Les Chevaliers de Baphomet : Les Gardiens du Temple de Salomon
Appréciation 2

Retour aux sources en demi-teinte pour ce quatrième épisode des Chevaliers de Baphomet. Les Gardiens du Temple du Salomon aurait pu s’en sortir avec brio s’il n’accusait pas d’autant de tares : histoire peu engageante, humour peu présent, personnages oubliables, énigmes redondantes… Il ne s’agit pas non plus d’un désastre, mais Revolution Software nous ayant habitué à beaucoup mieux au fil des années, et il est donc difficile de ne pas être déçu. Pas indispensable donc, sauf pour les fans de la série qui n’ont pas encore eu l’occasion de s’y plonger. Pour les autres, autant passer directement au cinquième épisode

Résumé 2.0 Passable

Les Chevaliers de Baphomet : Les Gardiens du Temple de Salomon

Succès critique mais pas spécialement commercial d’après les dires son développeur, Les Chevaliers de Baphomet : Le Manuscrit de Voynich signa le grand retour de la série de jeux d’aventure ainsi qu’un passage plutôt réussi dans le monde pas toujours joli de la 3D. Visiblement dans une bonne mouvance, Revolution Software se mit rapidement au travail pour offrir au monde vidéoludique un nouvel opus, avec cette fois-ci l’aide d’un autre studio, à savoir Sumo Digital (armé de son moteur « Emmersion » fait maison), et pas mal de retours des fans à prendre en compte. Sorti en 2006 uniquement sur PC, Les Gardiens du Temple de Salomon, ou L’Ange des Ténèbres chez nos amis anglophones, avait en effet la tâche de corriger le tir d’une poignée de tares introduites dans l’épisode précédent. Une réussite ? En partie seulement.

La trame du présent opus prend place quelques temps après les péripéties autour du Manuscrit de Voynich. George Stobbart s’est trouvé un nouveau job au sein d’une société de cautionnement, avec une petite vie tranquille en plein milieu de New-York à la clef, bien loin des aventures mondiales auquel il a été convié auparavant. Un train-train quotidien légèrement morne qui va être un brin bousculé avec la rencontre avec Anna Maria, une jeune femme visiblement très au courant des exploits de notre héros et de son expertise en matière de vieux écrits. Elle se trouve en effet être en possession d’un manuscrit appartenant à sa famille depuis plusieurs générations, et cherche un moyen de percer ses secrets. Ce qu’elle a oublié d’omettre, c’est qu’elle est également poursuivie par une bande de malfrats dont la mission est de mettre la main sur le papier coûte que coûte, quitte à ôter quelques vies au passage. Se trouvant légèrement devant le fait accompli et avec la promesse d’une somme rondelette d’argent s’il arrive à décrypter le manuscrit, George accepte d’aider cette bien mystérieuse personne.

L’appréciation d’un point-and-click passe en premier lieu par son intrigue, et la série des Chevaliers de Baphomet est particulièrement connue et appréciée pour cela auprès des amateurs du genre. Malheureusement, si ce quatrième épisode démarre sur de bonnes bases, difficile de ne pas constater qu’au bout d’une heure ou deux de jeu, on commence à s’ennuyer légèrement : si le scénario et les mystères qui gravitent autour sont encore présents, avec cette petite pointe de complot religieux et de mysticisme très proche du premier opus, on ne va pas dire qu’ils sont suffisamment bien amenés pour susciter la moindre implication du côté de celui ou celle qui se tient devant son écran. La faute aussi à un rythme franchement mou, une écriture qui part dans tous les sens sans trop s’étendre (quid de l’introduction), balançant ça et là rebondissements ridicules et personnages secondaires peu intéressants, voir parfois agaçants. On rencontre heureusement d’anciennes têtes (dont Nico), mais celles-ci sont fort mal glissées (ou carrément introduites à l’arrache) dans une trame qui manque cruellement de tenue et d’intérêt. Et l’humour dans tout ça ? D’un avis aussi tout aussi personnel que pour les lignes précédentes : pas vraiment drôle. Les blagues et remarques de George tombent souvent à l’eau, et pas mal de situations se voulant d’être comiques laissent bien pantoises.

  

Contrairement aux précédents épisodes, tous trois disponibles sur consoles, Les Gardiens du Temple de Salomon n’est finalement sorti que sur PC. Outre une baisse des coûts de développement, cela permit à Revolution Software de revoir sa copie suite aux nombreux retours des fans concernant le Manuscrit de Voynich, qui avait abandonné, en plus de son passage en 3D, l’approche classique à la souris pour se tourner vers un jeu d’aventure entièrement pensé à la manette, qui plus est avec pas mal de phases de plateforming un peu raides. Les avis ont été pris en compte, et c’est donc avec un certain enthousiasme que l’on retrouve un bon vieux point-and-click des familles, avec curseur, actions contextuelles, inventaire, objets à trouver et à utiliser/associer au moment opportun, personnages avec qui discuter pour récupérer informations et indices, et un bon paquet d’énigmes. Mais pas question d’oublier les séquences de plateforme et la 3D, ça non. Cela fonctionne plutôt bien, même si on pestera souvent face aux nombreux bugs de collisions qui interviennent parce que l’on a cliqué dix pixels à côté, résultant sur un héros complètement perdu qui abandonnera sa marche dans un haussement d’épaule assez rageant, coincé entre un mur et une caisse. A noter également quelques changements quant aux actions contextuelles, pourtant efficaces depuis le commencement de la série : au lieu d’assigner le clic gauche à une action spécifique et le droit à de la vérification, le premier est maintenant assigné à une action par défaut tandis que le second permet d’ouvrir un menu offrant (ou non) d’autres possibilités. Peu pratique, elle n’est pas spécialement bien amenée au joueur, puisque la première action la demandant intervient… Trente minutes après le début de partie ? Et pour courir, cette blague. Les séquences de plateforming, héritées de l’opus précédent, sont encore là, mais bien moins nombreuses, et ne demanderont que de cliquer au bon endroit pour se déplacer (avec quelques ratés, là encore). Plus globalement, du côté des énigmes, Les Gardiens du Temple du Salomon ne marquera pas spécialement les esprits, surtout avec un équilibrage aussi étrange : si certaines sont plus ou moins évidentes, d’autres sont particulièrement incompréhensibles et balancées sans plus d’indices que ça. Et c’est sans compter sur le retour des puzzles cheap. Le troisième épisode proposait de bien peu inspirées séquences de poussages de caisse à la Sokoban, et le quatrième s’est dit que mettre un peu partout des séquences de « hacking » avec un téléphone portable, où il faut rediriger un flux vers des cases, ça serait super intéressant. Manque de pot, si ça l’est un peu au début, sous le coup de la découverte, après deux ou trois itérations, autant dire que ça devient fastidieux et chiant. Vraiment dommage. Que reste t’il pour sauver un temps soit peu tout ça ? Pas grand chose au final. Graphiquement, le jeu n’est pas spécialement dégueulasse mais pas transcendant non plus, avec des décors plutôt mornes et des animations et modélisations de personnages pas vraiment convaincantes.

 

Retour aux sources en demi-teinte pour ce quatrième épisode des Chevaliers de Baphomet. Les Gardiens du Temple du Salomon aurait pu s’en sortir avec brio s’il n’accusait pas d’autant de tares : histoire peu engageante, humour peu présent, personnages oubliables, énigmes redondantes… Il ne s’agit pas non plus d’un désastre, mais Revolution Software nous ayant habitué à beaucoup mieux au fil des années, et il est donc difficile de ne pas être déçu. Pas indispensable donc, sauf pour les fans de la série qui n’ont pas encore eu l’occasion de s’y plonger. Pour les autres, autant passer directement au cinquième épisode.

Articles qui pourraient vous intéresser

Astroneer

Astroneer

Avec son rythme à la cool, Astroneer parvient, via ses quelques partis pris – univers coloré, interface utilisateur réduite au minimum, terraforming – se présente comme une expérience solide et spatiale, dans tous les sens du terme. En tant que jeu de survie, il offre un sympathique système de crafting ainsi qu’une grande modularité dans les options possibles pour construire sa base ou personnaliser ses véhicules..

Frontier : Dead or Alive

Frontier : Dead or Alive

Au moment où une console n’est plus produite et soutenue par son constructeur, les fans doivent s'en remettre à la scène homebrew. Malgré ses quarante ans au compteur, la Vectrex continue de voir des jeux arriver, et notamment grâce au studio indépendant, et britannique, Vector Republic ...

The Darkside Detective

The Darkside Detective

Bien entendu, The Darkside Detective n'est sans doute pas le jeu du siècle. Mais reconnaissons que l'on passe un bon moment, à retrouver à la fois ce charme des point'n click loufoques d'antan sans qu'on aille se prendre la tête avec les contraintes frustrantes de l'époque. Ici, on avance de façon fluide, sans fracture du cerveau, tout s'amusant du ton délicieusement grotesque du soft. Un bon jeu pour se divertir un dimanche morne où l'on sent la fatigue et/ou la maladie arriver, une boisson chaude à la main..

S'abonner
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires