Gurumin : A Monstrous Adventure
Appréciation 4

Quelques défauts pour un titre qui incarne la patte Nihon Falcom : Gurumin : A Monstrous Adventure va droit au but, pose son scénario et propose de plonger très rapidement dans le feu de l’action, avec une prise en main du gameplay très instinctive, dynamique et sans fioritures, et surtout de manière totalement maîtrisée. La simplicité toute assumée n’est pas une tare mais bien un atout, et le développeur le prouve une fois de plus, non sans proposer un lot de petits idées intéressantes ainsi qu’un univers rigolo et pertinent.

Résumé 4.0 Très bon

Gurumin : A Monstrous Adventure

Pilier inébranlable du jeu de rôle japonais depuis plus de 30 ans, Nihon Falcom s’est toujours attaché à réaliser, en parallèle de ses séries phares comme Ys ou The Legend of Heroes, des productions plus méconnues et uniques, et de bien jolis viviers d’expérimentations parfois loin de leur genre de prédilection. Ce qui va nous intéresser aujourd’hui ne sera pas l’obscure Star Trader ou le très coloré Popful Mail, mais Gurumin : A Monstrous Adventure, action-RPG tout aussi haut en couleurs, dont les adaptations s’étendent sur une dizaine d’années. Sorti au Japon en 2004 sur PC, il sera tout d’abord porté et traduit en anglais sur PlayStation Portable, puis réadapté sur ordinateur dans la langue de Shakespeare, puis finalement proposé sur Nintendo 3DS. Qu’importe la version, pourvu que le jeu soit bon. Cela tombe bien : il est bien plus que cela. Cependant, afin d’être précis dans nos dires, il sera trituré ici la troisième adaptation, disponible sur Steam et GOG depuis 2015.

Gumurin nous propose de suivre les aventures de Parin. Envoyée vivre chez son grand-père par des parents plus enclins à aller explorer des ruines qu’à s’occuper d’elle, notre jeune héroïne se retrouve dans une ville minière, Tiese, où elle se trouve être la seule enfant à dix kilomètres à la ronde. Joie. Heureusement, l’avenir ennuyeux qui se dessine va être rapidement estompé alors qu’elle sauve des crocs d’un chien un monstre féminin à l’apparence d’une fillette et répondant au nom de Pino. Celle-ci explique à Parin – qui n’est absolument pas apeurée de cette rencontre, bien au contraire – que seuls les animaux et les bambins peuvent voir les monstres, et pour la remercier de l’avoir sauvé, l’invite dans son village, un lieu situé dans une autre dimension, loin des humains. S’en suivra rapidement une amitié entre les habitants du patelin et notre héroïne, au point que quand le village est attaqué et ravagé par un groupe d’individus appelés fantômes, Parin se porte directement volontaire pour aider à sa reconstruction et surtout savoir le pourquoi du comment de cette attaque. Elle se voit confier pour son aventure d’une mystérieuse arme, sorte de foreuse magique, incroyablement maniable et solide, et qui sera fortement utile face aux dangers qui l’attendent. Nous restons dans la continuité de l’univers visuel résolument enfantin proposé par Nihon Falcom et balancé dès l’introduction du titre : des méchants pas si méchants, une bonne dose d’humour, pas mal de rencontres avec des personnages rigolos ou grotesques, pour une quête assumée pleine de naïveté et de guimauve, et surtout toute tracée : redonner du bonheur du monde. Et cela sera finalement assez simple, puisqu’il faudra partir à la recherche de monstres kidnappés, ou d’objets leur appartenant. Cela apportera joie, permettra la reconstruction du village, et soufflera du monde des monstres, petits bouts par petits bouts, un brouillard aussi rempli de désespoir qu’il est impénétrable.

Gurumin, sous ses aspects mignons, reste cependant dans la grande tradition des jeux Nihon Falcom, les action-RPGs en particulier : Parin, tel un Adol Christin mais avec des couettes, va devoir parcourir inlassablement de nombreux donjons durant son aventure, avec pour ainsi dire les mêmes objectifs : fracasser tout ce qui bouge, éviter de mourir bêtement dans des pièges, récupérer tout ce qui peut traîner comme loot et découvrir de nombreux secrets parsemés ça et là, trouver le trésor terré au fond du niveau, et parfois, liquider un boss. Mais avec quelques subtilités articulées sur la foreuse de notre héroïne, qui s’avère être l’unique arme du jeu. La qualifier uniquement d’arme serait un peu réducteur, sa fonction première étant bien pratique pour détruire murs et autres objets durs, gage de progression ou d’argent caché. Sa puissance perforatrice sera également très utile face à certains ennemis, les fantômes, ces petits (et grands) êtres bleus à l’apparence pourtant inoffensive, mais qui constituent pourtant la plus grande menace pour notre héroïne, et dont les protections souvent munies de plusieurs couches d’armure résistent aisément aux coups basiques mais également aux attaques plus puissantes. Il faudra donc ruser et attaquer à la perceuse leur bouclier avant de pouvoir leur infliger le moindre dégât. Le jeu adopte un système de combos assez basique, mais avec une surcouche proposant de réaliser des coups critiques si l’on arrive à tapoter le bouton d’attaque selon le rythme de la musique, affiché en haut de l’écran par une sorte de métronome. L’idée est bonne, mais dans le feu de l’action, il est souvent difficile de se synchroniser et on aura tendance à laisser le hasard faire les choses. On notera également que selon la performance au combat, l’arme outil de Parin montera ou descendra en niveau de puissance, offrant davantage de combos ou permettant d’accéder à des bottes secrètes plus ou moins puissantes. Les combats c’est bien, mais cela ne fait pas tout. Donjons oblige, Gurumin propose son lot de labyrinthes aux architectures déglinguées, gage de phases de plateformes et autres joies comme des pièges, interrupteurs cachés et énigmes simplistes, et prenant place dans des environnements aux thèmes classiques : forêt, ruines, mines… Répartis sur une grande mappemonde qui se découvrira au fur et à mesure, et qui proposera, en plus des niveaux conventionnels, des zones de mini-jeux nécessaires pour avancer dans l’histoire.  De quoi se assurément se balader mais aussi récupérer de l’argent à dépenser en ville pour l’achat d’objets de soin, d’améliorations pour la foreuse, ainsi que quelques coiffes pour notre héroïne qui offrent boosts de statistiques et différentes protections contre les pièges… Améliorables par des déchets issus des fantômes déchus et de poubelles. Logique.

Nihon Falcom signe ici un titre travaillé et fun, mais pas sans quelques petits problèmes. Concernant les contrôles, l’inertie un peu étrange de Parin rendra parfois attaques et déplacements un peu hasardeux, surtout quand la caméra, déplaçable uniquement de gauche à droite, rendra les choses un peu plus compliquées. On pourra également trouver embêtant que la version PC n’est pas été mieux portée, celle-ci semblant stagnant à un vieux trente images par seconde sur n’importe quelle machine, ce qui est fort peu agréable pour un titre de ce genre donne l’impression de jouer au ralenti à un jeu pourtant dynamique alors que derrière, la bande-son entraînante et rythmée (tout à fait sympathique au demeurant) pousse à l’action rapide et sans détour. Dommage enfin que la difficulté de base du titre ne sera pas plus un challenge que cela. En effet, hormis pour deux trois boss, Gurumin ne fera pas spécialement montrer l’adrénaline. Et pas question de mettre le jeu en difficile dès le départ : celui-ci ne sera débloqué qu’à la fin d’une première partie.

Mais ce ne sont que quelques défauts pour un titre qui incarne la patte Nihon Falcom : Gurumin : A Monstrous Adventure va droit au but, pose son scénario et propose de plonger très rapidement dans le feu de l’action, avec une prise en main du gameplay très instinctive, dynamique et sans fioritures, et surtout de manière totalement maîtrisée. La simplicité toute assumée n’est pas une tare mais bien un atout, et le développeur le prouve une fois de plus, non sans proposer un lot de petits idées  intéressantes ainsi qu’un univers rigolo et pertinent, avec une aventure se déroulant sur une quinzaine d’heures. Les complétionnistes seront d’ailleurs aux anges avec un système de médailles et de notes récompensant les plus assidus, tandis que les amateurs de défis pourront s’attaquer aux niveaux de difficultés supplémentaires aux noms très évocateurs, une fois le premier parcours terminé. Encore une réussite pour le développeur trentenaire donc, toujours d’actualité de nos jours, et probablement encore pendant quelques temps.

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