Tormentor✕Punisher
Appréciation 3

Complètement foutraque, bordélique au possible, vulgaire, gore et résolument arcade, Tormentor✕Punisher n’est assurément pas un titre qui plaira à tout le monde. Mais pour celles et ceux qui la subtilité n’est pas toujours l’argument numéro dans un jeu-vidéo, qui ont passé une journée bien pourrie au boulot, et qui veulent se défouler sur quelque chose de no brain sans pour autant oublier qu’un titre doit proposer un peu de challenge et de profondeur, alors oui, pour moins de 10 euros, Tormentor✖Punisher est peut-être pour eux, et saura offrir une expérience nerveuse, bourrine, et hilarante par moments.

Résumé 3.0 Correct

 

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Le tableau des scores, ainsi que la longue quête qui en découle afin d’en atteindre le sommet, sont des concepts aussi vieux que les salles d’arcade. Un peu oubliés au début des années 2000, ils sont revenus grâce à l’arrivée massive du online sur consoles et PC, garantissant une certaine pérennité dans le temps des points et surtout des milliers de personnes avec qui comparer ses performances. On aura vu, côté jeu-vidéo indépendant, pas mal d’excellents titres s’inspirant à la fois du style arcade et de cette volonté de pousser le score toujours plus haut, tels que LUFTRAUSERS ou Super Hexagon. Il faudra maintenant compter sur Tormentor✖Punisher, timidement débarqué en juin 2017 sur PC. Enfin timidement… Avec un cœur dégoulinant entre les dents et une mitrailleuse Gatling dans chaque main. Tout en subtilité quoi.

LET’S FUCKING DO THIS !

Même si le nom et le logo de Tormentor✖Punisher ne laisse pas présager de la poésie façon Baudelaire, l’introduction du jeu, présentée sous forme d’un dessin-animé typé années 80, est là pour balayer d’une mandale dans la tronche tout questionnement persistant, doublé d’un uppercut si on commence à parler Audiard pour ce qui est du scénario : nous incarnons une chasseuse de démons légèrement remontée et fraichement débarquée sur la planète FUCK YOU après avoir entendu qu’il y avait du monde à dézinguer là bas. L’écran titre, arrive ensuite, balancé d’un strident cri et vibrant au rythme des percutions. Une fois le jeu véritablement lancé, ce qui était annoncé dans l’introduction est confirmé : on baigne dans une ambiance délicieusement rétro et démoniaque, avec ses graphismes tout en pixel et sa vue de dessus qui ne sont pas sans rappeler un certain Hotline Miami, appliqué ici avec un m’en-foutisme absolument assumé en ce qui concerne le gore, les explosions et le nombre de cadavres qui s’accumulent dans cette énorme arène de jeu, hommage non dissimilé à Smash TV ou au célèbre Dôme du Tonnerre nait du crossover entre Mad Max et Hook. Un vrai bordel visuel, brutal et sanglant, appuyé par des vulgarités balancées à chaque instant par notre héroïne. Et n’oublions pas enfin, pour accompagner tout cela, une excellente bande-son aux sonorités heavy metal bien bien pêchues, avec qui bon nombre d’éléments à l’écran réagissent.

SO FAR, SO DEAD !

Tormentor✖Punisher s’inscrit, comme indiqué plus haut, dans la pure grande tradition des jeux d’arcade : simple à prendre en main, difficile à dompter sans y passer du temps. Il rentre dans la catégorie des shooters en twin-stick Smash TV ou Robotron 2084, qui sont ses principales inspirations. Pas de surprise quant à la navigation et la visée, assurée par les deux joysticks analogiques. Les tirs sont quand à eux assurés par les deux gâchettes : l’une sert à utiliser la mitrailleuse et l’autre à la recharger tout en tirant un coup de fusil à pompe, parce que oui c’est absolument badass en plus d’être une subtile idée qui obligera à s’assurer d’avoir toujours un chargeur plein à la moindre occasion. Et c’est tout pour les contrôles. Pas compliqués je vous dis, et largement suffisants pour ce qui va nous attendre : une vague continue d’ennemis prêts à nous abattre froidement dès la première occasion. La règle est simple : un tir, un mort. Pour les deux camps. Alors il va falloir jouer sérieux et esquiver le moindre coup de couteau, de hache, de fusil ou de boule de feu, et butter bien entendu tout ce qui bouge. Le rythme du jeu veut qu’il n’offre absolument aucun temps mort, avec une difficulté qui monte de manière exponentielle au fur et à mesure que les cadavres s’accumulent et que les boss aux patterns bien tendus débarquent. Tout ça dans le chaos le plus total, mêlant points et giclées de sang. L’objectif final est bien entendu de survivre, mais également de marquer le plus de points possible, et de ce côté là, malgré tout le bazar affiché à l’écran, Tormentor✖Punisher propose un système de combos mine de rien assez poussé, mêlant mini-objectifs, choppe de bonus et utilisation de tout ce qui peut se trouver à l’écran. A celui ou celle qui tient la manette de les trouver, tout comme le moyen d’augmenter drastiquement la difficulté du jeu.

BRING IT !

Complètement foutraque, bordélique au possible, vulgaire, gore et résolument arcade, Tormentor✖Punisher n’est assurément pas un titre qui plaira à tout le monde. Mais pour celles et ceux qui la subtilité n’est pas toujours l’argument numéro dans un jeu-vidéo, qui ont passé une journée bien pourrie au boulot, et qui veulent se défouler sur quelque chose de no brain sans pour autant oublier qu’un titre doit proposer un peu de challenge et de profondeur, alors oui, pour moins de 10 euros, Tormentor✖Punisher est peut-être pour eux, et saura offrir une expérience nerveuse, bourrine, et hilarante par moments. Il sera savouré de préférence par petites sessions de vingts minutes maximum, le son à fond, en gueulant sur tout et n’importe quoi. On pourra regretter tout de même une lisibilité qui laisse parfois à désirer tant l’écran est parfois noyé sous un amas de pixels mêlant explosions et gerbes de sang, en plus des grosses secousses de l’écran à chaque coup de pompe, heureusement diminuables dans les options. Malgré l’anarchie générale, la marge de progression est là, les tableaux des scores sont alimentés de nouveaux challenges (être dans le top 100 est déjà très grisant en soit), et cerise sur le gâteau : le titre est jouable à deux en local, pour le peu que l’on connaisse quelqu’un voulant chasser le démon dans la frénésie la plus totale.

 

 

 

 

 

 

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manuzark

Merci beaucoup Mizakido bisous bisousssss