Bilan de l’année 2018 [Vidok]

Année 2018 en dents de scie, puisque j’ai terminé deux fois plus de jeux sur les premiers mois que sur les six suivants. Finalement, ma faculté à jouer moins pendant les projets personnels se révèle une fois de plus ici. Pourtant, je ne me suis pas pour autant éloigné de l’univers Jeux Vidéo. Au contraire même.

J’ai beau suivre l’actualité des Jeux Vidéo avec attention quand vous me demandez ce que je ressors de cette année 2018, me voilà tout penaud, incapable d’aborder une quelconque grosse info, ou du moins une information suffisamment importante pour m’avoir monopolisé l’esprit. Je ne sais pas si cela tient de l’indifférence, mais je vis désormais ma passion au fil de mes envies et non de l’actualité ; ce qui pourrait ne pas être incompatible mais qui, finalement, ne se rejoint pas souvent. En fait, si, la raison est simple – et vient en l’écrivant tout simplement : le prix des jeux. Phénomène particulièrement triste : un jeu vidéo, s’il n’a pas fait un carton, perd un tiers de sa valeur en 1 voire 2 mois maximum. Le trimestre passé, c’est 50%. Comment, dans ces conditions, acheter un jeu à 60€ à sa sortie ? Et encore, payer 60€ tient plus de l’acte militant que de l’obligation, puisque les grandes surfaces n’hésitent pas à proposer les dernières nouveautés à moins de 45€, ce tarif redoutable qui empêche les petits commerces d’être rentables sur du neuf. 2018 a marqué, dans ma ville, la fermeture de deux des derniers magasins spécialisés JV, tandis qu’un troisième a décidé de ne plus vendre de jeux neufs et habiller ses étagères essentiellement de téléphones et tablettes. Seule la chaîne Micromania perdure, ou presque, la fusion avec Zing et la moitié des rayonnages habités par des goodies ne trompe pas : la consommation du jeu vidéo se transforme.

Sony propose désormais un service plutôt bien rôdé de Playstation Now, soit des centaines de jeux PS2, PS3 et PS4 en streaming, moyennant un abonnement. Microsoft a dévoilé son projet xCloud en fin d’année après avoir rapidement abordé le sujet à l’E3, mais si, rappelez-vous, lorsque Philou faisait du teasing sur la future Xbox. Le “Netflix du jeu vidéo” selon Satya Nadella, président de Microsoft, ce qui ne laisse plus de doute sur les ambitions du géant américain. Et comme d’autres, avant lui, ont déjà montré tout leur intérêt pour cette technologie (coucou Yves Guillemot), le jeu vidéo risque de voir le streaming prendre le pas sur le physique dans une ou deux générations de consoles, de supports. Loin de moi l’idée de trouver cela triste, en tout cas plus maintenant, bien au contraire même (j’ai bien cette expression, hein) : mon matérialisme de nature se rabat volontiers sur les jeux de son enfance ou les titres qu’il n’a pas pu essayer pour d’évidentes raisons pécuniaires (le nerf de la guerre). 2018 m’a permis de continuer de découvrir des plateformes dont je ne connaissais que le nom jusque-là (La Nuon, ça vous parle ?), d’approfondir l’histoire de la GP32 (mon petit plaisir – j’ai toujours le projet d’en faire un dossier) ou de retrouver avec plaisir un support que j’affectionne tout particulièrement, la Nintendo 64.

J’étais pourtant prêt : Téléviseur 4K UHD, consoles X et Pro, Playstation VR, les nouvelles technologies avaient toutes les armes pour m’emmener loin avec elles. Pourtant, je dois avouer que je me suis concentré sur la Nintendo Switch, à l’inverse de l’ami Ryuzaki57. Elle était déjà un coup de coeur en 2017, et elle le reste en 2018. Dockée pour jouer avec fiston, elle est surtout trimballée d’une pièce à l’autre, tout en continuant la même partie. Un confort incroyable dans une petite famille – mon moi célibataire sans enfants d’il y a dix ans s’en étonne encore, si accro aux consoles de salon… Se sont ainsi succédés cette année Super Mario Odyssey (débuté en 2017, terminé en 2018), Lego City Undercover, Bayonetta 2, Shaq Fu (il était gratuit !), SNK Heroines Tag Battle, mais surtout mes premiers amours, le RPG, avec God Wars, Battle Chasers Nightwar et Xenoblade Chronicles 2. Je m’arrêterai plus longuement sur ces deux derniers un peu plus bas.
Autre exploit de sa part : j’ai joué à de nombreux jeux indépendants. Ces petites pépites qui, pour beaucoup, me laissent souvent de marbre. Sur Nintendo Switch, sa portabilité m’a incité à me plonger dans certains titres, tel que Bloostained Curse of the Moon, prologue 8Bit du futur Bloodstained, hommage appuyé aux premiers épisodes de Castlevania. Cet hommage n’est d’ailleurs sûrement pas anodin au choix de ce jeu, une vague nostalgique semblant décider de mes prochains achats…

Les jeux indépendants, ou estampillés comme tel, commencent donc à débouler chez moi, mais je les trie tout de même avec attention. Je me rappelle les déconvenues comme Limbo ou Journey. En 2018, je me suis tout de même fait avoir, à écouter les critiques et retours positifs sur GRIS. Pas de pixel art – bon point – une ambiance intrigante, un design superbe, tous les arguments étaient réunis pour me faire débourser les 17€, en dématérialisé, demandé pour me plonger dans son univers. Je le finirai en 2019, c’est certain, mais quel ennui. Je suis heureux de la diversité du jeu vidéo, je suis heureux que chacun s’y retrouve mais décidément, pour reprendre un terme à la mode et utilisé dans les tous les contextes : ne serait-il pas surcôté ? Les petits éditeurs, tels que Limited Run Games ou Super Rare Games, grâce à leurs éditions physiques, m’encouragent à en découvrir. C’est ainsi que Flinthook et Hollow Knight me donnent bien envie – et ce malgré leurs visuels – et finiront sûrement dans la console à un moment ou à un autre, en espérant qu’ils passent le cap de l’heure de jeu. Toutefois, comme je disais, des titres arrivent à sortir leur épingle du jeu, pour proposer une véritable aventure. Moonlighter et Dead Cells sont les deux premiers qui me viennent, le premier reprend les codes de Zelda, tandis que le second s’oriente davantage sur le Metroidvania. Avec leurs fortes identités visuelles (et leurs versions boîtes), ces deux titres ont eux trouvé le chemin de ma console et se verront très certainement finis sur cette nouvelle année qui débute.

Si la fin de l’année 2018 a été plus calme pour moi, je dois reconnaître m’être fortement amusé sur un titre, non abordé ici – et qui ne le sera très probablement jamais – et que je ne considère pas avoir terminé malgré le nombre d’heures de jeu passé dessus : PES 2019. Déjà, l’année dernière, je m’étais passionné, à ma grande surprise, pour le free-to-play Top Eleven. Lassé, je me suis replongé dans mes premiers amours, en tant que gros joueur de PES du 1 au 6. PES 2015 avait su trouver le chemin jusqu’à chez moi grâce à de généreux collègues. PES 2016 doit remercier les soldes. Tandis que PES 2019 a, carrément, été précommandé, pour une réception Day One, à un prix défiant toute concurrence évidemment. Malgré des débuts difficiles, j’ai petit à petit retrouvé un niveau suffisant pour m’y amuser. Plus que le jeu de foot, la gestion de l’équipe au sein des différents modes de jeux carrière m’a passionné. Et l’intérêt d’un jeu tel que celui-ci est la possibilité d’y jouer par petites sessions. Et je crois qu’il s’agit désormais d’un fabuleux argument de vente que de promettre des parties courtes. C’est naturellement le cas avec un jeu de foot (1 match prend une dizaine de minutes maximum, hors prolongations), et c’est en cela, aussi, que l’on reconnaît mon attrait pour la Switch et mes jeux de l’année. D’ailleurs, il est peut-être temps d’y passer. Comme à l’accoutumée, un top 3, par forcément sorti en 2018.


Xenoblade Chronicles 2

Le GOTY 2017 est le GOTY 2018 ? Oui. Je l’avais bien entamé en 2017 et ne l’ai terminé que 40h plus tard en 2018, le premier mai, pour être précis. C’est désormais inscrit au cahier des charges : un Xenoblade se doit d’être long et gigantesque. Long, il l’est assurément, mais pas anormalement. Gigantesque, oui, il l’est et l’envie de s’y perdre pour dégoter toutes les Lames se fait très vite sentir. 102h de jeu pour le terminer, temps de jeu auquel il faut ajouter une trentaine d’heures supplémentaires en fin d’année et qui se continuent sur 2019 sur le New Game + (une vingtaine en 2019). Une fois les Lames débloquées et la fin revue, j’enchainerai sur le DLC Torna, sorti en septembre 2018, encore au chaud dans sa boîte. Comptez donc encore une vingtaine d’heures. Cela fait très longtemps que je n’avais pas alloué autant de mon temps à un jeu. Xenoblade 2 représente tout ce qui fait le charme des JRPG. A ses personnages attachants, les développeurs ont su offrir un monde passionnant à découvrir, aux quêtes parfois inutiles mais au plaisir de jeu sans cesse renouveler. Comment expliquer qu’après 150 heures de jeu, les combats restent intéressants et que des lieux continuent de se débloquer ? Le savoir-faire de Monolith Software n’est vraiment plus à démontrer et il s’agit, en 2018, à mes yeux, du fleuron du RPG japonais, place à laquelle officiait pendant des années Square Enix dans mon coeur du moins. Et ce malgré la qualité de Dragon Quest XI et la sortie de Kingdom Hearts III.


Front Mission 1st

Un titre rétro ici, parcouru en petites sessions, à savoir 1 confrontation par partie. Front Mission 1st est le remake du premier Front Mission paru sur Super Nintendo, remaké une première fois sur Wonderswan Color, puis sur Playstation et sublimé sur cette version Nintendo DS. Détails peaufinés, scénario supplémentaire et traduction anglaise sont les trois principaux arguments pour craquer pour édition portable.

Alors, oui, le jeu a vieilli, évidemment, mais pour un titre paru en 1995, les mécaniques paraissent étonnamment robustes et les jeux actuels pas si avancés. Ce premier épisode a posé les fondations d’une série et a tellement apporté au genre – en validant des acquis et en le faisant très bien – que seuls des améliorations d’ergonomie sont réellement à noter. Je me suis suffisamment étendu sur le jeu pour ne pas en refaire une critique ici, mais rappelez-vous qu’il mérite amplement l’investissement, surtout vu son prix doux et son accessibilité.


Battle Chasers Nightwar

RPG que j’attendais énormément en 2017, moult fois repoussé sur Nintendo Switch, j’ai finalement pris mon mal en patience jusqu’à ce qu’il débarque en mai dernier. Battle Chasers est une série de Comics de Joe Madureira (Darksiders), finie prématurément. Le monsieur ayant trouvé que le jeu vidéo pouvait raconter de belles histoires, il décide de porter son univers sur consoles de jeu et ordinateurs. Ce n’est pas une suite, mais plutôt un spin-off, tout en conservant tout l’univers et la troupe d’anti-héros. Le premier titre de Airship Syndicate – fondé par d’anciens de Vigil Games – se veut un RPG au tour par tour, avec un HUB central. Son look très comics et ses dialogues tirés au cordeau attire l’oeil. La direction musicale étant de la même veine et les mécaniques de jeu bien huilées – avec un excellent système de baston – il faut malheureusement se tourner sur la technique pour trouver des défauts à Battle Chasers Nightwar puisque le portage sur Nintendo Switch ne s’est fait pas fait sans heurts : bien que visuellement très proche, le jeu souffre de gros ralentissements et de temps de chargement particulièrement longs, à chaque changement de zone et même chaque combat. Par conséquent, même si la possibilité de le faire dans son lit pousse à prendre la version mobile, privilégiez les autres versions, moins chers et bien mieux optimisées.


L’année 2019 commence. Beaucoup de titres arrivent, mais finalement, je me contenterai de bien peu de noms dans ma Wish list. Le premier choc sera porté par Resident Evil 2. Incroyable, ébouriffant, effrayant, ce remake promet de nous laisser scotchés à nos sièges – et spoiler puisqu’à l’heure où ce bilan paraît, je l’ai déjà terminé, et il est phénoménal. Suivront de peu Dead or Alive 6 et Devil May Cry 5. Encore de la licence des années 90 qui revient, et c’est vraiment ce qui me plaît en ce moment. Nous avons beau dire que nous avons encore beaucoup de choses à découvrir avec le jeu vidéo, les morceaux que je préfère se situent pour la grande majorité dans les années 90 – 2000. Peut-être que la nostalgie s’en mêle un peu, mais les univers qui y étaient dépeints me parlent davantage. D’ici l’été, nous devrions également voir débarquer le nouveau Sakura Taisen (espérons un futur GOTY, au support inconnu pour l’instant) et les remakes des Langrisser I & II sur Switch. J’ai hâte. Imaginons qui plus est qu’un Bayonetta 3 venait à débarquer à la fin de l’année… Car Bayonetta 2, si ce n’était pas juste un portage, aurait pu être de nouveau le GOTY aux côtés de Xenoblade 2 tellement j’aime ce titre d’amour. Le reste sera de la surprise, de la découverte et pourquoi pas de l’émerveillement. Je pense que cette année 2019 verra l’annonce des nouvelles Xbox et Playstation. Bien que la génération actuelle puisse tenir encore longtemps, je sais que je serai de nouveau comme un gosse lorsqu’elles seront dévoilées et sorties dans le commerce. Même si les années passent, que mes envies et contraintes ont changé, je remarque que je réussis toujours à trouver mon compte dans ce que le jeu vidéo propose. Je ne doute pas que cette année 2019 soit aussi bonne que les années passées.

  1. Hahaha, décidément, les jeux d’obédience contemplatifs/métaphoriques ne sont vraiment pas ton truc. Pour ce qui est de Battlechasers, un grand merci d’en avoir parlé en podcast, cela m’aura permis de porter mon dévolu sur une version Xbox One plus optimisée et moins onéreuse (mais sans ton retour, je me serai clairement faite avoir en optant pour la version Switch).

    Alors, c’est vrai que j’ai l’impression de voir comme un effet de mode des remakes PSone (Crash, Spyro, Resident Evil 2, Medievil…). Des remakes qui, pour le coup, font quand même bien plaisir et ce, même si on reste réfractaire au concept des portages/remakes. Parce que là, contrairement à certains portages/remakes du pauvre, il y a vraiment du boulot qui est fait pour rendre pleinement honneur au jeu originel. Offrir un côté plus actuel, tant dans son aspect technique/prise en main/narration que dans l’assouplissement de certaines mécaniques de jeu qui n’ont plus lieu d’être à l’heure actuel (le remake du premier Crash a beau ne pas avoir perdu de son exigence, le fait d’avoir l’auto-save qui enregistre à chaque niveau fait quand même extrêmement salvateur par exemple), tout en se permettant de conserver ce même gameplay que l’on ne retrouve plus forcément aujourd’hui (dans les AAA / AA tout du moins), voilà un bon équilibre qui trouve écho dans les deux cas de figure (les nostalgiques qui connaissent le jeu originel, les plus jeunes découvrant le jeu via le remake ou autre plus ancien rattrapant une lacune). En cela, je reste également assez curieuse de voir ce que donnera le remake de Fear Effect qui pourrait très bien donner quelque chose de très sympa s’il est fait avec le même soin que Resident Evil 2.

    1. Heureux que cela t’ait permis de découvrir Battle Chasers dans de bonnes conditions. C’est vraiment un jeu qui mérite d’être parcouru. J’aimerais le refaire sur Xbox One, d’autant qu’il a normalement été patché (pour éviter les pics de difficulté du jeu, apparemment laissés dans la version Switch).

      Cette mode n’est pas prête de s’arrêter car les remakes à la RE 2 ou Crash Bandicoot coûtent beaucoup d’argent mais en rapportent encore bien plus. Il faut voir que les joueurs qui les ont découvert à l’époque sont heureux de retrouver leurs jeux, tandis que les plus jeunes sont également heureux de mettre la main, dans de bonnes conditions, sur des jeux plébiscités qu’ils n’ont pas eu la chance de connaître. Medievil est un titre incroyable, mais je peux comprendre qu’une personne qui n’a pas connu l’époque PS1 ait du mal à passer du temps dessus (ce qui est quand même dommage !). D’autant que le remake s’appuiera bel et bien sur la version PS1, et non PSP (aux scènes ajoutées sans intérêt). Je ne mise en revanche pas trop sur le remake de Fear Effect, tant la licence n’est pas vraiment celle qui a attiré et qui attire le plus de monde. Il suffit de voir à quel point Sedna est resté confidentiel. Même si je serai certainement client. Je ne suis donc pas du tout réfractaire aux remakes, au contraire, mais je suis preneur de véritables remakes. Les remasters sont plus dispensables même si j’en comprends l’intérêt. De toute façon, tant que le marché n’est pas constitué que de remakes ou remasters, je pense qu’il faut s’estimer heureux d’avoir autant de diversité tous les mois. 🙂

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