Rage Xbox 360[dropcaps style=’2′]Quand les glorieux inventeurs du FPS, idSoftware (Wolfenstein, Doom, Quake), se mettent sur un nouveau projet… forcément, ça aguiche ! Promettant un cadre saisissant, des gunfights enflammées et un retour au pur jeu de tir à la première personne, Rage avait bien des arguments à faire valoir. Reste à voir ce que cela vaut dans les faits. Le jeu se passe dans un monde de type post-apocalyptique. Les environnements affichés s’avèrent être ainsi véritablement sublimes et dépaysants. Si les cadres extérieurs sont évidemment assez répétitifs par leur apparence, on ne s’en lassera pas pour autant. Les lieux que l’on visite pour les missions sont par ailleurs assez variés, et il s’agit même d’une petite force du jeu qui arrive à diversifier un minimum les plaisirs pour nous maintenir en haleine le long de toute sa campagne solo (d’une durée d’une petite douzaine d’heures, pouvant varier selon votre façon d’avancer).[/dropcaps]

D’une ville fantôme aux classiques égouts en passant par une vieille usine ou un repère de bandits, vous serez amenés à visiter des endroits plutôt glauques, collants toujours parfaitement à l’ambiance maitrisée voulue par les développeurs. En revanche, on sera un peu moins élogieux en évoquant les textures, dont certaines font très tâches au milieu des décors pourtant splendides. La qualité des graphismes est en effet bien inégale sur ce point… magnifiques de loin, mais parfois assez moches de près.

Rage

RageCeux qui s’attendent à une histoire intéressante risquent également d’être déçus. Passé l’univers un tantinet original – et agréable – de Rage, son histoire et le scénario en découlant sont en fait très prévisibles et utilisent des poncifs tout relatifs au genre. Pour ma part, je dois dire que je n’en attendais pas beaucoup de ce côté pour un jeu venant de développeurs ayant déclaré que « faire un jeu vidéo c’est comme faire un porno, pas besoin d’histoire ». Et cela se vérifie effectivement en pratique, où l’histoire n’est qu’un simple prétexte pour la mise en place du reste. Celle-ci évolue d’ailleurs en majeure partie via les énoncés des missions que l’on nous donne, mais jamais il n’y a une scène inattendue qui va venir nous surprendre, ou un élément supplémentaire de mise en scène pour apporter un plus à l’ensemble. Le tout est très restreint, structuré de façon un peu (trop) simpliste. Tant pis diront certains, et dommage en diront d’autres. Rassurez-vous toutefois : Rage puise ses qualités ailleurs.

RageLes missions pourront sembler un poil répétitives au départ. On se contente d’aller d’un point A à un point B de façon assez générique… Par la suite, il y aura toujours ce type de mission simple, où on se rend à un lieu avec un véhicule, en éliminant quelques vilains bandits entre-temps. Mais celles qui nous intéressent vraiment sont les « grosses missions », celles où on passe longtemps dans un lieu précis pour y trouver quelque chose (étant donné qu’on passe notre temps à faire le larbin…). Comme déjà dit, ces dernières ont le mérite de nous embarquer dans des endroits assez divers. Avant de s’y rendre, il est conseillé de bien se préparer en achetant une blinde de munitions, des améliorations d’armes ou d’armures, etc… Rage offre d’ailleurs un monde « semi-ouvert », que l’on peut explorer librement (préférable de faire ça en véhicule, parce que sinon…), pour y rechercher des points de saut (histoire de débloquer des succès/trophées), éliminer des bandits pour gratter un peu d’argent, ou… ben, pas grand chose d’autre, en fait. Le monde est sympa, mais concrètement à part se rendre de la ville au lieu de mission, on ne fera guère autre chose.

Rage

Rage« D’une ville à une mission », puisqu’effectivement, outre deux camps au début du jeu, nous sommes amenés à visiter deux villes dans Rage, qui font également un peu office de QG pour le joueur. On y revient après chaque mission pour y chercher notre butin, se ravitailler, etc… Mais elles peuvent aussi constituer une certaine place de divertissement : on peut y trouver quelques mini-jeux (comme des cartes) mais surtout, c’est de là que l’on peut participer à des courses de buggy (jouables aussi en multijoueurs). Il y en a plusieurs types : les courses normales, les courses avec armement, les rallyes, et enfin les « rallyes rockets » où il faut juste dégommer un maximum d’adversaire. Certains pourront voir en ces courses un passe-temps plutôt sympathique entre deux missions, même si on ne risque pas d’allumer le jeu juste pour ça non plus. M’enfin on imagine que telle n’était pas vraiment l’intention et la prétention d’idSoftware dans l’absolu. Dans l’univers de Rage, la chose demeure tout à fait cohérente, et a toujours le mérite d’apporter un petit plus au contenu proposé.

RageMais parlons sérieusement : le coeur du jeu, les gunfights, sauront ravir les amateurs de jeu de tir. Le feeling des armes est franchement excellent, et les sensations éprouvées font partie des meilleures que l’on puisse voir dans le genre. Les ennemis se renouvellent un peu, les armes sont toutes différentes et varier entre elles est un plaisir. L’action est soutenu par des musiques très efficaces, une IA que l’on qualifiera de correcte, et des situations qui tentent de se diversifier. La quête principale vous occupera entre dix et douze heures, mais comptez-en quelques unes de plus si vous envisagez d’exploiter le jeu à fond. En comparaison à ce qui se fait à côté, et même si le mode multijoueurs ne casse pas des briques, le bilan est très honorable en terme de contenu. L’ensemble est ainsi convaincant, et Rage est au final un bon FPS, pas une grosse révolution (là n’était peut-être pas son désir premier), mais quand même l’un des plus réussis de sa génération en dépit de certains défauts sur lesquels on aura du mal à fermer l’oeil. Notamment la fin du jeu, totalement bâclée et expéditive, l’une des plus décevantes possibles… on aurait d’ailleurs apprécié un peu plus de combats épiques, surtout quand on nous bombarde un boss énorme dans l’une des premières missions, et qu’après ça… plus rien. Mais, malgré ces déconvenues, peut-être dues à un manque de temps dans le développement, on boudera difficilement notre plaisir de toucher à un pur FPS de cette sorte. Et pas si bourrin qu’on veut nous le faire croire, car le challenge est bel et bien présent, et ceux qui foncent tête baissée risquent d’être rapidement punis !

  1. Critique plutôt juste d’un jeu que je n’ai pas encore terminé (et donc pas encore atteint la fameuse fin décevante). Rage, même sans l’avoir terminé, m’a laissé un goût de chef d’œuvre inabouti; excellent à certains niveaux, mais plombé de trop d’éléments juste passables.

    Mais je rejoins la conclusion : un jeu à essayer pour les amateurs de FPS ou de mondes post-apocalyptiques

    1. Merci ! En effet, je crois qu’en trois lignes tu as parfaitement résumé le jeu, même sans l’avoir terminé. C’est vrai qu’il y a un léger goût de frustration, on sent que ça aurait pu être encore mieux, je ne sais pas si les développeurs ont manqué de temps ou d’ambition (ou les deux). Mais bon, malgré tout ça reste très bon donc difficile de bouder son plaisir, du peu qu’on accroche.

  2. S’il y a bien un truc qui m’emmerde dans mon profil de joueuse, c’est de ne pas avoir encore réussi à apprivoiser les sensations du FPS. Parce que franchement, dans le genre, il y en a des titres qui titillent ma curiosité : la trilogie des Bioshock, Bulletstorm, les Metro, Dishonored… Sans compter les jeux jouant sur la fusion de styles tels que Portal, Borderlands ou encore Deus Ex… En tout cas, Rage fait partie des jeux que je ferais si j’arrivais enfin à apprécier le FPS à sa juste valeur. Mais bon, depuis des années, malgré que ça s’est toujours révélé assez infructueux jusqu’à maintenant, j’essaie de me soigner… A voir si j’arriverai enfin à trouver le bon remède ^^

    1. Franchement, celui-là est bon, mais après ça dépend ce que tu en attends. Si tu veux une histoire intéressante, déjà, ce n’est pas la peine. XD
      Tu cites Bioshock par exemple, j’ai fait le premier et Infinite et ceux-ci sont bien plus aboutis et avec une super ambiance ! Les Metro sont sympas aussi. Portal c’est plus de la réflexion que du tir, Borderlands j’ai vite lâché (mais ça doit être parce que je suis allergique à Gearbox…) ; les Deus Ex je te peux te les conseiller ! C’est vraiment une excellent mélange de FPS/RPG, l’histoire est cool, l’ambiance prenante et on ne s’ennuie pas. Human Revolution est à essayer !

      1. En même temps, si je t’ai cité Bulletstorm également, c’était pour dire que je n’attendais pas forcément d’un FPS qu’il soit doté d’un scénario solide 😉 . Dans chacun des cas, c’est clairement plus pour une question d’ambiance (Bioshock… bah Bioshock quoi, Borderlands pour son côté Mad Maxien, Portal pour son rapport avec Glados en plus de la réflexion) ou de rapport particulier avec l’action où Rage fait clairement partie de cette catégorie avec Bulletstorm, de même qu’un certain Postal dont j’ai eu l’occasion d’observer quelques moments d’une partie d’un ami qui m’avait également bien fait délirer (même si c’est complètement con et bourré de violence/gore complètement gratuit). Bref, pour le moment, il s’avère que la configuration clavier/souris me rebute, de même que dans quelques essais infructueux que j’ai pu mener, je n’ai pas été foncièrement à l’aise avec un pad PS3. La prochaine étape sera donc de tenter sur 360 dont le pad me semble plus optimal pour le style. J’ai d’ailleurs un certain Prey qui trainasse dans ma ludothèque en vue de cette future cure.

        1. Ah ! Prey est l’un des premiers jeux que j’ai eu avec ma Xbox360. Franchement, j’ai bien aimé, à essayer !
          Et la manette 360 convient parfaitement à mon humble avis. :3

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