Albert & Otto – The Adventure Begins
Appréciation 2

Même si la direction artistique mérite le coup d’œil, cela n’empêchera pas qu’Albert & Otto s’avérera un brin ennuyeux dans son parcours. On verra notre héros mourir avec une certaine indifférence et on finira vite par trouver les mécaniques de réflexion un brin redondantes. La métaphore globale a beau être intéressante et bien fichue sur plusieurs détails, il n’y a pas pour autant ce gros sens de l’accroche que Limbo parvenait à avoir, quand bien même il était bien plus vague dans son propos. Pire encore, il fera pester à bien des niveaux, notamment à cause de sa maniabilité pas très convaincante et pas toujours bien gérée et sa difficulté mal dosée. Pas entièrement à jeter non plus mais prouve bien que même si le modèle paraissait tout simple à la base, il n’est pas si simple à égaler. N’est pas Limbo qui veut…

Résumé 2.0 Passable

Albert & Otto – The Adventure Begins

Vidok a beau ne pas avoir été convaincu par Limbo, il faut admettre que c’est un jeu qui a marqué de nombreux esprits. Le mien notamment. Et cela s’est même étendu jusqu’en Afrique du Sud avec notamment un dénommé Nikola Kostic. Et comme le monsieur faisait du développement de jeu à ses heures perdues, il s’est lancé dans l’aventure : le premier titre qu’il sortira officiellement sera un limbo-like. De base développé entièrement seul, à l’exception de la musique, Albert & Otto a fini par débouler sur PC en 2015 avant d’être porté sur mobile. Prévu sous format épisodique, on notera qu’on n’aura toujours pas vu la suite sortir, quand bien même trois ans sont passés. Mais cette première partie introductive ayant été portée sur les consoles de salon – Playstation 4, Xbox One et prochainement sur Switch apparemment – cette année, peut-être bien cela laisse-t-il présager que le projet n’a pas été complètement abandonné dans l’œuf pour autant. Mais est-ce que l’effort de reprendre le développement du second épisode du jeu vaut le coup ? L’entrée en matière est-elle assez solide afin de le justifier ?

A quoi ça ressemble ?

Prenez du plate-forme/réflexion en scrolling horizontal fortement teinté de die & retry, une direction artistique prônant le noir et blanc, un gamin qui doit retrouver une mystérieuse jeune fille dont son périple sera jonché d’embûches mortelles… Aucun doute là-dessus, Limbo est passé par là, cela ne fait aucun doute dès lors qu’on entame notre périple. De la même manière, nous trouvons cette narration extrêmement vague car uniquement représentée par des dessins à récupérer dans des boîtes aux lettres, laissant place à l’imagination. En revanche, les décors et l’ambiance nous posent dans un background qui l’écarte de son modèle. On se trouve ici dans un background militaire avec de nombreux signes nous faisant comprendre que l’on doit se situer au cœur de la Seconde Guerre Mondiale en régime nazi. Notre petit héros dénote également de Limbo. Certes, il reste un frêle bambin dans un environnement bien trop hostile pour lui mais n’est ici pas si vulnérable que cela : il est armé et possède également une sorte de lapin en peluche qui lui confère quelques caractéristiques supplémentaires comme le double saut. Petit compagnon qui sera d’ailleurs au cœur des mécaniques de réflexion vu qu’il peut être lâché dans un coin ou produire une sorte de champ magnétique permettant d’actionner des mécanismes ou déplacer certains éléments du décor.

Comment ça se joue ?

On pourrait croire que le fait d’avoir un héros équipé offrirait un panel d’actions larges qui enrichirai grandement le concept basique de Limbo, il faut admettre que dans la pratique, cela ne fonctionne pas forcément très bien. On ne retrouve pas l’efficacité du modèle. La faute à une jouabilité pas forcément très instinctive. Peut-être est-ce un point qui passe mieux sur mobile tant l’on sent que le jeu a davantage été pensé pour ce type de plate-forme dont les fonctionnalités tactiles rendraient certaines choses plus naturelles, notamment la visée. En revanche, même ce genre de configuration ne change des soucis agaçants de sauts mal gérés ou de mauvaises sensations globales en terme de contrôle.

Pourquoi on en parle ?

Limbo n’était peut-être pas parfait mais il faut reconnaître que son concept fonctionnait très bien. L’avancée était fluide, le contrôle du héros était simple, inné, et la variété se faisait surtout dans l’évolution du level-design. Ici, Albert & Otto – The Adventure Begins prend un peu les choses à revers et tente d’apporter la variété davantage par les possibilités d’action de notre héros. Malheureusement, la jouabilité discutable entachera énormément le tableau, d’autant plus que le level-design trahit d’un manque de renouvellement certain et d’une difficulté plutôt mal dosée. Sur une simple partie introductive de deux ou trois heures, voilà qui ne met pas spécialement en confiance pour un potentiel épisode 2. La narration par dessins d’enfant ne s’avère pas non plus très intéressante et l’on finira vite par parcourir le jeu entre morosité et frustration d’un pic de difficulté ponctuel vraiment tire-cheveu ou d’erreurs dues à la prise en main. Par contre, tout n’est pas à jeter dans ce premier essai de KBros Games : la direction artistique et l’ambiance qui s’en dégage sont plutôt intéressantes. Le côté martial global rendent bien honneur à la prédominance militaire et pro-nazie et les différentes personnifications sont plutôt bien trouvées et lisibles dans ce qu’elles sont censées représenter. Bien plus que les collectables explicatifs d’ailleurs. En bref, si la thématique de la Seconde Guerre Mondiale, tout particulièrement dans celle de la déportation, vous a toujours titillé, nul doute que ce dernier point vous tiendra un minimum en haleine pour continuer sans que l’ennui ne vous guette trop.

Articles qui pourraient vous intéresser

Dirge Of Cerberus – Avis de Margoth

Dirge Of Cerberus - Avis de Margoth

Que les non-connaisseurs de Final Fantasy VII passent vite leur chemin de ce Dirge Of Cerberus tant ce dernier n'a aucun intérêt sans connaissance du lore de base. C'est même son principal argument avec la beauté de ses graphismes et ses quelques cinématiques car le volet histoire et clins d’œils sont bien menés, de la même manière que l'inspiration surprenante envers Metal Gear Solid dans ses délires de mise en valeur de ses différentes nemesis. Pour le reste, le délire de proposer du RPG dans une formule TPS n'est clairement pas assez poussée pour revêtir d'un véritable intérêt malgré des bonnes idées de base. Pire, le côté action n'est pas forcément très agréable à jouer, ni même très bien mis en valeur à cause d'un enchaînement de situations de jeu pas franchement passionnantes et répétitives..

Wilmot’s Warehouse

Wilmot's Warehouse

Étrange sur le papier, étonnant manette en main, Wilmot’s Warehouse s’avère être une expérience des plus solides en plus d’être, mine de rien, plutôt tranquille. Rigolo, bon pour la mémoire, pas stressant, il saura occuper les amateurs d’ordre et d’organisation pointues pour une dizaine d’heures, voir davantage pour celles et ceux qui veulent se frotter aux challenges offerts par son mode expert, seul ou à deux..

Judgment

Judgment

Après le premier Yakuza sur Playstation 2 dont les ventes étaient trop faibles pour justifier le fait de proposer une traduction française de opus suivants, Judgment arrive en portant sur lui comme un doux parfum de miracle et de revanche sur la vie. De quoi se plonger sans contrainte dans cette formule de Shenmue-like bien rodé au fil des opus de sa franchise principale, sachant très bien manier ce ton typiquement nippon de « jeu sérieux qui ne se prend pas toujours au sérieux, faut aussi savoir rigoler et se détendre » et proposant une excellente immersion dans la culture japonaise telle qu'elle peut l'être réellement, sans détour ni paillettes. Le tout rehaussé par un scénario captivant, bien écrit, d'une justesse et d'une maîtrise sans équivoque. Un spin-off rondement bien mené qui a de quoi donner envie de se plonger dans la série des Yakuza..

Poster un Commentaire

avatar
2000
  S'abonner  
Me notifier des