Hatsune Miku Project Diva X
Appréciation 4

Un peu moins riche que les deux précédents, Hatsune Miku Project Diva X profite néanmoins d’une formule éprouvée qui ne souffre pas des ravages du temps : un gameplay endiablé, des morceaux culte et un fun garanti. Si le nouveau système de progression fait des choix qui ne plairont pas forcément, il apporte néanmoins une durée de vie accrue. Jamais deux sans trois, c’est encore une bonne pioche pour les fans de la Diva virtuelle sur PSVita

Résumé 4.0 Très bon

Hatsune Miku Project Diva X

PDX

Lorsqu’on porte depuis des années un concept aussi simple qu’appuyer sur des boutons en rythme, surprendre n’est pas chose facile. Hatsune Miku Project Diva X va donc se décomposer en deux parties bien distinctes afin de différencier l’ancien du moderne : le « vieux » mode Free Play et le mode Live Quest flambant neuf.

Le mode Free Play n’a pas tellement changé, la base du gameplay non plus : le dernier titre mettant en scène la chanteuse virtuelle reste un pur jeu musical. Les icônes des boutons Playstation défilent donc toujours en rythme sur toute la surface de l’écran de la PSVita, ce à quoi il faut ajouter la croix directionnelle et le stick analogique (ou l’écran tactile) pour valider les notes en forme d’étoile. Les seuls changements consistent en la disparition des deux nouveaux types d’étoiles introduites dans Project Diva F 2nd afin d’apurer la jouabilité, et l’apparition de notes rush pour lesquelles il faut marteler la touche considérée (ce qui ne change pas grand chose hormis l’apport de points supplémentaires).

2016-08-03-232131A chaque note, le jeu affiche toujours une appréciation en fonction du degré de précision du joueur par rapport au rythme : seules les notes ayant reçu un fine ou un cool sont valides, worst, sad et safe marquant une pression trop éloignée du rythme. Au joueur d’être assez fin connaisseur des mélodies de la playlist (presque) entièrement inédite de ce troisième volet PSVita pour venir à bout de toutes les chansons en normal puis en difficile, avec les habituels trophées d’argent et d’or à la clé. Reste bien sûr le mode Extreme pour ceux qui auraient encore soif de challenge. Le mode Free Play donne accès libre aux pistes débloquées en mode Live Quest, et se joue selon les règles établies depuis Hatsune Miku Project Diva F : la réussite est conditionnée à 80% de notes justes, et commettre trop d’erreurs consécutives vous éjectera purement en simplement du morceau en cours.

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Vous avez encore la possibilité dans cette partie du jeu d’utiliser la fonction réalité augmentée de votre console en insérant Hatsune Miku ou d’autres personnages vocaloid dans la vie de tous les jours. Un très grand nombre de poses différentes sont disponibles, ainsi que tous les costumes que vous aurez débloqués en mode Live Quest, et vos clichés n’auront de limite que votre imagination.

Hatsune Miku Project Diva X coolVenons-en maintenant à la partie principale qu’est le mode Live Quest. L’univers de Hatsune Miku Project Diva X est divisé en zones thématiques dont chacune regroupe des morceaux associés à une certaine ambiance. Celles-ci sont au nombre de cinq : Neutral, Cute, Cool, Beauty et Chaos. Par exemple, la zone Cute contient essentiellement des musiques plutôt bon enfant respirant la bonne humeur et le côté kawaii, alors que les pistes Chaos privilégient les rythmes imprévisibles et les designs complètement tordus. Au début de l’aventure, tous ces mondes ont perdu leur éclat et Miku, Luka, Kaito, Rin, et Ren se proposent alors de le restaurer. Par le légendaire pouvoir du chant, cela va de soi.

Chaque environnement demandera un objectif chiffré en termes de «voltage» et compte 4 ou 5 morceaux tous inédits, et un medley qui est un mini-concert comprenant plusieurs extraits de chansons connues. Chaque chanson a son propre objectif de voltage à réaliser, sans quoi il faut recommencer à zéro. Concrètement, si un morceaux demande 131’000 points et que vous réalisez seulement 129’000, tout est perdu et rien n’est ajouté un total de la zone en cours. Si vous réalisez plus, c’est votre score final qui s’agrège au total. Pour faire grimper le voltage, il suffit de faire comme d’habitude, c’est-à-dire appuyer sur les boutons bien en rythme. Ici aussi, le gameplay conserve ses fondamentaux. Le joueur commence en ayant le choix entre le mode facile et normal, il y a donc peu de chances de se retrouver bloqué.

Hatsune Miku Project Diva X extremeUne fois toutes les zones complétées, le jeu est “fini”, mais il n’est pas terminé pour autant. En effet, les zones reçoivent alors des objectifs de voltage de plus en plus élevés et vous pouvez jouer de nouveau vos musiques préférées dans des niveaux de difficulté supérieurs, avec là encore de nombreux trophées à la clé. Les mode difficile et extrême auront été rendus disponibles et ces derniers rapportent plus de voltage (en contrepartie, ils sont évidemment bien plus ardus). Le mode extrême en Live Quest est particulièrement intéressant car le jeu continue même en cas d’erreurs répétées : les joueurs moins experts peuvent jouer les morceaux en extrême jusqu’au bout, et ainsi constater l’étendue de la difficulté. Le niveau d’exigence du mode difficile a été revu nettement à la baisse par rapport à Project Diva F 2nd : on rencontre beaucoup moins de passages vraiment techniques. Pour prolonger le plaisir, Hatsune Miku Project Diva X introduit aussi des défis supplémentaires qui prennent la forme de petits handicaps : icônes qui disparraissent, arrivent en zig-zag, ou une vitesse de jeu multipliée par deux! Il y a de quoi tester ses limites et s’éclater très longtemps!

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Les modules, terme par lequel on appelle les costumes dans Project Diva, ne sont plus de simples décorations mais se retrouvent au centre du système de progression de ce nouvel épisode. Ceux-ci ne s’achètent plus au moyen des Diva Points (cette notion ainsi que le magasin n’existent plus dans Hatsune Miku Project Diva X), mais se gagnent en réussissant le Chance Time d’un morceau. A un certain moment de la chanson en cours, une jauge apparaîtra et il faudra faire un mimunim d’erreurs afin de la remplir. Une fois la jauge remplie et la dernière note validée, votre personnage verra son costume modifié en direct, et finira le morceau avec le nouveau. Le problème est que l’attribution des modules est totalement aléatoire, ce qui fait qu’on peut tomber sur des doublons… Par conséquent, ce système est nettement moins pratique que les Diva Points pour obtenir les quelques 300 modules, voire carrément pénible au bout de longues heures de jeu.

Hatsune Miku Project Diva X coordinateLes modules auront néanmoins un impact déterminant sur la progression car ils donnent des bonus de voltage. Classés selon la même thématique que les zones, ils attribuent un bonus de 20% si leur élément coincidence avec celui de la zone où vous jouez. Autrement dit, choisir un module cool dans la zone cool est très avantageux, mais n’apporte rien dans les autres. Les accessoires (gagnés à la fin des musiques) fonctionnent de manière identique. Dans les niveaux de difficulté élevés, il est nécessaire de coordonner l’apparence de son personnage pour maximiser le taux bonus et engranger encore plus de points. Notez qu’on peut enregistrer certains sets d’équipement afin de gagner du temps dans les menus. En outre, chaque module porte une capacité spéciale susceptible de vous aider : que ce soit l’apport de voltage en bonus ou la probabilité accrue d’obtenir un module rare, le choix du costume sera dicté par votre propre stratégie. Le revers de la médaille, c’est que vous êtes quasiment obligés d’opter pour des modules et accessoires qui ne vous plaisent pas forcément. Pour être totalement libre, il faudra repasser en mode Free Play (ce que vous pouvez faire à n’importe quel moment).

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En dépit des communiqués de presse enthousiastes de Sega sur cette question, tout l’aspect interaction a assez nettement diminué dans ce nouvel opus. Et pour cause, le mode Diva Room a purement et simplement disparu! On ne peut plus s’amuser à observer Miku et les autres s’affairer à leurs activités dans leur loft. En contrepartie, le personnage est face à vous en fond du menu principal et vous pouvez profiter de quelques réactions rigolotes, avec un petit peu d’interaction via l’écran tactile. On est en deçà de la richesse de Project Diva F 2nd à ce sujet, mais c’est devenu quelque part un peu plus vivant, ce qui fait que cela reste suffisamment divertissant.

Hatsune Miku Project Diva X sentaiMais le principal pour un jeu musical, ça reste la musique. C’est l’excellente sélection qui fait encore une fois la force de ce Hatsune Miku Project Diva X, celle-ci étant à la fois prenante et variée. Les thématiques étant d’égale importance, il y en a vraiment pour tous les goûts… à condition d’avoir quelques affinités avec la J-pop, rappelons le. Les rythmes rapides et les rythmes lents sont également bien répartis, permettant à tous les styles de jeu de s’exprimer. Les sonorités aussi sont variées. Si la qualité des chorégraphies réalisées par Sega ne dément pas, on a une certaine perte sur le plan stylistique : les décors étant maintenant interchangeables, vous ne verrez pas de clips se distinguant par leur art graphique, comme pouvaient l’être un Suki Kirai ou un Uraomoete Lovers. On regrettera également de ne plus avoir d’illustrations lors des temps de chargement. Dommage… Certains font néanmoins néanmoins preuve d’une belle inventivité : Hikyô Sentai Urotanda, hommage tordant aux génériques japonais des années 80, est une parodie ingénieuse des séries sentai (comme Power Rangers par exemple) qui firent fureur à l’époque. Mrs Pumpkin no Kokkei na Yume est un bon successeur à Musunde Hiraite Setsuna to Dokuro sur le thème du fantastique, le rythme, le design général et les accents étant très proches.

Hatsune Miku Project Diva X cool medleyLes medleys constituent également une bonne nouveauté, car ils feront découvrir ou redécouvrir des morceaux d’exception. Kono Fusaketa Subarashii Sekai et I.R. Fanclub sont une première pour la série leur rythme débridé dynamise leur medleys. Des titres phare comme Unhappy Refrain ou Hatsune Miku no Gesshô se rappelleront à notre bon souvenir dans ces enchaînements de musiques. Le tout est très bien orchestré dans un esprit très «concert», en regroupant souvent plusieurs personnages avec de chouettes transitions. Ici au moins, l’exercice de style est réussi. Reste l’épineuse question du nombre de pistes, une trentaine, bien moins que les 200 et plus de Hatsune Miku Project Diva Future Tone. Là, il ne faut pas oublier que Future Tone est le portage d’une borne d’arcade, donc tout existait déjà. Dans Hatsune Miku Project Diva X, quasiment tout est complètement inédit et Sega doit tout créer de zéro pour ces nouveaux morceaux. Un développement cher dans un marché en baisse constante, donc ne soyons pas dans l’utopie…

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Techniquement, le moteur 3D était tellement en avance quand il a été créé en 2012 qu’il n’a toujours pas pris une ride. Difficile de trouver des jeux nomades affichant un tel rendu en 2016. S’il n’y a certes que les personnages et les décors à modéliser, celle-ci est tout simplement parfaite pour la portable. Malgré son déclassement de CERO C (15 ans et plus) à CERO B (12 ans et plus) au Japon, le contenu du jeu ne renie pas son caractère sexy, que ce soit dans les chorégraphies, les costumes et jusque dans les paroles. Celles de Sôsei Bakuretsu Boy avait d’ailleurs valu au titre une belle exclusion (temporaire) des rayons sud coréens!

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