Hatoful Boyfriend

[dropcaps style=’2′]Vous habitez dans une grande ville ? Ne vous est-il jamais arrivé de vous y balader, acheter un sandwich à la sauvette et vous poser sur un banc dans un parc ? N’avez-vous jamais remarqué que même si vous vous adonnez à cet acte banal seul, vous ne l’êtes jamais tout à fait ? Car banc, sandwich qui fait des miettes, ça équivaut à vous attirer l’amour de ces bestioles roucoulantes à plumes que sont les pigeons. Ces bestioles-mêmes que ce vieux sénile urbain à la retraite s’emploie à nourrir avec le pain de la veille lors de sa promenade quotidienne de dix heures du matin, un bien vulgaire lot de consolation pour pallier à l’absence de forêt, d’étang et de canards à proximité de l’EHPAD. Croyez-le bien, ces pigeons, ils ont beau vous agacer ou vous laisser totalement indifférents, cela n’empêche qu’à ce genre de moments, ils vous aiment. Grandement. A tel point qu’ils vous les montreront en vous offrant de belles fientes sur votre pare-brise. Ne vous est-il jamais arrivé de vous demander ce qu’il se passerait si, pour une fois, cet amour inavouable, vous leur rendiez véritablement ? Non, vous êtes sûrs ? Allons, cessez de jouer les timides et les mijaurées, Hatoful Boyfriend est là pour vous montrer ce qu’est l’amour improbable et interdit entre être humain et pigeon. Et ça, indubitablement, vous en rêviez en secret, n’est-ce pas ?[/dropcaps]

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A quoi ça ressemble ?

Hatoful Boyfriend est un visual novel/dating sim. Avec l’interface la plus classique qui soit, les décors de fond typé école japonaise typiques de ceux présents dans les modèles pré-existants que tout amateur du style a déjà dû voir à tout bout de champ. Seule nuance : le skin de nos interlocuteurs sont… des pigeons et autres types de volatiles de la même famille ! Des vrais, façon photo. Autant dire, on ne peut décemment pas faire plus kitsch. Et les développeurs vont plus loin dans leur blague qu’il serait malvenu de prendre au premier degré : s’ils laissent bien la possibilité de voir un skin humain à chaque prétendant piaf du jeu, on y sera confronté uniquement lors de sa présentation et non dans le déroulement du jeu. Pas de chance donc, draguer du pigeon, vous n’y échapperez pas…

De quoi ça parle ?

Vous êtes une jeune humaine vivant seule au fond d’une caverne ayant l’immense honneur d’étudier dans une prestigieuse école de pigeons. Parce que vous êtes dans un monde où les pigeons se revêtissent des mêmes qualités que les humains : don de la parole, intelligence, sensibilité d’âme et vie en société. Et c’est sans surprise qu’ils en ont pris progressivement leur place au sein du monde, ou tout du moins, se sont hissés au même niveau. C’est ainsi que faute de beaux garçons, nous nous retrouvons à vivre avec ces fiers volatiles, chacun dotés de leur propre caractère parfois haut en couleur, à nous attacher aux uns ou aux autres selon nos choix, avec la finalité de se « caser » et roucouler en paix. Ou se retrouver dans d’autres situations, tantôt effrayantes, tantôt grotesques. Bref, à tous les niveaux, nous sommes plongé dans du dating sim… Ou plutôt une caricature dérisoire de dating sim qu’il vaut mieux prendre au millième degré. D’autant plus qu’à des moments, on nous demande de choisir des stats à améliorer, chose totalement impensable pour ce type de jeu. Des mécaniques superficielles de RPG qui revêtiront toutefois de leur petite importance, relative, à certaines péripéties afin d’atteindre certains dénouements. Et ceux-ci atteints… Rien n’est fini en fait ! Au contraire, tout commence. Fini cette adolescente humaine, nous nous retrouvons dans la peau d’un de ses plus proches amis pigeon avec qui nous avions eu la possibilité de fricoter précédemment. Qui trouve avec effroi celle que nous incarnions jadis, morte et atrocement mutilée. L’aspect dating sim disparaît complètement et le visual novel linéaire reprend ses droit afin de découvrir le fin mot de cette macabre découverte. Qui ne sera pas aussi rigolote et dérisoire que ce que Hatoful Boyfriend nous aura montré dans ses premières itérations.

Pourquoi on en parle ?

N’allez pas croire : si la partie introductive à base de dating sim est profondément absurde, n’ayant que le mérite de nous décrocher quelques délires et nous présenter un peu les caractères des protagonistes qui prendront toute leur importance par la suite, il ne faut pas limiter Hatoful Boyfriend à cette simple caricature d’un goût aussi grotesque et douteux. Il faut s’évertuer à roucouler avec tout le monde, ce qui se révélera aussi rapidement amusant que lassant, et s’accrocher afin de voir la véritable histoire. Qui prend tout de suite un tournant beaucoup plus sombre et glauque. Et même si voir cette foire aux skins kitsch de pigeons nous fera prendre les choses avec légèreté, il faut admettre que la partie visual novel pure et dure est loin d’être aussi coconne qu’on pourrait le croire. Au contraire, même si l’enquête s’avère parfois un peu longuette, elle n’en demeure pas moins intéressante et le jeu se dévoile complètement, apportant de la substance et une véritable explication à l’univers, tant sur ce qu’il s’y passe en terme sociétal et sur comment il a pu en arriver là. Et au passé des différents protagonistes également. Et même si cela semble un peu abracadabrantesque, il faut admettre que c’est finalement plutôt crédible. Assez pour toucher, émouvoir et qu’on oublie ces longues phases préalables de dating sim au profit de la curiosité de voir le fin mot de cette histoire.

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