MegaRace
Appréciation 2

Il ne reste donc aujourd’hui plus grand-chose d’intéressant dans MegaRace, si ce n’est son présentateur, en totale roue libre et dont on sent que l’acteur derrière s’est vraiment éclaté à l’incarner, ou encore les musiques électroniques de Stéphane Picq, qui signe ici une bande-son sympa avec des thèmes entraînants, comme à l’accoutumée avec le compositeur. Sans doute cool en 1993, nous avons aujourd’hui un jeu de course au concept sympa mais à l’exécution vieillotte, vite parcouru, et vite oublié.

Résumé 2.0 Passable

MegaRace

Durant son existence, Cryo Interactive se sera attaqué à de nombreux genres avec, pour la plus vieille partie de sa ludographie, une certaine tendance et adoration pour les jeux d’aventure et l’utilisation massive de cinématiques avec modélisations 3D, mais le studio s’est aussi attardé, durant pas moins de trois épisodes, sur de la course, futuriste qui plus est, avec sa série des MegaRace. Nous allons nous attarder sur le premier opus, sorti en 1993 sur PC puis l’année suivante sur 3DO et Mega-CD, mais uniquement aux États Unis et au Japon, histoire de faire les choses un peu dans l’ordre si jamais la trilogie doit être complètement évoquée dans ces pages… C’est plus ou moins bien parti, disons-le tout de suite.

MegaRace prend place dans un monde virtuel géré par la chaîne VWBT (Virtual World Broadcast Television), où se déroulent des courses futuristes pour lesquelles les compétiteurs luttent (virtuellement) à mort pour les gagner. Plusieurs gangs seront donc là pour nous mettre des bâtons dans les roues voir pour nous « détruire », mais puisque cela se passe dans un univers numérique… Aucun risque ! Les épreuves sont présentées par Lance Boyle (interprété par Christian Erickson), personnage excentrique au débit de parole impressionnant, quelque peu en roue libre et qui se chargera, en plus de présenter les adversaires du circuit du moment, de vous chambrer de différentes façons, surtout si vous perdez une course… Voir même si vous en gagnez une ! Un type en or quoi. Toujours est-il qu’il sera assurément le point fort du jeu, sa bonne humeur et son humour incisif faisant quelques fois mouche, à défaut de se répéter rapidement, du fait des limitations techniques de l’époque.

Ce qui nous attend se résume en une quinzaine de circuits aux designs plus ou moins alambiqués avec une poignée de véhicules à conduire et à débloquer. Dans un style tout à fait arcade, on est lâché avec pour objectif d’arriver premier soit en passant devant tous nos adversaires, soit en les explosant un par un. Les engins possèdent des statistiques différentes, notamment sur la maniabilité, la capacité et la puissance des armes, et la vitesse, qu’il faudra adapter selon les tracés. Les tracés, eux, proposent, disposés sous forme d’icônes sur leur piste, moult bonus et malus visant à modifier la rapidité des voitures ou le contenu des chargeurs, en bien ou en mal. Pas trop de subtilités ici : on apprendra où sont les éléments sur le circuit, où sont les virages retords, et qu’il faudra mieux exploser ses adversaires que leur passer devant : en effet, se débarrasser d’un véhicule ennemi permet de faire « poper » rapidement le prochain, facilitant ainsi la progression, surtout vu le niveau de lecture à l’écran, mais nous allons y revenir. Chaque course gagnée permet de débloquer la prochaine et, durant les premières, d’obtenir de nouveaux engins. Après, cela s’arrête là : les « cadeaux » offerts par VWBT sont pour le coup au-delà du virtuel, entre un bracelet connecté, un siège custom, ou encore un voyage vers une île lointaine, résumés en une cinématique et là encore répétés.

Les cinématiques, fer de lance de Cryo Interactive, constituent ici une composante essentielle de MegaRace, puisqu’elles sont tout bonnement les tracés où sont incrustés, sous forme de sprites, les véhicules. En 1993, nul doute que face aux jeux en 2D, cela devait avoir son petit effet sur un écran cathodique, pour un résultat du côté des modalisations des décors pas encore si mal de nos jours, malgré d’autant plus qu’aujourd’hui les modélisations des décors ne sont finalement encore pas si mal que ça, malgré le framerate quelque peu chaotique. Sauf que, sur nos écrans actuels, il est difficile de décoder – vu la résolution – les icônes de bonus et de malus, éparpillés ça et là, du fait de leur design pas spécialement lisibles ou distinguables selon un code couleur. On pestera donc les quelques premiers essais pour finalement retenir, à peu près, où sont les éléments à éviter, et comprendre le HUD de certaines voitures, tout aussi peu clair quand il s’agit d’indiquer à quoi correspondant la vitesse, les munitions ou le fait que l’on ne peut pas utiliser notre arme. Des essais facilement concluants qui laisseront tout aussi expressément place à l’ennui. Effectivement, MegaRace n’est plus, de nos jours, et comme beaucoup d’autres titres du genre (note personnelle : relancer Porsche Challenge), un jeu de course que l’on pourra qualifier de « grand classique », tellement les circuits semblent se répéter et que le challenge proposé ne pousse pas vraiment à repousser des limites. On recommence deux ou trois fois la même piste en essayant de repérer où sont les recharges de munitions pour enchainer les ennemis le plus rapidement possible. L’ambiance est là durant les menus, mais dans les courses, ça manque de punch. Torché en deux heures pour simplement voir son score en haut du tableau, pour ensuite reboucler sur un niveau de difficulté supérieur sans aucune cinématique de fin, sans offrir davantage de vrais bonus (comme de nouveaux engins), on peut dire que passé la bonne humeur de Lance Boyle, on passera à autre chose.

Il ne reste donc aujourd’hui plus grand-chose d’intéressant dans MegaRace, si ce n’est son présentateur, en totale roue libre et dont on sent que l’acteur derrière s’est vraiment éclaté à l’incarner, ou encore les musiques électroniques de Stéphane Picq, qui signe ici une bande-son sympa avec des thèmes entraînants, comme à l’accoutumée avec le compositeur. Sans doute cool en 1993, nous avons aujourd’hui un jeu de course au concept sympa mais à l’exécution vieillotte, vite parcouru, et vite oublié. Cryo Interactive reviendra sur sa copie quelques années plus tard, avec, à priori, une suite proposant des évolutions logiques, pour un résultat que nous distillerons peut-être un jour, qui sait.

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