Force de Défense Terrestre 2017
Appréciation 4

Graphismes dépassés, technique boiteuse, gameplay simplissime, bourrin et répétitif… Qu’est-ce qui pourrait bien sauver ce jeu aux bases si négatives? Le second degré, assurément. Contexte débile, ennemis kitschs, dialogues hilarants, côté visuel obsolète, le jeu de SANDLOT arrivera à captiver cette petite niche de joueurs indulgents et avant tout amateurs de bonnes poilades et d’un gameplay oldschool ô combien fun, jouissif et addictif.

Résumé 4.0 Très bon

Force de Défense Terrestre 2017

xbox360_fdt_2017_coverNée parmi les jeux à petit budget de l’éditeur japonais D3 Publisher (les Simple 2000), la série des Chikyū Bōeigun – plus communément appelée Earth Defence Force – s’est taillée une forte réputation auprès des joueurs du monde entier, avides d’action sans interruption et peu regardants sur la technique. Deux épisodes et un spin-off axé stratégie plus tard, et avec un succès toujours au rendez-vous, SANDLOT, le studio japonais attitré de la série, a apparemment mis suffisamment de ressources de côté pour développer un épisode next-gen sur la console de Microsoft. Force est de constater que si les problèmes sont encore là, le fun est toujours présent.

Terre, 2017. L’humanité toute entière est maintenant obligée de croire qu’il y a bien de la vie autre part dans l’univers, puisqu’une civilisation extraterrestre peu pacifiste décide de vouloir tout raser. Heureusement, les différents pays du globe avaient prévu leur coup, et ont créé quelques années auparavant une force spéciale pour lutter contre une éventuelle invasion venant des confins de l’univers : la FDT, ou Force de Défense Terrestre (ou EDF, Earth Defense Force en anglais). Le joueur, manette en main et ne réclamant que sa dose d’explosions et l’odeur de la poudre, incarne un de ces soldats chargés de shooter harmonieusement de l’alien et de sauver son peuple.

Le scénario du jeu, tout droit issu d’un film de série B, semble être une excuse pour le développeur de beaucoup miser – volontairement ou non – sur le second degré, que cela soit au niveau des ennemis, qui vont des insectes géants aux robots en métal brossé et au design kitsch, ou au niveau des dialogues dans les briefings et des NPCs, absolument hilarants car très souvent hors de propos et mal doublés. On notera tout de même le soin apporté par D3 Publisher d’avoir entièrement localisé le jeu en français, amplifiant davantage le côté ultra-nanar de cet objet vidéoludique bien identifié.

FDT 2017 s’appuie un gameplay simple et facile à assimiler. Avant chaque mission, le joueur peut emporter avec lui deux armes parmi celles disponibles dès le début du jeu et celles récupérées dans les combats : fusils d’assaut, fusils sniper, lances-roquettes auto-guidés ou pas, lances grenades ou grenades manuelles et enfin des armes spéciales (lances flammes, tourelles, etc…), voilà la parfaite panoplie du soldat parcourue de long en large. Chaque arme a ses propres caractéristiques à prendre en compte, comme sa vitesse de tir, sa portée ou sa zone d’explosion. Les munitions sont en quantité illimitée (sauf pour quelques armes), mais il faudra tout de même gérer la capacité du chargeur et le temps de rechargement.

Une fois lâché sur les immenses champs de bataille (situés dans Tokyo et ses environs), le seul et unique objectif sera d’aller là où des ennemis se manifestent et de leur dire à grands coups de chevrotine qu’envahir la Terre était une TRÈS mauvaise idée. Ces derniers apparaissent par paquets de dix à vingt individus, remplissant rapidement l’écran de cibles à éliminer. Au moindre tir, les ennemis et les éléments du décor s’envolent, les bâtiments s’écroulent, tout ça dans le délire le plus total, avec l’assistance d’un moteur physique d’un autre âge. On prend rapidement un malin plaisir à détruire tout ce qui bouge sans faire dans la dentelle. Pas de score ni de combos à réaliser, seul compte ici que la carte soit nettoyée en évitant de mourir par l’assaut des ennemis ou – plus bêtement – par un tir personnel.

Dans certaines missions, on pourra même utiliser des véhicules, mais chacun a un talon d’Achille de la taille d’une pastèque : avec un tank qui explose de peur, un robot sur-armé-mais-trop-lent, une moto qui avance beaucoup trop vite et enfin l’hélicoptère aux contrôles étranges, on préférera rapidement se balader à pied, d’autant plus que les engins sont aussi maniables qu’une brique avec un volant sur une patinoire. Le soldat en lui même répond plutôt bien aux commandes, pour peu que l’on ait sélectionné le contrôle avancé dans les options. Par contre, son maniement est assez raide, et on ne peut réaliser que quelques mouvements classiques comme des pas de côté et des sauts bien rectilignes, ainsi qu’une esquive quand ces deux actions sont combinées.

Les envahisseurs ne sont pas spécialement intelligents, et ne s’en cachent pas : ils n’esquivent pas, grimpent un peu n’importe où – à découvert – ne sont payés que pour balancer missiles, acides et toiles d’araignée sur le joueur. Inoffensifs seuls, ils s’avèrent plutôt menaçants en groupe. Il ne faudra pas compter sur l’aide des alliés à l’IA également inexistante qui, bien qu’ils liquident plutôt efficacement les ennemis peu mobiles, se mettent souvent là où l’on arrose copieusement de tirs ou sous les pieds d’un robot géant. Cela dit, leur perte est sans conséquences pour le bon déroulement de la mission, donc on les oubliera rapidement pour sauver sa propre peau… En regrettant tout de même leurs répliques idiotes.

Les ennemis déchus laissent souvent tomber des items, reconnaissables par leurs »belles » textures en 2D. Ils permettent de restaurer sa vie, débloquer de nouvelles armes et d’augmenter les points de vie de sa machine à tuer (applicables à la fin du niveau). C’est sur cela que l’on devra compter pour boucler sans trop de problèmes la cinquantaine de missions qui composent le jeu dans les difficultés facile et normale, mais surtout dans les difficultés supérieures. Car au delà, les ennemis sont bien plus solides, rapides, et submergent rapidement le joueur en lui balançant moult projectiles flashys à la figure.

Bien oldshool et très bourrin, Force de Défense Terrestre 2017 est un certes un jeu répétitif, mais curieusement très addictif et plaisant à jouer. On enchaîne les missions dans une quête de puissance et d’armes aussi puissantes qu’inutiles, et toute cette surenchère d’explosions et d’ennemis qui s’envolent n’importe comment est assez hypnotisant… Et horripilant. Bien sûr, cette couche bien mince de gameplay ne conviendra pas à tout le monde, notamment ceux qui recherchent un peu de profondeur ou de finesse. On notera la présence d’un mode bataille mais surtout d’un mode coopératif jouable à deux en local uniquement. Il ne reste qu’à trouver un ami voulant se joindre à la défense de l’humanité et qui n’aura pas fui en ricanant, sachant qu’il aura à sa disposition le même niveau de vie et les mêmes armes que le premier joueur, et que tout les items récupérés seront mis en commun. Tir ami obligatoire, sans discussion. C’est la guerre après tout.

La durée de vie du titre dépendra surtout du niveau de lassitude du joueur vis-à-vis de ce gameplay. Il ne faut pas plus d’une dizaines d’heures pour terminer toutes les missions en normal et terrasser l’énorme boss final. Un combat dantesque qui brûle la rétine et les tympans d’ailleurs. S’attaquer aux niveaux supérieurs est par contre un réel challenge, du genre bien hardcore. Il n’y a que six succès à débloquer, et il faudra terminer toutes les missions dans les cinq difficultés pour les obtenir, ainsi que récupérer toutes les armes du jeu. A en croire les joueurs de la toile, un ami est indispensable.

Les autres épisodes de la série étaient connus pour être atroces au niveau technique, et cette mouture 360 ne sauve malheureusement pas l’horreur… L’honneur pardon. Arborant des graphismes dignes d’une old-gen avec un enrobage en simili-HD, FDT 2017 est particulièrement moche par rapport aux ténors du line-up de lancement de la console (pas Perfect Dark Zero en tout cas), mais reste tout à fait regardable.

Des environnements immenses et plutôt détaillés, des monstres gigantesques, des textures simples mais bien appliquées, quelques effets de bump mapping et de blur – aveuglant – ici et là, c’est tout ce qu’on peut en tirer de positif.

Car de l’autre côté, nous avons des animations catastrophiques, en particulier celles du héros qui semble avoir un bâton dans le cul ou une combinaison qui ne l’autorise qu’à bouger le bassin pour se déplacer. Les insectes géants n’en sont pas en reste, car s’ils s’animent joyeusement en bougeant un peu n’importe comment sur le sol et les murs, ils disparaissent brutalement après avoir été projetés dans le décor, raides comme des crayons.

Ajoutons à cela des bugs de collision par cargos entiers, des explosions en 2D, une palette de couleurs bien ternes, un clipping immonde et surtout un framerate foireux qui chute bien trop souvent à la moindre surabondance d’ennemis et d’explosions à l’écran, ou même quelques fois sans aucune raison valable.

Niveau sonore, on se maintient : en plus des dialogues mal doublés et hilarants, les effets sonores sont peu variés et très cheap. Rien de tel pour un nanar n’est-ce pas? Masafumi Takada, grand compositeur des OST de killer7, No More Heroes ou encore tout dernièrement de Vanquish, ne signe pas ici une de ses meilleures compositions. Certes, mais les musiques participent quand même à instaurer une petite ambiance façon film de science-fiction des années 50. A noter qu’un énorme bug – assez rare – coupe l’intégralité du son pendant deux à trois secondes, sans explication aucune. Étrange.

Graphismes dépassés, technique boiteuse, gameplay simplissime, bourrin et répétitif… Qu’est-ce qui pourrait bien sauver ce jeu aux bases si négatives? Le second degré, assurément. Contexte débile, ennemis kitschs, dialogues hilarants, côté visuel obsolète, le jeu de SANDLOT arrivera à captiver cette petite niche de joueurs indulgents et avant tout amateurs de bonnes poilades et d’un gameplay oldschool ô combien fun, jouissif et addictif. Il réserve aussi une bonne tranche de challenge à ceux qui oseront s’y attaquer activement , sachant qu’il faudra s’adapter tant bien que mal aux contrôles bien raides et au frame rate capricieux de cet excellent nanar vidéoludique sur lequel on reviendra souvent jouer, un peu énervé, après un honteux fiasco sur un autre jeu. Oui, les insectes envahisseurs, ils sont là pour payer. A grands coups de lances-roquettes dans la gueule.

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