Dirge of Cerberus

Dirge_of_cerberus_final_fantasy_vii_jaquette[dropcaps style=’2′]Les joueurs pensaient que Square Enix, anciennement Squaresoft, capitalisait suffisamment sur la licence Final Fantasy. Devant le culte du numéro sept, l’éditeur et développeur japonais a montré au monde entier qu’il pouvait capitaliser davantage, au travers de Compilations of Final Fantasy VII. Prémices de ce que sera Fabula Nova Crystallis, ces Compilations of FFVII se sont permis d’explorer différents genres et de s’arrêter sur des personnages jugés comme sous-exploités. Zack dans Crisis Core, les Turks dans Before Crisis, et Vincent dans Dirge of Cerberus. Héros charismatique, mais extrêmement discret, il s’offre ici une aventure riche mais dont l’orientation ne peut décemment pas plaire à tout le monde.

 

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Dirge_of_cerberus_final_fantasy_vii_artwork_01On s’était donné rendez-vous dans 3 ans…

Pendant une bonne partie de FFVII, Vincent est tourmenté par la mort de Lucrécia. Savante de génie, elle était également la dulcinée de notre héros, avant sa mort prématurée. Elle laisse derrière elle Sephiroth et Vincent transformé (en partie) en monstre. Une de ses erreurs fut de travailler avec Hojo, scientifique à ses heures perdues mais surtout psychopathe. Dirge of Cerberus nous présente la situation de Midgar lors du finish de Final Fantasy VII, tandis qu’il faut protéger la population du météore. Alors que ce dernier est stoppé par la Rivière de la Vie, les 9 protagonistes tentent de sauver le plus de gens possible dans Midgar. Pris d’un doute Vincent demande à Yuffie de scruter le Canon Mako : une vie est détectée. Ignorant les conseils de la petite ninja, notre grand ténébreux fonce sur place, grimpe les escaliers et croit apercevoir Hojo, affaibli, en train de lancer une commande sur un ordinateur. Un éclair fait vaciller l’installation, Hojo disparaît, Yuffie arrive à la rescousse, Vincent repart avec ses doutes. A-t-il réellement vu le savant fou ou était-ce le fruit de son imagination. Il n’en reste qu’un programme a bien été lancé, mais cela, tout le monde l’ignore…

Le prologue reprend 3 ans plus tard. Midgar Edge est en fête. Les rues sont décorées, les gens dans la rue. Vincent reste prostré, comme à son habitude, dans son appartement, avec, en guise de fond sonore, les informations déplorant la disparition de 38 personnes suite à des fouilles dans les taudis de l’ex-Midgar. Etrange. Pas le temps de s’arrêter dessus, les rues sont prises d’assaut par des soldats farouchement équipés ainsi que des hélicoptères tirant à vue. Il est temps pour Vincent d’intervenir et de découvrir qui sont ces soldats aux allures et combinaisons inédites.[/dropcaps]

Action- RPG ? Beat’em all ? FPS ?

Dans quel genre faut-il placer Dirge of Cerberus ? Au croisement des trois. Les équipes de Square Enix ont pratiqué ce que l’on appellera, quelques années après sa sortie, une hybridation des genres.


Dirge_of_cerberus_final_fantasy_vii_003Beat’em all ?

Vous avancez tout poing dehors pour matraquer du méchant à l’intelligence souvent aux fraises, le tout encapsulé dans une progression par zone. Un genre fortement apprécié par les joueurs Arcade, modernisé par Devil May Cry en 2001… Square s’était déjà essayé à l’action par le passé mais sans grand succès. L’arrivée des Devil May Cry les a semble-t-il reboosté pour offrir un jeu musclé aux fans de la série. Chaque niveau de Dirge of Cerberus est découpé en salles plus ou moins grandes. Souvent, des barrières électriques vous empêchent de de passer. Seule solution : trouver la clé magnétique détenue par le dernier ennemi de la zone. Peu original mais efficace. DoC hérite malheureusement de la répétitivité inhérente au genre et demande de répéter ce schéma une grande majorité du temps. Vincent utilise naturellement ses deux flingues pour se battre, mais une fois transformé en Chaos, DoC semble proposer, justement, un hommage appuyé au titre de Capcom. Héros massif, combat au corps à corps et technique indispensable face aux boss… Le jeu est découpé en chapitres. A la fin de chacun, vous aurez un classement vous donnant votre total de points. Selon votre nombre de morts, nombre d’adversaires terrassés, votre temps, le nombre d’objets utilisés et une demi-douzaine d’autres statistiques, vous aurez une note qui se convertira alors en points à rajouter en xp ou gils. Square Enix ne renie pas complètement son ADN…

Dirge_of_cerberus_final_fantasy_vii_001TPS ?

Le contrôle de Vincent nécessite l’utilisation des deux sticks en simultané, l’un pour avancer, l’autre pour la vue. Le saut, les coups de poing, l’accès au menu et s’accroupir sont les actions attribuées aux touches d’action habituelles de la manette. Lorsqu’un ennemi se présente, réflexe : appuyer sur R1. La caméra se placera alors sur l’épaule de Vincent, à l’image de ce que proposent Resident Evil 4 ou Cold Fear sauf que le personnage a toujours accès à toutes ses actions habituelles. Un viseur semi-automatique apparaît alors à l’écran pour améliorer le confort de visée. Pour changer d’arme, le bouton L2 est réquisitionné, R2 servant à recharger. La touche SELECT permet carrément de passer en vue subjective. Peu pratique, elle reste toutefois de l’ordre du gadget. Un principe de contrôle plutôt classique pour un Third Person Shooter.

Action-RPG ?

Square ne peut cacher ses préférences et octroie à son jeu un panel de possibilités très proches de celles des RPG. Le héros, en plus de posséder des jauges classiques, a un total de HP et de MP, tout comme les ennemis. A chaque attaque portée, les HP volent à la place de giclées de sang. Square Enix oblige.
C’est quand on se dirige dans les menus que l’influence est la plus grande puisque toutes les armes sont customisables. Il faut bien comprendre qu’à l’exception de celle de base, toutes les armes du jeu sont à monter soi-même. Vous assemblez la crosse à un canon, lui rajoutez une materia et autres lunettes qui font augmenter ou diminuer ses stats. Concrètement, il vous est possible d’allier une crosse de fusil à pompe à un canon de snipe et à une materia feu. Les possibilités ne sont pas infinies mais il y a tout de même de quoi s’amuser, même si, une fois vos armes bien configurées, vous ne les changerez alors qu’occasionnellement. Il est possible d’acheter des upgrades au magasin. Accessible à chaque fin de chapitre et durant le jeu par des jukebox, il vous permet d’échanger vos gils durement glanés contre des améliorations, du matériel et surtout des items. C’est donc des potions, queue de phénix, Ex-potions, ether et autre elixirs auxquels vous aurez le droit. En nombre limité dans l’inventaire (heureusement), ils vous permettront de vous soigner durant le jeu. Dernier point faisant achevant le lien avec le RPG : le gain d’expérience. En fonction de votre classement, vous pouvez convertir les points en gils ou en xp.
Dirge_of_cerberus_final_fantasy_vii_005N’est pas Capcom qui veut

Globalement simple, Dirge of Cerberus propose des pics incompréhensibles de difficulté. Il est préconisé de débuter l’aventure directement en “Difficile” sous peine de se retrouver en camp de vacances pour loup garou has been. Les Deepground Soldiers – assez peu variés il faut bien l’avouer – n’y sont pas plus intelligents mais les dégâts obligeront au moins à se concentrer un minimum. En revanche, certains passages (comme le dernier affrontement contre Rosso) peuvent même se transformer en cauchemar tant certains bugs de comportement peuvent vite devenir irritants, voire générateurs de Game Over intempestifs. Les phases d’action ne sont pas aussi poussées que les ténors du genre, mais elles n’ont pourtant pas à rougir complètement et offrent suffisamment de précision pour ne pas frustrer le joueur.

Passé le gameplay répétitif, Dirge of Cerberus propose un scénario intéressant mais par instant bien trop Vincentrique (on se fait plaisir), au point de décrédibiliser le reste du casting de Final Fantasy VII, au point surtout de montrer un Cloud se reposant entièrement sur Vincent, Cloud, l’homme ayant terrassé Sephiroth et Bahamut dans Advent Children. Le jeu aligne les cinématiques intéressantes, mais des références loupées. Impossible de ne pas voir la principale qualité du titre et mise en avant : son fan service. Même univers, donc personnages récurrents, décors marquants de retour – tels que le manoir Nibelheim ou le cimetière de trains de Midgar. Les noms des armes et matérias rappelleront eux-aussi des souvenirs aux amateurs. Les amoureux du personnages seront heureux d’apprendre tous les détails sur sa relation avec Lucrécia, les origines de sa métamorphose ou encore sur le docteur Hojo. Le casting est tellement bon, avec des boss suffisamment marquants, pour s’imposer comme un épisode indispensable dans la mythologie Final Fantasy VII.

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Indispensable ?

[section id= »conclusion » style= »border:1px solid white;padding:10px;overflow:auto;background-color:#00a0db;color:#FFFFFF; »]Bien évidemment. Le fan de Final Fantasy VII se doit de se lancer dans Dirge of Cerberus. Le fan service fonctionne à merveille. Le jeu apporte réellement un autre regard sur les événements pour la plupart à peine abordés dans le jeu d’origine. Certains y verront peut-être juste un moyen de surfer sur la vague, pourtant, DoC était une vraie prise de risque pour Square. Car sous ses airs de beat’em all, se cache un titre ambitieux, à la réalisation plutôt léchée pour la console, creusant un pan de l’histoire pas forcément simple à aborder. Le jeu, dont l’hybridation sera monnaie courante les années suivantes, intégrait qui plus est un mode en ligne plutôt ambitieux pour l’époque, et pour les plus fortunés du lot puisque nécessitant à la fois le modem et un abonnement mensuel. Il ne faut pas non plus oublier la très bonne performance de Masashi Hamauzu (SaGa Frontier 2, Final Fantasy XIII), dont quelques pistes rappellent inévitablement d’autres de ces travaux (“A proposal”). Et puis la fin cachée du jeu révèle l’existence d’un tout nouveau personnage qui sera au centre de l’intrigue de Crisis Core[/section]