Lucky Luke
Appréciation 3

C’est encore à Lucky Luke que l’on va confier la difficile mission de ramener tout un tas de célèbres brigands dans le frais d’un cachot humide. Et l’occasion de montrer qu’Infogrames savait faire de bons jeux

Résumé 3.0 Correct

Lucky Luke

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Lucky Luke, l’homme qui tire plus vite que son ombre, demeure encore aujourd’hui un héros BD culte parmi les cultes, avec au compteur, en plus de nombreux volumes dessinés, bon nombre d’adaptations en films (à oublier), séries et dessins animés (merci Xilam), et bien entendu jeux-vidéo. Comme à l’accoutumée, c’est à Infogrames que revint la licence dans les années 90 pour décliner les aventures du cowboy en plein de pixels, des éditeurs comme Dupuis ou Casterman jugeant à l’époque que le développeur faisait toujours de l’excellent travail, surtout quand il s’agissait de soutirer quelques pièces du maigre argent de poche des jeunes lecteurs qui s’adonnaient aussi aux jeux-vidéo. Après il faut nuancer : tout n’est pas aussi mauvais que Tintin au Tibet ou Fantasia, surtout sur les supports 8-bits, en partie parce la société au tatou multicolore confiait ces versions au studio espagnol Bit Managers, qui s’en sortait il faut bien le dire beaucoup mieux. Pourtant avec Lucky Luke sur Game Boy, c’est bien chez Infogrames que la petite cartouche est née, à quelques choses près, comme nous allons le voir. Jeu tout à fait sympathique à l’horizon.

ÉVASION MASSIVE DU PÉNITENCIER
– STOP –
JESSE JAMES, BILLY THE KID, PAT POKER, ET LES FRÈRES DALTON EN CAVALE
– STOP –

Décidément, le système pénitentiaire du Far-West accuse de bien nombreuses failles, et c’est encore à Lucky Luke que l’on va confier la difficile mission de ramener tous ces célèbres brigands dans le frais d’un cachot sombre et humide. Le cowboy devra ainsi voyager vers de nombreuses destinations de l’ouest américain, gage d’un certain dépaysement pixellisé, mais aussi de plein de variations pour ce jeu de plateformes. Et dans ce genre là, c’est important. Et donc, si on démarrera notre périple au sein d’un village mexicain, on se retrouvera au grès des niveaux dans une ville poussiéreuse remplie de gangsters, un saloon tout aussi fourni en brigands, des steppes arides et dangereuses… En plus des phases “classiques”, un certain nombre de séquences viendront s’incruster de temps à autre pour pimenter un peu l’action, et impliqueront souvent des véhicules : attaque d’une diligence par des indiens, poursuite d’un train à cheval… Il y a de quoi faire!

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La plupart du temps nous serons à pied, avec pour simple mission de trucider du méchant au revolver. Trucider est bien grand mot : nous sommes dans un jeu adapté d’une bande dessinée pour les enfants, donc pas question que les ennemis meurent véritablement. Ils seront, après plusieurs coups dans la ceinture (avec le pantalon qui descend et tout), assommés dans une pluie d’étoiles, avant de s’éclipser de l’écran pour libérer de la mémoire. Les familles sont rassurées et les jeunes joueurs ne sont pas obligés de se taper un jeu où il est impossible de se débarrasser de quelqu’un (je parle bien de toi Tintin). Du coup, le jeu s’avère plutôt agréable à parcourir et affiche une difficulté loin d’être astronomique parce que son héros n’est pas débrouillard et se fait buter par n’importe quoi. Bien entendu, on retrouve ici les éternels classiques du jeu de plateformes, avec des objets qui nous tombent dessus juste quand on passe en dessous, des animaux complètement hystériques, et des boss en fin de niveau. La petite équipe d’Infogrames (genre quatre personnes) a également pensé à inclure des éléments destructibles à la dynamite ainsi que quelques petites énigmes qui demanderont d’aller récupérer un objet coincé dans un lieu complètement improbable pour débloquer un passage un peu plus loin. Les contrôles, certes simples, réagissent bien une fois que l’on aura pigé qu’il s’agit d’un de ces jeux où B sert à sauter et A à tirer.

Lucky Luke version Game Boy peu également se targuer de posséder une réalisation fort impressionnante pour un jeu portable : le titre propose en effet des décors détaillés – et colorés pour les possesseurs de la cartouche Color -, une fluidité à toute épreuve, des animations réussies et quelques extravagances comme un fort convainquant défilement parallaxe lors des séquences en véhicule. Niveau sonore, c’est à nouveau un cheval gagnant : plutôt de prendre des risques et de faire des massacres comme sur Super Nintendo, Infogrames a refait appel au studio Bit Managers (nous y voilà) et plus particulièrement à Alberto José Gonzalez, son compositeur attitré. Après les excellentes compositions pour les versions 8-bits d’Astérix et Les Schtroumpfs, l’homme nous a concocté, une fois encore, une entêtante et magnifique bande-son, qui s’accorde parfaitement à l’univers et à l’ambiance Far-West qui représente la bande dessinée et ainsi le jeu. On en retiendra tout particulièrement les musiques imaginées pour la prairie, la prison, ou encore pour cette partie totalement absente du jeu. Étrange, mais tout de même excellente.

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Que dire de plus sur ce Lucky Luke si ce n’est qu’il s’agit d’un bon jeu, dans sa forme la plus idéale. Pas transcendant, pas exceptionnel, mais parfaitement bien exécuté pour offrir à tout joueur une petite aventure agréable à travers les terres arides de l’ouest californien, avec un gameplay classique mais bien huilé, une réalisation très convaincante pour une portable et surtout une excellente partie musicale composée avec l’amour et la fraîcheur d’une brise matinale. Ouaip.

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