Lego Harry Potter : Années 5 à 7

lego-harry-potter-2_jaquette[dropcaps style=’2′]C’est marrant comment les choses évoluent. Des premiers jeux Lego qui ont pu paraître, on ne peut pas dire qu’ils étaient forcément bien accueillis. Et quand je parle des premiers jeux Lego, j’ai en tête des Lego Island, Lego Rock Raiders ou autres Lego Racers : ces vieilleries antiques que beaucoup ont tendance à oublier, qu’ils soient joueurs ou journaleux/blogueux. Pour ces derniers, il suffit de compter ceux qui proclamaient que le Lego City Undercover de la 3DS et Wii U étaient les premiers de la franchise qui tournaient autour d’un univers original directement découlé des jouets. Alors qu’il n’en est rien puisque ces premiers jeux sus-cités n’utilisent pas non plus de franchise extérieure comme elle nous l’a habitué par la suite. Et je me souviens que ces premiers jeux étaient loin de faire l’unanimité : hormis un jeune mouflet fan de Lego, chacun mettait un point d’honneur à les éviter farouchement tant on les décrivait comme bien faiblards et pâlots qualitativement. Puis, la foire aux franchises ont commencé Star Wars fut la première à passer à la moulinette en 2005 – et les choses ont commencé à changer. Exit moqueries et ignorance, peu à peu, la série a réussi à s’imposer dans le statut du jeu à qualité moyenne tendance sympathique que attirant un public de tout âge et tous horizons, de l’adulte nostalgique de ses amours pour les briques, du gamin que les parents ont bercé au milieu des gros Duplo aux plus éloignés du jouet, simplement attirés par la franchise rattachée et au concept récurrent de les détourner dans une dérision aussi légère que mignonne. Ce qui mine de rien, lorsqu’on observe l’accueil réservé à chaque nouvelle sortie de la série des jeux Lego de plus en plus chaleureux, ce statut de jeu moyen arrive à attirer sa hype, malgré le nombre prolifique de softs – en moyenne deux jeux par an sortant quasi-tous sur tous les supports existants quand même – qui caresse la voie de l’écœurement via trop de surenchère, ses imperfections que son studio Traveller’s Tales (en charge de la série depuis ce fameux tournant en 2005), devenu depuis 2007 TT Games, conserve plus par fainéantise que nostalgie et une courbe d’évolution aussi légère que mollasse depuis ces dix dernières années.[/dropcaps]

lego-harry-potter-2_screen-001Malgré tout, l’évolution a bel et bien été là mais le sujet du jour, à savoir Lego Harry Potter : Années 5 à 7 fait partie de ce que j’appellerais la première génération. A comprendre qu’il s’agissait de tribulations complètement muettes dans des niveaux fermés et rattachés via un hub central en lieu et place du monde ouvert que l’on a pu voir par la suite au sein de la série.

Comme son intitulé l’indique explicitement, on se retrouve projeté dans les aventures d’Harry Potter à partir du cinquième film, L’Ordre du Phénix jusqu’au dénouement final des Reliques de la Mort, chapitre lui-même subdivisé en deux parties à l’instar de l’adaptation cinématographique. Au final, l’histoire tourne autour de quatre chapitres qui se présentent comme des successions de moments piochés çà et là parmi les quatre films en question. Même si on retrouve les grandes lignes et quelques moments forts, il faut bien se dire que tout ceci forme un ensemble assez décousu qui est totalement impossible à comprendre si l’on ne connaît pas la filmographie d’Harry Potter et/ou les frasques littéraires de J.K. Rowling. De plus, le côté muet n’arrange pas les choses de l’incompréhension globale. Peut-être un défaut pour certains, il demeure de toute manière que la série des Lego n’a jamais été des jeux à scénario mais du simple divertissement jouant totalement sur le fan-service. Car finalement, ce qui importe dans l’histoire, c’est de découvrir de quelle manière l’univers a été tourné en dérision. Et comme de coutume, à défaut d’être véritablement impayable, on se prendra quand même à décrocher quelques sourires face à cette vision dérisoire fort enfantine et mignonne. Bref, c’est souvent bien concon – mais efficace dans le sens où l’on se fait quand même souvent prendre au jeu de cet humour ô combien régressif – mais il faut reconnaître que l’on aurait pas apprécié non plus si TT Games se serait décidé à casser du sucre méchamment.

lego-harry-potter-2_screen-002L’histoire est d’autant plus décousue ici que les adaptation Lego sur console portable s’est toujours présentée comme des versions light, autant sur la difficulté que le côté tronqué, des pendants salon. Malgré tout, si l’on connaît l’univers d’Harry Potter, on se laissera bercer gentiment dans cette narration modeste et sans prétention, d’autant plus qu’on boucle le tout très rapidement. Trop rapidement puisque quatre ou cinq heures plus tard, Voldemort se voit déjà mordre la poussière – on reconnaîtra et saluera que l’affrontement final est autrement plus épique que dans le bouquin, ce qui n’est guère compliqué – et ce, sans se fouler, la difficulté n’étant pas spécialement au rendez-vous, les versions portables s’étant de toute manière toujours payé le parti-pris d’une plus grande accessibilité pour le jeune public. Les niveaux présentés sous forme d’écrans balisés aux objectifs divers où l’on se doit, dans les grandes lignes, de détruire pour mieux reconstruire de façon à atteindre le but demandé, s’enchaînent vite. Même si l’on pestera sur le côté vue isométrique qui offre des perspectives assez abstraites pour la plate-forme et les affrontements. Heureusement, ces phases n’étant ni prédominantes, ni difficiles, on ne se retrouvera pas à jeter sa console contre les murs, d’autant plus que notre personnage revit à l’endroit-même où il a trépassé, moyennant une simple pénalité de pièces Lego servant de monnaie.

Mais si la plate-forme et les affrontements ne sont pas légion, que reste-t-il au jeu pourrait-on bien me dire ? Simple, la collection de tous les personnages jouables que le jeu nous propose, l’exploration en quête de collectibles et la destruction. Voilà les atouts exhibés par la série de TT Games qui surpassent des pieds à la tête la progression prétendument principale. Car cette dernière, on la fait gentiment mais on ne cachera pas que la principale carotte qui nous anime est le déblocage des niveaux en mode libre, le premier run étant régenté par un choix prédéfini de protagonistes, chaque personnage étant doté de capacité propre, ne nous permettant pas de fouiner partout et ramasser toutes les récompenses qui peuvent bien se cacher dans les niveaux de façon plus ou moins évidente. Certes, on y a bien accès à quelques uns mais la configuration choisie est avant tout faite pour être cohérente avec l’événement repris et/ou de la simple avancée en ligne quasi-droite. Alors, en attendant la liberté totale, on ronge son frein en détruisant tous les éléments destructibles du décor. C’est bête mais c’est utile car une manière non négligeable de collecter le plus d’argent possible, au mieux cela peut même cacher des éléments importants tels mécanismes et autres collectibles… Et surtout tellement défoulant qu’on ne se fait pas prier pour le faire.

lego-harry-potter-2_screen-003Bref, la série des Lego, c’est plus une ode aux fouineurs avides de collection et de pourcentage et ce Lego Harry Potter : Années 5 à 7 ne fait pas exception. Plus d’une centaine de personnages à débloquer et acheter – certains collectibles bonus permettent de gonfler le multiplicateur d’argent, ne soyez pas effrayés. Plusieurs méthodes pour cela : finir les niveaux suffisent parfois, récolter les pièces de personnages disséminés çà et là mais également s’adonner aux duels entre sorciers. Si l’on se doit d’en faire quelques uns dans l’histoire, tout un mode « Club de Duel » est également présent – un des plus gros annexes du jeu accessoirement – et permet de glaner quelques personnages bonus supplémentaires en récompense. Comme son nom l’indique, il s’agit de mettre son adversaire au tapis dans des affrontements baguette en main. Pas désagréable au démarrage, le manque d’évolution du concept et de l’IA des adversaires font qu’une fois une bonne stratégie d’attaque trouvée, on peut se permettre de la tenir tout le long en étant victorieux sans aucune mauvaise surprise, ni même moindre petite frayeur. De grands moments d’abrutissement en somme. Une répétitivité exacerbée qui souffre de toute manière sur l’ensemble du soft, les niveaux reposant toujours sur le même fond. Un jeu qui finit par conséquent par lasser bien que la courte durée de vie de l’ensemble – y compris jusqu’aux 100% qui peut être atteint en une quinzaine d’heures voire moins si l’on est habitué et/ou méthodique – équilibre le problème.

Enfin, finissons par un petit point technique. Même si la version Vita est sortie après les autres, il s’agit en fait d’une simple conversion que l’on retrouve sur PSP et 3DS. Et reconnaissons que le portage n’a été que très légèrement remanié avec du tactile totalement anecdotique et des graphismes à peine plus beaux. Mais bien en deçà de ce que peut permettre la machine. Bref, même pour un fan de la série, une version loin d’être indispensable de posséder si l’on a déjà une des deux versions citées précédemment. A l’instar de ce problème de répétitivité dans le gameplay qui est un point récurrent dans les jeux Lego, TT Games a choisi la voie de la fainéantise face à la problématique.

[section id= »conclusion » style= »border:1px solid white;padding:10px;overflow:auto;background-color:#00a0db;color:#FFFFFF; »]Ce qui donne au final, un jeu moyen, assez perfectible autant sur le fond que sur la forme. Mais néanmoins sympathique dans sa modestie et simplicité. Épisode classique de la série des Lego, sans aucune véritable forme d’évolution, l’aficionado reprendra là ses bonnes vieilles habitudes. Le fan d’Harry Potter découvrira un petit soft tournant son héros favori dans une dérision gentillette. Pour les autres, deux options : cela passera car même s’il n’y a rien de vraiment exceptionnel, cela reste un bon petit soft sans prise de tête à intercaler entre deux gros jeux de longue haleine (le chasseur de trophées verra également un platine court et facile accessoirement) ou cela cassera et ne s’y reprendra plus à lorgner une seconde fois dans la série de TT Games.[/section]

 

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