Xenoblade Chronicles
Appréciation 5

Xenoblade cumule de manière à la fois humble et insolente toutes les qualités que nous puissions attendre d’un RPG japonais. Beau, long, passionnant, complet et disposant d’une bande son à toute épreuve, il se permet le luxe de figurer sur le podium des meilleurs jeux de sa génération, un jeu comme les développeurs nippons n’en font plus, serions-nous même tentés de dire

Résumé 5.0 Extra

Xenoblade Chronicles

xenoblade-nintendo-wii-cover-001La génération des consoles HD n’a pas été la plus prolifique en matière de RPG, aussi bien en quantité qu’en qualité. Si certaines exceptions telles que Lost Odyssey nous rappellent que le genre n’est pas mort, la plupart des productions nous incite à ouvrir les cartons et nous replonger dans les perles du passé. Pourtant, d’irréductibles studios persistent et désirent démontrer que tout n’est qu’une histoire de savoir-faire. Tetsuya Takahashi, monsieur Xenogears et Xenosaga, signe donc Xenoblade, qui apparaît sur la moins puissante des machines de salon du marché, la Wii. Apparemment heureux de sa collaboration avec Nintendo pour la série des Baten Kaïtos – et très certainement rattrapé par la réalité économique – Monolith Software propose son jeu sur une console où l’on ne l’attendait pas forcément. Qu’à cela ne tienne, faisons fi de nos appréhensions et plongeons-nous dans le monde de Shulk…

Ce monde a d’original qu’il est constitué de deux géants, Mékonis et Bionis, s’affrontant au milieu d’un océan infini. Ces deux géants, dont nous ignorons les origines, se sont livrés une âpre bataille avant de s’endormir sous le poids de leurs blessures. Au fil des années et siècles, la vie est apparue sur chacun d’eux : leurs corps sont devenus les mondes de nombreuses peuplades. Shulk est un Homz vivant sur Bionis, dans la colonie 9. Les Homz sont en guerre contre les Mékons, un peuple mécanique en provenance de Mékonis. Depuis l’intense affrontement de la Vallée de l’Epée, un an auparavant qui avait marqué la victoire des Homz, les conflits étaient relativement rares. Situation fortement aidée grâce à Monado, une épée magique, trouvée par les Homz, et qui constitue la seule arme capable de vaincre les Mékons. Notre jeune Shulk est d’ailleurs le savant en charge de percer ses mystères : l’arme ne se laisse pas dompter facilement et a handicapé son ancien porteur. Epaulé et élevé par Dickson, l’un des héros de la bataille de la Vallée de l’Epée, il se sent être sur la bonne voie pour découvrir les nombreux secrets de Monado… jusqu’au moment où les Mékons surgissent au-dessus de la Colonie 9. Par un concours de circonstance, Shulk découvre qu’il est capable de manier Monado. Mieux : il réussit à la dompter comme personne n’avait réussi à le faire auparavant. Pourtant, de nombreuses personnes périssent, et notamment une de ses proches, Fiora. N’écoutant que son désir de vengeance, Shulk part à la recherche du Facia Noir, un Mékon possédant un visage, qu’il juge responsable de cette catastrophe…

Takahashi pose avec Xenoblade des bases bien moins floues que ses précédentes productions. Les événements et le contexte sont clairs, et savamment densifiés grâce aux dialogues avec les personnages non joueurs. Pas question de nous perdre dans des pensées philosophiques complexes et allusions théologiques qui ne prendraient sens que pour les plus érudits d’entre nous. Pourtant, le scénario de Xenoblade ne se veut pas simple pour autant, révélant toujours plus de secrets au fil des heures pour déchainer les passions sur ses dernières heures. Pour ce volet – qui se veut parfaitement détaché de Xenogears/Xenosaga – l’homme a changé sa narration pour privilégier l’utilisation de la manette à la contemplation de scènes cinématiques, genre déjà amorcé avec Baten Kaïtos. Xenoblade insiste sur la participation du joueur : si la trame se doit d’utiliser quelques longues scènes, principalement dans le dernier quart, elle tente de ne jamais en abuser. Le moindre déplacement est laissé au joueur, coupant le dialogue et réintégrant une phase de gameplay. L’intégralité des cinématiques étant réalisée avec le moteur du jeu, aucune césure visuelle ne vient ternir les liaisons. Takahashi a donc replacé le joueur au cœur du jeu, en l’introduisant qui plus est dans un univers gigantesque.

L’élément le plus marquant de Xenoblade, lors de la prise en main, tient dans l’immensité des décors. La visite des lieux se situe à des antipodes des trajets sur Cocoon de Final Fantasy XIII, se rapprochant donc des passages sur Pulse, en bien plus grand. Nous voyons à perte de vue, la carte des niveaux nous rappelant que la moindre montagne aperçue peut être explorée. La végétation gigote au gré du vent, les nuages circulent et le cycle jour/nuit permet de découvrir les décors de Bionis sous deux angles bien différents. En effet, non seulement les ennemis changent, mais il arrive que la charte graphique du décor évolue considérablement, à l’instar des Marais du début du jeu, devenant absolument sublimes la nuit. Monolith s’est, de plus, assuré une grande diversité puisque pas un endroit ne semble avoir été bâclé. Tous sont de taille imposante et offrent de mémorables panoramas. Même la simple grotte. Le souci du détail va même à cacher des lieux parfaitement facultatifs, hébergeant souvent quelques monstres bien retords, dont le décès est souvent le sujet de quêtes annexes. Prudence sera mère de sûreté pour ceux qui voudraient explorer entièrement l’aire appelée « Jambe de Bionis » en début de partie tant celle-ci recèle d’imposants adversaires.

La progression dans l’histoire ne requiert pas la réalisation forcée de quêtes, pourtant celles-ci, au nombre de quatre cents, fusent de la bouche des autochtones rencontrés. A l’arrivée dans une nouvelle ville, la plupart des PNJ nous sollicitent pour de petits boulots. Cela va de la collecte d’objets à l’annihilation de monstres en passant par le dialogue avec des personnes bien identifiés. L’intérêt des quêtes annexes est de rapporter de l’argent en masse, en plus d’aider à la montée en expérience de manière indolore. Si l’aventure prend une bonne cinquantaine d’heures de jeu pour se conclure, achever les à-côtés amène facilement le compteur à doubler voire tripler… Parmi les à-côtés, nous trouvons du crafting, une collecte d’objets rares pour monter une encyclopédie, la reconstruction d’une cité et la création de liens sociaux. L’intégralité des PNJ nommés apparaissent au sein d’un grand sociogramme qu’il vous est demandé de compléter en leur parlant. Ces liens existent également dans votre équipe : il est en effet important de faire évoluer les relations entres les membres de l’équipe puisqu’elles déterminent le partage de compétences et leur efficacité en combat. Les faire évoluer implique de faire combattre lesdits personnages ensemble, de réaliser des quêtes, de leur offrir des cadeaux et d’organiser de courts rendez-vous à certains lieux clés du jeu.

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Game_and_Wiitch
Invité

Xenoblade prouve que la Wii est peut être « pauvre » en gros titre en ce moment mais quand il y’en a un qui sort, sa explose les versions et genres sur console HD. Le meilleur RPG de cette génération n’en déplaise à FFXIII et autre Tales of.

Altraum
Invité
Altraum

Une critique sympathique qui semble bien restituer l’expérience. Je n’ai pas encore touché au titre, mais il s’agira sans nul doute du prochain gros jeu que je lancerai lorsque j’aurai le temps de retoucher à une aventure de plus de 20-30h T_T

Flikvictor
Invité

Un gros RPG que j’espère faire dans les prochains mois (J’attend la WiiU :p )
Ayant aimé FFXII, ce titre ne devrait pas me décevoir. \o/

Hyades Luine
Membre

Bon, je suis dessus en ce moment et c’est une vraie tuerie. Il y a toujours quelque chose pour accrocher le chaland, les quêtes associées au sociogramme ont un côté très addictif, les décors invitent à l’exploration et se renouvellent toujours… Sans parler du gros point fort du jeu pour moi niveau gameplay que tu soulignes à juste titre : cette recherche à tout prix du confort de jeu et cette élimination de tous ces archaïsmes inutiles et pénibles que le RPG jap a tendance à perpétuer par tradition plutôt qu’autre chose. Bon, c’est un peu tôt pour parler de… Read more »

mogfa
Invité
mogfa

Je viens tout juste de finir le jeu, pour ma part. J’aurais pris mon temps pour le finir (merci les études…) mais grosse tuerie et de loin, le J-RPG de la décennie. Peu de défauts (annexes peu travaillés, absence de paramétrage de l’IA, impossibilité de changer de leader en plein combat…), mais que de qualités. J’ai attendu pendant cinq ans qu’un RPG japonais ose emprunter la voie qu’avait pris Final Fantasy XII à son époque, et force est de constater que je n’aurais pas été déçu tant Xenoblade surpasse largement son illustre modèle, réussissant à la fois à en approfondir… Read more »