Syberia 2

Syberia-2_Jaquette[dropcaps style=’2′]Rien de plus frustrant que de voir un jeu extraordinaire se terminer par un dénouement abrupt. Tellement que cela ne peut être que l’invitation à une suite tout ce qu’il y a de plus explicite. C’est ce qu’il s’est passé pour Syberia de Benoît Sokal. Un point’n click incroyable d’intensité d’ambiance et de dépaysement. Ce type-même de jeu qui scotche le joueur autant qu’il l’incite à la rêverie et au fantasme. C’est ainsi, Benoît Sokal ne pouvait pas permettre à son œuvre de rester orpheline bien longtemps. Et c’est deux ans plus tard qu’on retrouve dans les rayons des magasins des boîtiers ornés de mammouths et d’une séduisante Américaine brune portant le plus simplement du monde le nom de Syberia 2.[/dropcaps]

 

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C’est ainsi que l’on reprend les aventures de l’avocate Kate Walker au moment-même où on l’avait laissé dans le premier opus. Après avoir connu moult péripéties pour retrouver un héritier disparu d’une fabrique d’automate française, un génie simplet du nom de Hans Voralberg, quête qui l’aura indéniablement nouée d’un lien fort et particulier avec ce vieil homme fantasque qu’elle ne connaît pourtant pas, la jeune femme fait le choix sans doute le plus important de sa vie. Abandonner son petit quotidien bien rangé et aisé pour suivre Hans dans son voyage vers un pays légendaire dont on n’a aucune véracité de son existence. Une île nommée Syberia, peuplée par les derniers mammouths encore vivants sur notre planète, isolée dans les confins les plus éloignés de la Sibérie. Une quête totalement folle donc puisqu’il ne s’agit que de suivre les fantasmes d’un vieil aliéné mental en fin de vie.

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C’est même encore en proies de doutes sur sa décision si spontanée que l’on retrouve en ouverture la New-Yorkaise qui n’a maintenant plus d’autres choix que de suivre les rails du Transsibérien automate qui l’avait jadis mené jusqu’à son propre créateur, Hans Voralberg, sans qu’il ne soit plus possible de faire machine arrière. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le joueur ne sera nullement déconcerté par le changement de numéro, qu’il soit en terme de scénario qu’en terme de prise en main pure et dure. On retrouve exactement la même interface aussi simpliste qu’efficace avec des énigmes loin d’être tirées par les cheveux qui ont malgré tout l’intérêt d’être d’une logique inattaquable. On repart sur les mêmes bases et on recommence comme qui dirait.

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Mais qu’importe ce manque d’évolution technique et de gameplay car ce n’est pas sur cet aspect qu’a brillé l’épisode fondateur et qui brille tout autant sur ce Syberia 2. Benoît Sokal a décidé de jouer la carte de tout miser sur l’histoire et l’ambiance de son titre. Et ces atouts font pleinement parties intégrantes de ce nouvel opus. Mieux, il arriverait presque à faire de l’ombre à son aîné en reprenant avec fidélité une atmosphère similaire avec un soupçon supplémentaire de merveilleux onirique. Sur ce que l’on fantasmait et rêvait dans le premier opus, on le voit maintenant concrétisé visuellement à l’écran, devant nos yeux. Et vraiment, cela est bouleversant pour le joueur, même si l’image qu’il se faisait avant n’a rien à voir avec comment Syberia 2 le matérialise. Pas de déception à avoir du décalage entre l’imagination passée et la réalité, c’est plutôt de la délectation pure et simple qui nous mène. Et on se surprend encore une fois à rêvasser. On s’identifie à cette Kate Walker au fur-et-à-mesure que les sons de la magnifique bande sonore du jeu, étonnamment présente dans sa discrétion, s’engouffre dans nos tympans, ce qui ne nous immerge que davantage dans cet univers emprunt de tant de personnalité et de singularité. Et si, au final, l’héroïne était nous ? Et si, au final, c’était nous qui étions à sa place ? Serions-nous assez fous et braves pour foutre notre jolie vie en l’air pour vivre cette expérience aussi improbable qu’abstraite dans la réussite de son but ? Serions-nous capable de porter à bout de bras et vivre des rêves qui, au démarrage, ne nous appartenaient même pas ? De cette identification, on en arrive à une réflexion sur nous-même, nos rêves, espoirs, tempérament et courage.

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[section id= »conclusion » style= »border:1px solid white;padding:10px;overflow:auto;background-color:#00a0db;color:#FFFFFF; »]Puis, les crédits finaux arrivent, venant mettre un terme à sept petites heures de voyage et de fantasme. Encore plus court que son aîné, voilà qui est bien dommage encore une fois. Mais nul doute que le jeu en aurait duré vingt de plus qu’on aurait toujours cette impression que le temps passerait aussi rapidement que cette si misérable durée de vie. Car Syberia, qu’il soit premier ou second, c’est le genre de jeu où on est plongé en dehors du temps et de l’espace. La réalité et notre existence n’ont plus lieu d’être pendant tout ce temps où l’on tient ce petit mulot entre nos doigts. On est séduit et transcendé par cette aventure si simple et hors-norme à la fois. Et au final, les seuls doutes qui nous habitent une fois les crédits terminés, ce serait bien sur l’intérêt de faire un troisième opus qui paraîtra plus de dix ans après alors que, dans le fond, la fin de Syberia 2, bien qu’évasive, se suffit bien à elle-même pour qu’on en reste là.[/section]

 

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