Super Mario Land 2 : 6 Golden Coins
Appréciation 4

Fraîchement revenu de son voyage à Sarasaland, Mario s’aperçoit non sans étonnant que son château est maintenant équipé d’un système de sécurité fort sophistiqué et qu’il n’est plus le propriétaire des lieux. Un certain Wario, personnage aussi machiavélique que bedonnant, s’est en effet emparé de sa demeure et en a profité pour ensorcelé tout le royaume de Mario.

Résumé 4.0 Très bon

Super Mario Land 2 : 6 Golden Coins

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À une certaine époque, la sortie d’un nouveau Mario était en soit un véritable évènement, tant il n’était pas encore question d’une énième itération d’un concept en 2.5D usé jusqu’à la moelle, d’un party-game, d’un jeu de sport, ou d’un jeu de danse sorti de nulle part. Surtout sur portable, où l’idée de pouvoir emmener le plombier moustachu partout où il y avait de la lumière en a fait rêver plus d’un. C’est ce qu’a rapidement proposé Nintendo avec Super Mario Land, pendant transportable et fort décalé arrivé en 1989 sur une Game Boy fraîchement sortie. Succès instantané et mérité, il aura fallu cependant attendre plusieurs années pour voir une suite débarquer sur la portable monochrome. Super Mario Land 2 : 6 Golden Coins est son nom, et d’en parler il va en être question, tant le titre mérite encore plein d’attention.
Fraîchement revenu de son voyage à Sarasaland, Mario s’aperçoit non sans étonnant que son château est maintenant équipé d’un système de sécurité fort sophistiqué et qu’il n’est plus le propriétaire des lieux. Un certain Wario, personnage aussi machiavélique que bedonnant, s’est en effet emparé de sa demeure et en a profité pour ensorcelé tout le royaume de Mario. Résultat : tout le monde veut voir mort notre héros moustachu qui n’a pas d’autre choix que de remettre un peu d’ordre dans tout ce foutoir… Attendez, royaume, château? Notre plombier est roi? Enfin, était roi? Ou quelque chose dans ce genre? C’est visiblement le cas, si l’on en croit l’histoire de ce nouvel épisode portatif et toujours en noir et blanc. Il n’est donc pas encore question de sauver une demoiselle en détresse comme nous en avons l’habitude, mais bien de réintégrer son château et mettre dehors son squatter. Ce dernier a tout de même pris soin d’en bloquer l’accès par six pièces d’or qu’il faudra dénicher à travers le royaume, non sans les demander par la force à différents boss terrés au fin fond de leurs mondes respectifs. Une quête purement matérielle donc, même si un peuple est plus ou moins à sauver. Enfin bon, Mario passera son temps à piétiner des tortues et autres goombas, donc non, c’est purement matérialiste.

On peut dire qu’il y a eu pas mal de changements entre le premier Super Mario Land et ce second épisode. Tout d’abord, bien évidemment, on ne peut pas le rater : les graphismes. On sent de suite que les équipes de Nintendo ont eu le temps d’apprivoiser le système et d’ajouter de la mémoire dans les cartouches : fini les ridicules sprites et les décors simplistes affichés à l’écran, et place à des personnages plus grands et des environnements bien détaillés! C’est tout simplement le jour et la nuit. Ceci a évidemment un coût, du moins au niveau de la lisibilité, car l’action est maintenant comme focalisée sur Mario, et s’il est plus difficile de voir ce qui va nous arriver dessus, le titre va pouvoir gagner en profondeur et en complexité. Et sur ces points là, Super Mario Land 2 en a gagné… Beaucoup. Super Mario World est passé par là. L’apparition de slots de sauvegarde est un premier indice, mais le jeu commence presque comme un classique Mario : un niveau parfaitement rectiligne, servant de mise en bouche et accessoirement de tutoriel. On peut par ce moyen remarquer un nouveau mouvement chez notre moustachu, qui consiste à faire la toupie pour briser des blocs aux sols ou exploser avec classe un ennemi.. Une fois ce niveau terminé, le joueur est catapulté sur une carte de monde.

S’échappant d’une linéarité propre aux épisodes 8 bits, Super Mario Land 2 propose un atout portatif de taille en proposant non pas de parcourir les niveaux un à un, mais bien de pouvoir choisir quel monde et quel tableau faire, et ce dans l’ordre que l’on veut. Une galère ? Pas de problème. Pourquoi ne pas aller voir ailleurs si c’est plus simple et retenter plus tard ? Envie d’explorer davantage un niveau ? Aucun souci, il suffit d’y retourner. Et il va y avoir de quoi visiter, puisqu’il s’agit de récupérer six pièces dorées, et surtout pour tous les goûts : un monde hanté, la lune, le ventre d’une baleine… Et un Mario géant robotisé… Notre héros a un gros problème d’ego tout de même pour avoir fait fabriquer en son image cette statue effrayante mécanique qui sert maintenant de repaire pour méchants… M’enfin. C’est pas comme si notre plombier n’avait pas à sa disposition sa panoplie de capacités à portée de blocs à question. On retrouve les classiques champignons, fleurs de feu et étoiles, mais aussi la carotte, permettant – via des oreilles de lapin – de planer sur une courte distance… On sent le déjà vu donc, mais niveau bestiaire, le jeu arrive à faire un peu d’originalité avec d’apparition d’ennemis propres à chaque univers : des fourmis, des fantômes goombas, des cochons de l’espace (!)… Tout un tas de trucs à piétiner ou à abattre d’une boulette de feu dans la tronche. La relative lenteur des ennemis rend ce second épisode portable plutôt facile, même si il faudra se faire à l’inertie étrange qui gouverne les mouvements de tout le monde. A vrai dire, seul le niveau final posera vraiment des problèmes, comme dans tout château du gros méchant qui se respecte. On reste dans du Mario, du très bon Mario, avec tout ce qui va avec : level design de qualitél avec son lot de passages et niveaux secrets, graphismes terribles, et enfin une excellente bande son signée Kazumi Totaka (qui succède à Hirokazu « Hip » Tanaka), rythmée et TRÈS entêtante.

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Super Mario Land 2 c’est un peu Super Mario World mais sur portable, donc pas mal de trucs en moins évidemment. Il est indéniable que les deux titres se sont influencés l’un l’autre, étant donnés qu’ils sont sortis à quelques mois d’intervalle. Ce épisode Game Boy s’éloigne cependant du concept de la série principale en proposant pour une fois une quête totalement matérialiste, avec pour vilain un nouveau venu, Wario, dont l’accueil bouleversera énormément l’avenir de la série sur le support puisque la suite mettra directement en scène l’alter ego dans une mission purement monétaire. Mais on en reparlera plus en détail un jour. Super Mario Land 2 reste un classique, toujours agréable à parcourir, en plus d’avoir été innovant à l’époque, surtout pour un jeu censé tenir dans une poche. Une aventure certes au final plutôt classique, mais rafraîchissante en tous points et haute en couleurs monochromes.

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