Trax
Appréciation 3

Trax ne fera pas date dans les shoot’em’up exigeants et à rejouabilité presque infinie tant la possibilité de one-lifé le jeu est palpable dès le premier run. Mais le titre de HAL Laboratory reste un petit jeu bien trop méconnu de la Game Boy, avec tout de même pas mal d’atouts : graphismes chatoyants, musiques qui bougent bien, contrôles précis.

Résumé 3.0 Correct

Trax

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On connaît (et reconnaît) HAL Laboratory pour être le studio géniteur d’excellentes séries populaires comme Kirby, Super Smash Bros., ou Mother. Cela dit, tout n’a pas commencé pour eux avec le héros tout mignon, mais quelques années avant, notamment sur MSX, avant que le développeur se rapproche de Nintendo avec des productions plutôt anonymes sur Nintendo Entertainment System ou Game Boy… Il en va sans dire que nous allons parler ici d’une d’entre elles, non sans une certaine once de nostalgie, puisqu’il s’agit d’un des premiers jeux de votre serviteur. Trax est son petit nom, et de tanks il va être question. Allons y donc !

gameboy_trax_03Survolons rapidement l’histoire de cette petite cartouche en se basant sur les quelques informations qui nous sont indiquées à l’écran quelques secondes après l’allumage de la console : une nation en guerre, un dictateur aussi mégalomane que robotisé, une armée d’engins qui rasent un village, un tank qui tombe en panne, et qui est au final réhabilité par des rebelles en quête de justice. Sommairement. Nous contrôlons donc ce petit tank blanc, étrangement anthropomorphismé vu son look rondouillard et ses mimiques rigolotes, avec pour mission d’aller déloger par la manière forte un affreux dictateur planqué au fin fond d’une forteresse d’une capitale surprotégée. Une poignée de niveaux nous attendent donc, avec moult ennemis à dégommer. Le jeu se présente comme un shoot’them’up dont on a ôté le défilement automatique, avec une vue du dessus, et une relative liberté de mouvement. Pas de problèmes pour comprendre les contrôles : le bouton B sert à tirer tandis qu’une pression sur A fera tourner la tourelle dans huit directions différentes. Gérer cette rotation comme il faut sera la clef de réussite, surtout avec des ennemis arrivant souvent de n’importe où pour nous caler un obus dans la carlingue. Heureusement, nous disposons d’une barre d’énergie suffisamment importante pour encaisser quelques coups, ainsi que quelques vies qu’on pourra récupérer ici et là. Pour le reste, on reste du classique : il sera possible de changer son style de tir parmi plusieurs options trouvables au sol : un triple tir, un tir explosif qui traverse n’importe quoi, un tir avant-arrière, et enfin un projectile aussi puissant que rapide. Pas de cumul, et une perte du bonus en cas de dégâts. On retrouvera également un schéma de progression déjà bien huilé : on avance, mid-boss, on avance, boss. Et ainsi de suite pendant cinq niveaux aux thèmes variés jusqu’au générique de fin.

gameboy_trax_02Tout au long du jeu, on sent déjà l’expertise de HAL Laboratory pour nous concocter des titres bien sous rapports au niveau technique : graphiquement c’est vraiment mignon – la patte Kirby est déjà là – avec plein d’animations, des décors détaillés, propres et partiellement destructibles, les musiques sont entraînantes et entêtantes, les effets sonores rigolos. Niveau maniabilité, tout répond avec une précision au laser, confirmation que nous sommes bien en présence d’un jeu du développeur japonais. Dans un autre sens, on retrouve la difficulté et la durée de vie qui en découle : d’un point de vue purement retro-gaming, un joueur qui n’en chie plus tellement sur un Mega Man ou un Contra trouvera Trax d’une facilité déconcertante et du coup, éteindra sa console après une demi-heure GRAND MAXIMUM. Le dernier run de votre serviteur aura pris moins de 20 minutes, et c’est dire qu’il est gauche parfois. Cependant, Trax est un titre qui conviendra aux joueurs désireux de se mettre aux vieux jeux sans s’énerver devant un assommoir digne d’un Ninja Gaiden. Le titre avait enfin un atout de taille qui fessait pas mal rêver à l’époque à l’époque, mais qui fera pas mal rire aujourd’hui : un mode multijoueur, en local, jusqu’à quatre personnes, pour le peu que l’on possède quatre Game Boy, quatre jeux, trois câbles link et le non moins bandant “Four Player Adapter”. Le résultat est aujourd’hui tout de même bien rudimentaire : du bon vieux deathmatch des familles avec un choix de douze arènes différentes et la possibilité d’ajouter des bots pour combler les trous. Mais mine de rien, pour un jeu de 1991, une option pareille, c’était plutôt la classe!

Trax ne fera pas date dans les shoot’em’up exigeants et à rejouabilité presque infinie tant la possibilité de one-lifé le jeu est palpable dès le premier run. Mais le titre de HAL Laboratory reste un petit jeu bien trop méconnu de la Game Boy, avec tout de même pas mal d’atouts : graphismes chatoyants, musiques qui bougent bien, contrôles précis. Après, comme tout jeu du développeur, il ne posera de problèmes à personne, et pourra occuper l’espace d’une pause café, le temps de passer outre ses quelques niveaux et boss rigolos. Sympa, en somme, ce petit tank.
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