Le Manoir des Âmes perdues
Appréciation 2

Sans être complètement à jeter, Le Manoir des Âmes perdues est quand même quelque peu raté.. En tant que suite, il ne propose absolument rien de nouveau, et régresse même quand on le compare à son grand frère sur Mega-CD : moins d’énigmes, moins d’exploration, moins d’audace.

Résumé 2.0 Passable

Le Manoir des Âmes perdues

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Développeur aussi inconnu que prolifique, System Sacom se focalisa énormément durant sa carrière vidéoludique sur les jeux en FMV, genre ”popularisé“ hors du Japon par des productions dont on ne retiendra (à tort) que la médiocrité. De par chez nous, le studio se sera fait voir par l’intermédiaire de Sega pour trois de ses jeux d’aventure entièrement réalisés en cinématiques, à savoir Torico sur Saturn, Yumemi Mystery Mansion sur Mega-CD, et l’objet du présent article, traduit en langue de Molière par Le Manoir des Âmes perdues. Sorti en 1995 sur Saturn, il se place comme une suite de Yumemi, et non une simple réinterprétation de ce dernier, même si cela aurait finalement été mieux…
Retour dans le manoir donc, bien des années après les évènements de Yumemi Mystery Mansion. Nous incarnons cette fois un des pensionnaires de la bâtisse, Jun, dont l’âme est enfermée dans un papillon comme la magie des lieux le veut. Une mystérieuse menace plane sur la tranquillité des habitants, car ce soir là, la lune est rouge, ce qui inquiète Elder, le patriarche du manoir, qui somme notre héros d’enquêter avec l’aide d’un ami.

Autant dire que l’intrigue n’a rien de bien révolutionnaire et, pour les deux à trois heures que dure le jeu, ne sera finalement que peu mise en avant, Le Manoir des Âmes perdues préférant mettre en avant le passé plus ou moins torturé de ces habitants ainsi que les liens avec l’épisode précédent, plutôt que d’avancer sur le scénario qui sera vite torché en fin de galette pour un dénouement pas trop mauvais… Mais oubliable, comme le gameplay.

Évidemment, il ne faut pas s’attendre à grand chose quand on s’attaque à un titre du genre, la recette restant sensiblement la même : un jeu d’aventure traditionnel, où tous les déplacements et actions sont des enchaînements de cinématiques, et où l’on devra récupérer des objets, résoudre des énigmes et parler aux bonnes personnes au bon moment pour progresser. Une simplicité certaine qu’il est facile d’accepter quand le contenu est là, mais malheureusement, si on pouvait s’attendre à une évolution de Yumemi Mystery Mansion compte tenu de la puissance de la Saturn, force est de constater que c’est tout le contraire : le manoir est plus petit, avec des pièces peu inspirées et sous utilisées et les énigmes sont quasiment inexistantes vu qu’on doit récupérer en tout et pour tout trois objets. Même les dialogues, qui gagnent en pertinence vu que l’on voit maintenant le visage des personnages à l’écran – un procédé assez effrayant d’ailleurs, ne sont que trop peu intéressants. Tout ça manque cruellement d’inspiration, d’autant plus que certains environnements sont une reprise à peine modifiée de l’opus précédent, affichés ici dans une résolution supérieure. Non vraiment, Yumemi Mystery Mansion était bien plus réussi dans absolument tous les points : meilleures (et de vraies) énigmes, exploration plus intrigante, ambiance générale plus sympathique… Dans Le Manoir des Âmes perdues, on s’ennuie pas mal à tourner en rond à rechercher le prochain script à exécuter, et l’ambiance est totalement absente. Reste la partie technique. Comme indiqué au dessus, la résolution et l’encodage des vidéo rendent le visuel plus agréable à l’œil, mais pour la partie sonore, pas de changements, celles-ci tournant en boucle toutes les dix secondes, sauf pour les jolis thèmes d’introduction et de fin. Ah si, tout de même, on notera que le jeu est entièrement en français, avec un doublage dont l’écriture semble être plutôt respectueuse de l’original japonais. Dommage cependant qu’il soit rarement dans le ton…

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Sans être complètement à jeter, Le Manoir des Âmes perdues est quand même quelque peu raté. En tant que suite, il ne propose absolument rien de nouveau, et régresse même quand on le compare à son grand frère sur Mega-CD : moins d’énigmes, moins d’exploration, moins d’audace… Et surtout pas d’ambiance. Il aurait peut-être été mieux de faire un portage en haute définition qu’une véritable suite à l’intrigue pourtant pertinente mais sous exploitée. Oubliable donc, il aura sans doute permis à System Sacom de se faire la main sur Saturn, vu qu’il proposa bon nombre d’autres titres du même genre sur le support, dont l’excellent et sous-estimé Torico. Pour l’heure, quitte à choisir, autant revenir sur Mega-CD.

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