Framed Collection
Appréciation 4

Framed Collection ne paye pas de mine forcément tant tout paraît simple dans la théorie. Mais tout est si malin, qu’elle soit dans sa DA, sa narration, son concept ou la mise en pratique de ses mécaniques, que ce diptyque n’a aucun mal à accrocher le joueur en quête d’un petit moment tranquille de triturage de méninges. Que ce soit pour meubler une soirée calme qu’une poignée de minutes erratiques lors des trajets en transport en commun ou autre moment creux de la vie quotidienne.

Résumé 4.0 Très bon

Framed Collection

Apparemment, le jeu préféré de Kojima en 2014 était un certain Framed, petit jeu mobile de réflexion où l’on doit interagir sur les vignettes des pages d’un comics au fur-et-à-mesure que notre protagoniste s’y déplace. Un jeu sur téléphone, voilà qui peut prêter à sourire lorsqu’on voit un peu le CV du bonhomme qui ne manque pas de titres ambitieux. Et quand on voit les Metal Gear Solid 5 et le futur Death Stranding, on pourra également rajouter un budget indécent à ses projets. L’anti-thèse totale donc. Mais il ne faut pas croire, format et soft modestes ne riment pas forcément avec jeu de « moins que rien ». Et que simplicité peut autant s’allier avec efficacité qu’ingéniosité. Ce que l’on peut avoir la chance de voir depuis la fin d’année dernière sur PC et Switch étant donné que ce fameux Framed et sa suite se sont vus ressortir ensemble sous le nom tout en sobriété de Framed Collection.

A quoi ça ressemble ?

Les deux Framed se présentent comme des comics animés, teintés d’une ambiance polar noir évidente. Petite musique jazzy fort sympathique, quoiqu’un brin trop répétitive, nous devons prêter main forte à des malfrats dans leur fuite en déplaçant les diverses cases de la page ou en jouant sur leur rotation, histoire que cette mystérieuse valise arrive à bon port, sans que les forces de l’ordre ou autres fripouilles concurrentes n’y mettent la main dessus. On a beau sentir l’héritage de ses supports originels (sur mobile donc) quant à la qualité des graphismes, il faut quand même admettre que malgré cette simplicité, tant sur sa DA que sur son gameplay, la doublogie des Framed tient rudement bien la route d’un point de vue technique. Sans compter que son concept s’avère tout aussi simple dans sa théorie que malin lorsque l’on se retrouve devant l’écran : on n’a aucun mal à se plonger dedans et à se prendre au jeu.

Comment ça se joue ?

Si sur PC, la souris se révèle maîtresse, la Switch a l’avantage de se rapprocher considérablement de l’expérience originelle de Framed grâce à ses côtés nomades et tactiles. Toucher pour faire une rotation ou faire glisser pour déplacer des cases, il faut admettre qu’il n’y a rien de plus instinctif. Quand bien même cela fonctionne également très bien avec une manette/joycons si vous n’êtes pas trop adeptes de laisser des traces de doigt partout ou indécrottable amateur de la config’ salon. Le concept est aussi clair à comprendre qu’il est ingénieux sur le fait de (dé)construire et délier une bande dessinée animée.

Pourquoi on en parle ?

Framed Collection présente un concept – qui a d’ailleurs inspiré plus tard un certain Gorogoa aussi bête qu’efficace. Et qui, mine de rien, donne un petit coup d’air frais au genre du réflexion/puzzle game. Le gameplay est limpide et instinctif, ce qui ne l’empêche pas de progressivement se renouveler via de nouvelles variantes, subtilités (comme utiliser plusieurs fois les mêmes vignettes afin de compléter une séquence) et autres petites hausses de difficultés bien senties sans qu’on ne se retrouve jamais face à quelque chose d’insurmontable. Notamment dans le second volet un brin plus retord que son prédécesseur faisant davantage office de carte de visite didactique. Le tout dans un enrobage charmant et immersif qui sait également varier ses situations afin de ne jamais avoir l’impression de répétitivité. Ses origines de jeux mobiles donnent également l’atout non négligeable de parfait bouche-trou lorsqu’on a cinq ou dix minutes à tuer, le temps de boucler une ou deux séquences, de la même manière qu’il peut faire office de parfaite occupation d’une soirée au calme où l’on triturera tranquillement nos méninges, la camomille à la main, où l’on bouclera ces quatre ou cinq heures d’une traite.

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