h en règle générale), et parvenir à sortir une version étendue qui se retrouve commercialisée. On avait vu ça avec Evoland par exemple aussi. Dommage que There Is No Game ne soit pas un jeu, on aurait pu croire qu’il rentrait dans ce même cas de figure – * tousse, il est beau l’encadré, tousse *.

Sinon, on pourrait parler aussi de certaines notions particulières que l’on peut croiser dans le jeu vidéo. Comme le bris du quatrième mur par exemple. Un concept où le jeu pousse tellement le bouchon qu’il ne s’adresse pas réellement au protagoniste au cœur de l’histoire mais bel et bien au joueur. Parmi ceux ayant usités de cette idée, qui demeure encore assez singulière, Hideo Kojima est sans doute le plus connu. Mais on peut citer aussi Fumito Ueda (Ico, Shadow Of The Colossus, The Last Guardian) ou encore Yoko Taro (la série des Drakengard et des Nier). Ce dernier qui n’hésitait pas à faire méchamment joujou avec les saves sur Nier : Automata d’ailleurs. De quoi rappeler les sombres heures des cartes mémoire les plus bas de gamme de la PSone qui jugeaient bon de se formater tous les six mois. C’était mieux avant qu’ils disent ces vieux cons ? Ah c’est sûr, c’était le bon temps. Au niveau des jeux indés, il demeure également des cas qui ont eu leur petit succès comme Doki Doki Litterature Club ! et surtout, The Stanley Parable. Dans des choses encore plus singulières et d’autant moins fréquentes, on pourrait parler de la notion de « jeu à la quatrième personne ». Késako pourrais-tu me demander ? C’est le fait d’interagir sur un environnement et/ou un protagoniste de manière indirecte. On voyait ça notamment sur un jeu plus vraiment tout jeune qui ne jouit pas forcément de très bonne réputation qui s’appelle Experience 112 où l’on devait guider l’héroïne via un système de télésurveillance. Plus récemment et de manière tout aussi confidentielle, on pourra citer Pavilion, un jeu indé où l’on devait guider le héros via le son de cloches que l’on pouvait faire sonner ou non. Une notion que l’on retrouve plus ou moins également dans The Last Guardian où l’on se finit par se rendre compte que le petit garçon au cœur du jeu mais plutôt cette bestiole qui l’accompagne et dont on doit donner des directives via ledit garçonnet.

C’est moi ou tu commences à perdre patience, lecteur ? Quoi ? Une critique ? Mais de quoi ? There Is No Game ? Eh bien, quand on traduit, ça veut dire qu’il n’y a pas de jeu. Qu’est-ce que j’ai à critiquer du coup ? Tu m’as dit que tu voulais causer jeux vidéo, on a parlé jeux vidéo. Faudrait savoir hein. Franchement, que ça peut me saouler les gens lunatiques comme toi. Ça te dit tout et son contraire et c’est jamais content en jouant la carte de la victimisation en mode « mais pourquoi personne ne me comprends ? ». Après, j’ai bien une réponse à cette question mais elle risquerait de te déplaire et que je ne suis pas quelqu’un de foncièrement méchante. Mais je me permets le gentil tacle quand même que je me suis emmerdée à te citer plein de trucs que tu ne connais peut-être pas forcément et que tu n’as même pas la curiosité de t’en renseigner un tant soit peu. Et après, ça se dit passionné hein… Bref, je perds mon temps avec toi, je me casse, surtout que mon facteur vient de me déposer le nouveau Yakuza dans la boîte aux lettres. Un vrai jeu, un potentiel GOTY donc. Pas de temps à perdre avec quelqu’un comme toi qui ne s’intéresse à rien et qui n’est même pas foutu d’alimenter la conversation. Allez, zou, hors de mon chemin, ferme cette fenêtre pour de bon, on arrive au bout de ce texte. Et surtout, ne prends pas la peine de descendre plus bas, ce ne sont que des liens affiliés qui nous ont permis de passer à la next-gen depuis un mois, histoire de pouvoir jouer au nouveau Fifa avec les joueurs de foot, à la culture vidéo-ludique aussi vaste et fine que chez Gamekult, on n’en doute pas, qui dosent le truc depuis trois mois.

There Is No Game : Wrong Dimension est en réalité une version étendue d’un prototype issu d’une Game Jam (la Newsground Construct Jam 2015). Ce dernier avait même été hissé grand gagnant du concours. Cette version originelle est accessible gratuitement via Android et PC une version Steam a même été ajoutée pour fêter la sortie du jeu complet. C’est d’ailleurs assez ironique de voir via le Google Store que le prototype a rencontré un certain succès – plusieurs millions de téléchargements depuis 2015 – alors que la campagne Kickstarter pour lever des fonds afin d’aider au développement de la version étendue a été un véritable bide (moins de 3400 euros récoltés sur les 32000 demandés). Je ne saurais que trop vous conseiller, si vous ne l’avez pas fait, de prendre le temps de vous pencher sur cette version Game Jam. Pour votre culture déjà mais surtout parce qu’il s’y niche de multiples références que l’on retrouve dans la version étendue. Cela ne dure pas longtemps (à peine une demi-heure) et c’est gratuit, autant donc partir sur de bonnes bases !

There Is No Game : Wrong Dimension
Appréciation
There Is No Game : Wrong Dimension prétend qu'il n'est peut-être pas un jeu mais il demeure que c'est certainement l'expérience point'n click la plus marquante et innovante de ces dernières années. Car passé la façade perchée du concept et son humour omniprésent – entre cynisme, absurde et auto-dérision, non dénué de clins d'œil en tous genres vis-à-vis d'autres jeux – il s'y niche tout un tas d'idées hyper créatives derrière, parvenant à mixer la notion de quatrième mur et de jeu à la quatrième personne avec beaucoup de réussite et de maîtrise. Si des expériences comme The Stanley Parable ou Pony Island vont ont marqué, n'allez pas plus loin : There Is No Game : Wrong Dimension est fait pour vous ! Pour les autres, n'hésitez pas à faire preuve de curiosité, c'est l'occasion de passer quelques heures de tranches de rire garanties et ce, même si la rejouabilité est finalement nulle.
Points forts
Des tranches de rire en veux-tu, en voilà !
Des tas de bonnes idées, très créatives entremêlant bris de quatrième mur et jeu à la quatrième personne
Des chapitres variés, renouvelant sans cesse le jeu
Tout plein de clins d'oeil à plein de jeux
Points faibles
Une rejouabilité quasi-nulle