Light FairyTale Episode 1
Appréciation 3

Impossible de ne pas avoir de la sympathie pour Light FairyTale. Non seulement ce RPG français a tout ce qu’il y a de plus japonais, dans son histoire, son design, ses mécaniques de jeu et son humour, mais en plus il le fait bien et de manière humble. Même s’il pêche au niveau de son écriture, sa technique peaufinée et son univers prometteur laisse augurer le meilleur pour sa suite.

Résumé 3.0 Correct

Light FairyTale Episode 1

Difficile de faire plus indépendant que neko.works – prononcez neko dot works : un studio français composé d’une seule personne basé en France. Il fallait plus qu’une campagne Kickstarter ratée en 2017 pour décourager son créateur : après être passé par le Square Enix Collective, Light FairyTale Episode 1 a débarqué en novembre 2018 sur Steam, puis sur Xbox One et PS4 respectivement en septembre 2019 et novembre 2019. Réaliste, son créateur a préféré opter pour un format épisodique, permettant aux joueurs de découvrir petit à petit l’univers du jeu. 

Autrefois prospère et verdoyant, le monde s’est vu annihilé en un instant. Les survivants se sont alors réfugiés sous terre, comme ils pouvaient. Light FairyTale nous emmène dans ce paysage souterrain des milliers d’années plus tard. L’humanité a survécu en construisant des villes souterraines, mais la lumière du soleil est inconnue des habitants. Ceux-là même qui ont oublié depuis bien longtemps la raison de la destruction du monde extérieur. Dans ce climat claustrophobe, nous prenons les commandes de Haru, un jeune garçon la tête constamment dans la lune et rêvant de chatoyantes plaines et, surtout, d’un plafond bleu. Peu à peu, il décide de découvrir la signification de ses rêves, aux côtés de son amie Kuroko.

Comme il le dit lui-même dans son manuel – virtuel, le jeu n’est disponible à l’heure actuelle qu’en dématérialisé – son but est de retrouver l’ambiance des RPG japonais des années 90. Et il le fait plutôt bien. De par son design, dans un premier temps, évidemment. Tous les personnages semblent sortir d’un studio japonais, l’illusion est quasi parfaite, et ce, même sans avoir vu le superbe anime – chanté et en japonais – qui clôture l’aventure. La bande son est elle aussi excellente. Parfaitement en accord avec les lieux, elle apporte un petit côté Midgar de Final Fantasy VII à la ville Lower City, seul lieu de ce premier épisode. Aucune voix digitalisée n’est à signaler en cours de jeu, mais les dialogues savent rester concis. Plutôt clichés dans leur contenu, ils rappelleront inévitablement certaines mauvais habitudes des JRPG, tels que l’amie d’enfance follement amoureuse du héros, ce dernier complètement aveugle qui préfère fantasmer sur des femmes chats. De même que les différents événements.

L’aventure étant courte (moins de 4 heures pour le premier scénario avec Haru et moins de 2 heures pour celui-ci de Kuroko), les événements se déroulent dans un nombre limité de lieux. De même, si l’on excepte la vingtaine de PNJ, seuls quelques personnages tirent leur épingle du jeu, ceux mis en valeur en cinématique, en réalité. Le jeu n’étant réalisé que par une seule personne, nous sentons bien qu’il ne peut pas être pointu sur tous les domaines et le point faible de Light FairyTale est indubitablement sa qualité d’écriture. Entre les dialogues un peu faiblards, les répliques peu originales et les nombreuses fautes, Light FairyTale a manqué d’une petite relecture. Heureusement, l’univers a du potentiel et même si les événements s’enchaînent de manière un peu trop téléguidée, nous suivons la prise de conscience de Haru et son envie de plus en plus forte de rejoindre les rebelles, face à l’Empire qui opprime le peuple souterrain.

Les quatre heures passent très vite. La première partie nous demande essentiellement de visiter les lieux et de discuter avec tout le monde, pour découvrir le niveau 1 de Lower City, la seconde partie, plus agressive, nous confronte à des environnements plus hostiles. Qui dit hommage aux JRPG d’antan, dit système de combat au tour par tour et rencontres aléatoires. Nos deux protagonistes peuvent attaquer, techniques de poings ou pieds ou lancer de la magie, en plus des traditionnels objets et garde. Nous pouvons les équipes d’orbes, sur, justement, un de leur membre, pour lancer des magies (foudre) ou bénéficier d’aptitudes passives (+15% d’argent en combat). Si l’orbe est placé sur les poings, il est possible ainsi d’associer son pouvoir aux attaques du personnages. Si nous associons plusieurs orbes, des magies plus puissantes se débloquent. Le principe se veut très simple mais, pour le coup, vraiment efficace. Suite aux coups reçus, une jauge de Fureur augmente et permet de débloquer une super technique, du soin pour Haru et une attaque pour Kuroko. Fait amusant, et intelligent, les combats sont “aléatoires”, au sein de zones définies, et surtout quantifiés. Chaque zone offre un certain nombre d’ennemis, une fois tous éradiqués, la zone devient “safe” et adieu les affrontements. Les phases de levelling se veulent donc très courtes. Cela évite également que le niveau de difficulté soit encore rabaissé : Light FairyTale est en effet très facile. Nombre de combats perdus pour atteindre le 100% : 0.

Le jeu est étonnamment bien fini. L’animation des personnages, modélisés en SD, est impeccable, aussi bien en progression qu’en combats. Le jeu fait appel à de nombreux effets pyrotechniques et il ne faut pas hésiter à observer les décors de Lower City. Lumières, nombreux détails, volutes de fumée, Light FairyTale est loin d’être laid. C’est d’autant plus remarquable quand nous nous rappelons qu’il a été codé par une seule et même personne. Chaque environnement semble avoir bénéficié du même soin. Sans compter les nombreuses scénettes, parfaitement facultatives, du jeu, permettant de découvrir un peu plus certains PNJ. D’ailleurs, un succès/trophée récompense chacune d’entre elles, encourageant ainsi chacun à les découvrir. Un étonnant souci du détail, vu l’ampleur de l’entreprise – dans les deux sens du terme.

Impossible de ne pas avoir de la sympathie pour Light FairyTale. Non seulement ce RPG français a tout ce qu’il y a de plus japonais, dans son histoire, son design, ses mécaniques de jeu et son humour, mais en plus il le fait bien et de manière humble. Même s’il pêche au niveau de son écriture, sa technique peaufinée et son univers prometteur laisse augurer le meilleur pour sa suite.

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