Kirby’s Dream Land
Appréciation 4

Il est certain que ce petit Kirby tout mignon ne se hisse pas à la hauteur des autres héros emblématiques qu’on voyait chez Nintendo dans la même période (Mario, Wario, Donkey Kong…). Néanmoins, au milieu de tous ces jeux plus exigeants que le design enfantin ne le laisse paraître, disposer d’un jeu ouvertement jeune public avec toute la modestie et simplicité que cela incombe est une excellente entrée en matière. La bambine que j’étais appréciait de pouvoir voir le bout de l’aventure sans (trop) me tirer les cheveux. Et l’adulte parfois un peu bambine que je suis garde cette nostalgie bienveillante à l’égard de ce petit fantôme rose qui a toujours su évoluer à sa manière avec son temps et les différents supports, à l’instar de son cousin Mario.

Résumé 4.0 Très bon

Kirby’s Dream Land

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Pour votre culture, Kirby est une marque d’aspirateurs pour bobos. Non, non, je ne plaisante pas, ça existe et ça se vend pour la somme modique de 1500€. Comme je me doute que vous avez sans doute les moyens mais que vous n’avez certainement aucune envie de mettre un tel prix pour un tel engin ménager – mon aspirateur premier prix acheté chez Leclerc fonctionne très bien depuis cinq ans, je ne peux que vous conseiller de faire l’acquisition du même – j’ai pensé à vous pour avoir du Kirby à moindre prix. Il s’agit d’une petite boule rose fantomatique qui avale tout ce qu’il y a sur son passage. Point noir : c’est un peu comme investir dans une chèvre pour tondre la pelouse, c’est très efficace mais ça a tendance à tout saccager dès qu’il n’y a plus rien tant c’est boulimique. Malgré tout, la société tout ce qu’il y a de plus inconnue répondant au doux nom de Nintendo n’a pas trop mal fait les choses, la bestiole est à côté si mignonne et serviable qu’on ne peut lui en vouloir des conséquences de ses excès. Et puis, merde, les consommateurs sont quand même bien difficiles, vous croyez que vous allez avoir une véritable révolution ménagère dans une tranche de prix comprise entre 2 et 5€ ? Non, mais, faut arrêter, vous pouvez pas avoir le beurre et l’argent du beurre non plus…

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Efficace et serviable mais surtout héroïque

Héroïque, le petit Kirby l’est tellement qu’il pourrait très bien déserter votre domicile afin d’aller carrément sauver le monde de ses frêles petits bras. Parce que saviez-vous que dans un temps lointain, il l’a déjà fait dans sa contrée d’origine où il vivait à l’état sauvage avant de se faire enlever sans vergogne par ces sales humains qui n’ont aucun scrupule à abuser de sa générosité naturelle uniquement pour se faire du blé sur son dos ? Non ? Alors, prenez donc cette petite cartouche vendue avec la bestiasse et insérez la dans votre Gameboy pour étoffer encore plus votre culture générale de faits absolument indispensables pour mener sa vie en étant considéré autrement qu’un blaireau. Et puis, Nintendo a pensé à vous et on peut dire qu’il a même été un visionnaire : puisque c’est devenu si dur d’intéresser les gens avec des méthodes magistrales, la société made in Japan n’a pas hésité à mettre les petits plats dans les grands afin d’offrir un contenu où l’interactivité règne en maître. C’est ainsi, vous ne regardez pas ce mignon petit Kirby sauver le monde, c’est vous qui l’incarnez au sein du Pays des Rêves. Ah, y a pas à dire, c’est beau le progrès.

Et le pays des rêves, il est menacé de quoi au juste ? L’histoire est simple mais non dénuée d’atrocité. Le roi Dedede (renommé mystérieusement Dadidou en France), le pingouin en costume royal un peu mégalo qui règne sur le pays des rêves , se décide un beau jour où il s’était levé du pied gauche de dérober toute la nourriture. Le petit Kirby n’écoutant que sa bravoure – et son estomac insatiable plus particulièrement – se met en tête d’aller lui botter les fesses chez lui dans ses montagnes royales pour récupérer toutes les denrées qui empêcheront tous les habitants du pays des rêves de sombrer dans une famine catastrophique.

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Sauver le monde ? Un jeu d’enfant !

Pas besoin d’avoir un QI einsteinien pour s’approprier Kirby’s Dream Land. En effet, la prise en main se voit épurée au maximum, tant qu’on ne se retrouve qu’à utiliser un seul bouton en plus de la croix directionnelle pour se déplacer. En gros, nos actions ne se limitent qu’à aspirer et recracher ses ennemis (bouton A), aller à droite, à gauche, se baisser et voler (croix directionnelle). C’est succinct, précaire et on ne peut plus archaïque. Et pourtant, il n’en faut pas plus pour se prendre au jeu et contrairement à des jeux plus modernes disposant d’une prise en main digne d’une usine à gaz, l’instinctivité de la chose fait qu’on ne se prend pas la tête devant sa console. Pourquoi aller chercher midi à quatorze heure alors qu’aussi peu de choses suffisent ? Après tout, on ne trouve rien à redire à un Pong qui ne se joue pourtant qu’avec un simple joystick… D’un certain côté, revenir à des choses aussi précaires est quelque chose qui fait beaucoup de bien après tant de jeux offrant plein de possibilités diverses et variées : on peut apparenter ceci à une purge de la même manière que certains grands esprits ont la brillante idée de jeûner une semaine tous les dix ans afin de détartrer un brin la tuyauterie interne et repartir pour un tour sur de bonnes bases.

Et puis, ne l’oublions pas : le jeu a été fait à la base pour le jeune public, pas forcément gâté en terme de facilité au milieu des Mario et compagnie, titres comprenant peut-être des univers mignons mais d’une difficulté qui est vachement moins doucerette. Le parti-pris de cibler un jeune public, voilà sans doute une très grande raison qui explique la place ombragée que tient Kirby au milieu de toutes les franchises de Nintendo qui ont su devenir avec le temps bien plus que de simples personnages de jeux vidéo et ainsi se tailler la part du lion au sein de la pop culture. Alors, sous cette perspective, n’allons pas nous attendre à une quelconque difficulté, le jeu est simple à pleurer. Les ennemis font leur petite vie sans même se préoccuper de l’éventuelle présence de notre héros dans les parages au point qu’il est tout à fait possible de terminer le jeu sans même avoir à en abattre un seul (hors boss bien entendu). De même que la possibilité de voler sans être aucunement limité par un handicap temps simplifie beaucoup les choses : la voie des airs est certainement la technique la plus rapide et facile de traverser des tronçons de niveaux, voire la quasi-totalité d’un niveau dans certains cas, sans rencontrer un seul obstacle sur son passage.

En parlant de niveaux, on ne peut pas dire que ce premier volet de Kirby en comporte des tonnes puisqu’il n’y en a que cinq. Autant dire qu’en plus d’être simple, il est aussi ridiculement court. D’un autre côté, le jeu ne bénéficiant pas de système de sauvegarde, ce n’est peut-être pas plus mal qu’il ne soit pas bien long. Sans compter que si l’on se réfère encore une fois au public visé, cela n’est peut-être pas une si mauvaise chose tant les enfants sont réputés pour ne pas être des gens à l’attention assidue. En cela, Kirby’s Dream Land est le jeu parfait pour qu’un enfant puisse débuter : pas trop dur et assez court pour qu’il n’ait pas le temps de ressentir une pointe de lassitude avant d’en voir les crédits. Pour les joueurs plus confirmés, le jeu se présentera comme une aberration : en quinze, trente, voire une heure, c’est torché. Et, en plus, on reste sur sa faim. A moins, bien entendu qu’on ait été ce petit gamin qui a commencé avec ça et que le sentiment de nostalgie prenne le relais dans l’appréciation.

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C’est bien juste par nostalgie ?

Mais à vrai dire, même si le critère « nostalgie » peut rentrer en ligne de compte, notamment chez les plus adultes et experts que nous sommes tant les défauts énoncés plus haut peuvent se révéler gênants, Kirby’s Dream Land bénéficie toutefois de bien plus pour qu’il puisse perdurer du bon côté de la balance uniquement grâce à ses frêles épaules. Déjà, et pas un détail des moindres, le jeu est très agréable à parcourir. Pas un pet à côté, les niveaux sont variés – vu leur faible nombre, encore heureux – de même que les combats contre les différents boss qui imposent une techniques bien différentes pour en arriver à bout.

En restant dans l’univers graphique, force est de constater que le jeu est plutôt joli pour l’époque. C’est sûr qu’il paraît bien pixelisé aujourd’hui où les machines portables tendent à offrir les mêmes capacités que leurs homologues de salon mais en 1992, le jeu paraissait quand même assez fin. L’aspect audio fait également partie des points forts tant le jeu est rempli de petites musiques guillerettes du plus bel effet et en totale adéquation avec l’ambiance générale que dégage ce premier volet des aventures de Kirby. Ne nous leurrons pas, même si les esprits ont tendance à oublier la petite boule rose de Nintendo parmi sa masse de personnages emblématiques, il n’en demeure pas moins que certaines mélodies du jeu sont rentrés dans l’histoire. Citons pêle-mêle le thème du Roi Dedede et la musique du premier niveau. Green Greens (Vertes Prairies en français) qui sera devenu un emblème à la série puisqu’on le retrouvera en premier niveau dans tous les épisodes qui suivront, avec les mêmes musiques (remixées on se rassure), et le même boss, Whispy Woods l’arbre désinvolte qui se paie l’audace de nous cracher ses pommes à la gueule. Voilà la preuve que même si Kirby’s Dream Land n’est pas exempt d’imperfections, il pose des bases solides quant à la série qui aura traversée deux décennies.

Kirby’s Dream Land n’est pas LE jeu emblématique de la (le ?) Gameboy. Il ne se targuera d’ailleurs pas de surpasser son collègue Mario ou même Wario voire Donkey Kong du studio Rareware. Par contre, il remplit plutôt bien le contrat qu’il s’est imposé au départ, à savoir offrir de la qualité à destination du jeune public tout en créant une petite mascotte sympathique qui marquera les esprits. Ça a plutôt bien marché malgré les tares du premier volet que sont sa trop grande simplicité et sa durée de vie réduite puisque Kirby perdure encore aujourd’hui sur les consoles de Nintendo avec tout autant de qualité. Et nul doute que moult têtes blondes de l’époque maintenant devenus majeurs et vaccinés regardent avec une tendresse enfantine cette petite boule rose – les plus observateurs noteront qu’en 1992, Kirby a été passé à l’eau de javel – que ce soit via ses vieilles aventures pixelisées que ses plus récentes, seul ou bien entouré par ses compères des Smash Bros.

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Mizakido
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Voilà un titre que j’aime régulièrement me refaire, rien que pour écouter sa bande-son « catchy » et revoir ses petites animations d’introduction et de fin de niveaux. Si je ne démens pas la difficulté du jeu en mode normal, je trouve que l’EXTRA MODE, déblocable via une combinaison de touches, est quand même un joli (petit) challenge en soi :-D