Darksiders III
Appréciation 3

Loin d’être aussi exemplaire que le premier volet en son temps, Darksiders III n’en demeure pas moins une valeur sûre du jeu d’action. Pouvant être pris seul, il ne faudra pas oublier qu’il s’inscrit dans une saga plus large : les quelques clins d’oeil nécessitent de parcourir les aventures de Guerre et Mort. Un chouïa répétitif et au scénario chancelant, sans compter les bugs maintenus 1 an après sa sortie, le jeu de Gunfire Games offre tout de même une belle introduction au personnage de Fury. Une fois le spin-off Darksiders Genesis ingurgité, nous serons normalement prêts à une aventure avec les quatre cavaliers. Reste à voir si THQ Nordiq et Gunfire Games en ont décidé ainsi…

Résumé 3.0 Correct

Darksiders III

Au sortir de Darksiders II, les fans de la courte saga étaient restés sur leur faim. Déjà que celle du premier volet avait généré une forte attente, prise totalement à contre-pied depuis. La disparition de THQ et de Vigil Games avait alors mis un terme à tout espoir de fin-mot. Pourtant, les cendres des deux compagnies ont créé Nordic Games, puis Gunfire Games et Airship Syndicate. Mise en vente par THQ, la licence, pourtant convoitée par beaucoup de studios, dont le célèbre Platinum Games, est revenue à Nordic Games. Nordic Games, désormais mieux connue sous le nom de THQ Nordiq. Début 2017, l’annonce est faite : Darksiders III est bel et bien en développement. En décembre 2018, les aventures de Fury arrivent enfin dans les bacs.

A chaque Darksiders son cavalier. Rappelez-vous, Darksiders nous proposait de suivre le cavalier Guerre/War. Appelé sans raison sur Terre, son intervention avait contribué à l’Apocalypse. Emprisonné par le Conseil Ardent, l’entité suprême responsable de l’équilibre entre les mondes des Démons, des Anges et des Humains, il est finalement libéré afin de prouver à tous son innocence. Darksiders II se déroulait pendant l’emprisonnement de Guerre/War et nous mettait dans la peau de Mort/Death. Bien décidé à sauver son frère, il souhaitait trouver le moyen de ressusciter l’humanité, décimée par la guerre opposant les Enfers et le Paradis. Pendant ce temps-là, Fury, troisième cavalière, s’ennuie. L’appel du Conseil Ardent sonne pour elle un véritable soulagement. Sa mission : retrouver les sept péchés capitaux – sept entités démoniaques – qui ont profité du désordre de l’Apocalypse pour s’échapper de leur prison. Fury est la cavalière la plus puissante, des quatre. Grande gueule, certaine de sa force, elle souhaite plus que tout le titre de cheffe des cavaliers. L’avenir de l’humanité l’importe peu, tout comme celui de Guerre. Darksiders III nous met donc dans la peau d’une addicte des combats, amusée de devoir retrouver les sept démons qu’elle avait difficilement emprisonné avec l’aide de ses trois frères par le passé.

Démontrer qu’elle est capable de réussir là où les quatre avaient eu du mal est l’un de ses leitmotivs. Fort de cette idée, le gameplay de Darksiders III a été adapté à ce trait de caractère bien particulier. Darksiders tirait du côté de l’aventure-action, équilibré et varié. Un peu comme Guerre. Darksiders II était un Action-RPG, semi-open world, pas forcément meilleur mais avec bien plus de subtilités. Un peu comme Mort. Darksiders III est donc un jeu d’action, s’inspirant de quelques recettes de From Software afin de surfer sur l’ère du temps. Si le démarrage est similaire entre les trois jeux, très vite, l’orientation transparaît. Elle ne cessera de rappeler les Souls ou les Soul Reaver. La subtilité en moins. Ici, peu d’énigmes à résoudre : Fury avance et dézingue tout ce qui se présente à elle, fouet à la main. Pas de bouclier pour elle, à l’instar de Mort, Fury requiert de maîtriser l’esquive. A la manière d’une Bayonetta, toute échappée réussie déclenche un ralenti permettant de contre-attaquer.

Fort logiquement, le système de combat se veut nerveux. Plus difficile que ses aînés, Darksiders III reprend les codes des derniers titres d’action. Décéder laissera un spectre contenant l’intégralité des âmes collectées sur le champ de bataille, par exemple. Au sortir de certains affrontements de boss, Fury gagnera certains pouvoirs des abysses. Symbolisés par le changement de couleurs de ses cheveux, ces capacités font également intervenir une nouvelle arme – épée, nunchaku, marteau – et de nouvelles possibilités d’exploration. L’Abysse de flamme permet de traverser les étendues de laves et d’effectuer un double saut. Tandis que l’Abysse des tempêtes propose de planer. Non contents de modifier la philosophie des combats, ces capacités permettront surtout de débloquer de nouvelles portions de jeu.

Tel un Metroidvania, Darksiders III propose un monde rempli de ramifications aux multiples raccourcis. Ces derniers sont souvent accessibles une fois le bon pouvoir obtenu. Le level design fait en sorte de rendre l’ensemble des lieux cohérents, à défaut de proposer une carte. Elle aurait pourtant pu aider. Le marchand Wulgrim est toujours dans le coin pour vous permettre de vous téléporter d’un bout à l’autre du monde via l’Antre des Serpents. Heureusement. Il représente aussi le seul moyen de monter en niveau. Le système de progression se veut plus simple que celui des précédents : Fury récolte des âmes à chaque ennemi tué ou via des amas cachés dans le décor. Les échanger à Wulgrim permet d’acheter des armures, des techniques, des objets et des niveaux. Chaque niveau octroie un point à distribuer dans l’une des trois compétences, Force, Vie ou Magie (pour les contre-attaques). Il est donc primordial de choisir comment bien distribuer ses âmes si nous ne souhaitons pas rester bloqués. Un objet rare autorise la remise à zéro, si nécessaire.

Progresser dans Darksiders III est loin d’être une sinécure, d’autant que les décors ne sont guère accueillants. Se déroulant sur Terre, comme le premier Darksiders, l’aventure opte pour un mélange de constructions humaines et d’engeances démoniaques. Le jeu est également plus sombre : marais, métro désaffectés, grottes sous-marines et anciennes usines représentent la majeure partie de l’aventure. Le tout habité par un bestiaire de plus en plus répugnant, qui n’a rien à envier à celui de la Cathédrale Obscure du premier épisode. Le design, toujours très proche de celui de comics, offre un savant mélange entre la 3D et le dessin. Ce moyen, déjà employé dans les deux premiers, sert autant de cache-misère que d’inimitable cachet. Loin des ténors du genre, Darksiders III offre tout de même de très jolis panoramas, parfaitement dans la lignée de ceux du II

Avec son identité propre, Darksiders III n’en propose pas moins quelques défauts récurrents de la série. Et notamment des bugs plus que gênants. Darksiders était irréprochable mais sa version Warmastered avait dû recevoir moult patches – on attend toujours ceux de la version Wii U, la pire. Blindé de bugs, Darksiders II avait subi le même sort, Deathinitive Edition comprise, au point qu’il restait tout de même des soucis dans les cinématiques. Darksiders III propose donc toujours des problèmes de collision et quelques freezes inexplicables. Pire : l’affrontement final demande de se suicider pour déclencher l’apparition du boss – suicide sans conséquence sur la barre de vie et les âmes heureusement. Ce n’est pas sérieux. Comme si les jeux étaient systématiquement rushés. En dehors de l’aspect technique, Darksiders III a aussi un problème de structure. Répétitif à souhait, et malgré les rebondissements finaux, occire les incarnations des sept péchés capitaux reste l’enchaînement de sept boss. Plus grave, le scénario présente des trous béants qui feront tiquer les plus pointilleux, trous ni comblés par une quelconque cinématique cachée – le jeu propose plusieurs fins dont 1 plus importante que les autres – ni par The Art of Darksiders III. Et c’est bien dommage, comme si des pans avaient été réécrits en cours de route.

Une histoire de collectors

Darksiders III a eu le droit à deux éditions collectors à sa sortie. La première, dans une belle boîte carrée, comporte une figurine de Fury, le jeu, un steelbook, un artbook – bien moins fourni que The Art of Darksiders III – et l’OST. Vendue près de 150€, elle a, tout comme le jeu, été rapidement bradée. Toutefois, nous retiendrons davantage l’Apocalypse Edition. 1m20 de bonheur dirons les possesseurs de la charmante boîte. En plus de proposer le contenu de l’autre édition, l’Apocalypse offre un très joli store… et 3 figurines supplémentaires. Mort, Guerre et Wulgrim rejoignent les rangs de Fury. Proposée initialement à 400€, et trouvable un an après aux alentours de 250€, elle reste l’une des plus imposantes de son époque. Elle sera complétée en février 2020 par la collector de Darksiders Genesis amenant la figurine de Discorde.

Loin d’être aussi exemplaire que le premier volet en son temps, Darksiders III n’en demeure pas moins une valeur sûre du jeu d’action. Pouvant être pris seul, il ne faudra pas oublier qu’il s’inscrit dans une saga plus large : les quelques clins d’oeil nécessitent de parcourir les aventures de Guerre et Mort. Un chouïa répétitif et au scénario chancelant, sans compter les bugs maintenus 1 an après sa sortie, le jeu de Gunfire Games offre tout de même une belle introduction au personnage de Fury. Une fois le spin-off Darksiders Genesis ingurgité, nous serons normalement prêts à une aventure avec les quatre cavaliers. Reste à voir si THQ Nordiq et Gunfire Games en ont décidé ainsi…

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