Please, Don’t Touch Anything
Appréciation 4

Certes, Please, Don’t Touch Anything n’ira pas occuper des centaines d’heures durant, mais il arrivera à captiver quelques heures, sur de courtes sessions de brise-méninges, avec une certaine frénésie et de plaisir coupable dû à de la curiosité vraiment mal placée.

Résumé 4.0 Très bon

Please, Don’t Touch Anything












C’est amusant de constater que c’est parfois dans les conditions les plus extrêmes qu’on arrive à pondre de véritables OVNIS. Please, Don’t Touch Anything fait partie de cette catégorie. Même s’il a eu le droit à un portage en réalité virtuelle, il s’agit à la base d’un soft conçu lors d’une Game Jam, la Ludum Dare, en 48h, où l’on avait vu émerger notamment le non moins singulier Papers, Please. Et en aussi peu de temps, c’est incroyable comment on peut partir d’un concept des plus simplistes afin d’en arriver à créer une expérience aussi fascinante que diabolique.

A quoi ça ressemble ?

BulkyPix, son développeur, a été lorgné du côté de Lucas Pope en ce qui concerne l’esthétique : même type de graphisme retro que dans Papers, Please avec ce même minimalisme en ne restant que sur un seul et même contexte. Et donc, d’écran de jeu, à savoir un énigmatique tableau de commande doté d’un écran et d’un gros bouton rouge. Le spitch ? Lâché sans spécialement d’explication dans cette pièce, notre collègue nous demande de garder le moniteur sans y toucher le temps qu’il aille aux toilettes. Quel est ce panneau de commande et à quoi sert-il ? Nous l’ignorons totalement. En tout cas, ce seul et unique gros bouton rouge s’avère intriguant, séduisant et obsédant… Doit-on écouter sagement notre collègue ? Ou, au contraire, lui désobéir afin de briser le secret qui entoure cette mystérieuse machine ? Vous avez quelques minutes pour vous décider…

Comment ça se joue ?

Présenté sous forme d’immense casse-tête, uniquement jouable à la souris à coups de clics, le but est de parvenir à trouver les 24 dénouements possibles. Et l’on ne débute avec pas grand-chose : le poste de travail est minimaliste car uniquement doté de ce fameux bouton rouge, de l’écran du moniteur, quelques instructions sur le côté dont on peine à deviner réellement le sens et une manette qui permet de réinitialiser la machine afin de tout reprendre à zéro que l’on peut actionner autant de fois que l’on désire. Et c’est tout ! Autant dire que les débuts rimeront avec tâtonnement qui finissent à s’éclaircir au fur-et-à mesure si l’on est doté d’un bon sens de l’observation et des méninges capables de tourner à plein régime. Parce que si l’on arrive en quelques secondes aux dénouements les plus évidents, d’autres en revanche font réellement fumer les oreilles, notamment parce que tous les indices pour telle ou telle fin sont cachés lors de la résolution d’une autre et donc, facilement ratables.

Pourquoi on en parle ?

Il est certain que Please, Don’t Touch Anything n’est pas un jeu à proprement parler. Pas véritablement de scénario, pas véritablement de gameplay. Il n’empêche qu’il s’avère prenant et risque d’en scotcher plus d’un. Après tout, on nous balance dans une situation qui n’est pas si différente que ce qu’on a pu être confronté par moments lorsqu’on était gamin : l’interdiction que nos parents pouvaient nous imposer sans réellement apporter d’explication et de justification réelle. Et certes, je spoile en disant qu’attendre sagement notre collègue est bien une des fins proposées – en même temps, cela paraissait si évident – mais là n’est pas vraiment l’intérêt. Pourquoi ne doit-on pas y toucher ? De la même manière que ce gamin qui outrepassera éhontément l’interdiction de ses parents, il arrive un moment où l’on ne peut s’empêcher de trifouiller un peu cette machine, voir ce qu’il se passe. Au final, on n’a pas forcément plus d’explication concrète sur son utilité mais la curiosité prime. Et au fur-et-à-mesure, fasciné, on ira plus loin, on tâtonnera d’abord, à appuyer n’importe où avant de finir par comprendre tel ou tel fonctionnement et mécanique et l’on recommencera, flatté d’avoir su observer et comprendre quelque chose dont, finalement, rien n’a été fait pour être maîtrisé par n’importe qui.

 

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