Scanner Sombre
Appréciation 3

Scanner Sombre assure au final plutôt bien son job en proposant une plongée dans un monde jamais accueillant malgré tous ces points multicolores, et ce grâce une convaincante et glaçante atmosphère sonore, appuyée par des thématiques pas toujours sympathiques à associer avec les ténèbres. On aurait cependant aimé que le titre aille plus loin dans sa démarche.

Résumé 3.0 Correct

Scanner Sombre

Depuis son ouverture en 2001, le studio indépendant Introversion Software s’est essayé à de nombreux types de jeux, avec en début de carrière la simulation de hacking avec l’étonnant Uplink, pour enchaîner sur de la stratégie avec notamment le culte Darwinia et le glaçant DEFCOИ, puis s’est dernièrement attaqué à la gestion avec Prison Architect. C’est en parallèle du développement de mises à jour pour ce dernier que naquit Scanner Sombre, leur propre vision vision du jeu d’aventure à la première personne, genre très populaire depuis les années 2010 avec d’excellentes productions comme Gone Home, Everybody’s Gone to the Rapture, Firewatch, ou encore Virginia. Pour cette expérience, nous pouvons assurément dire qu’une fois encore, le développeur a réussi son pari de proposer de l’originalité, mais peut-être pas de la manière la plus aboutie.

Dans Scanner Sombre, nous incarnons un spéléologue qui s’est mis en tête de découvrir les secrets d’une bien profonde grotte, et nous démarrons notre aventure dans la chaleureuse lumière d’une tente de camping plantée au fin fond de l’antre naturelle. Notre explorateur est en effet à recherche de traces d’une mystérieuse secte qui se serait adonnée, dans le passé, à de macabres rituels dans ces sombres profondeurs. On sortira donc rapidement de notre cocon éclairé pour affronter une obscurité tout aussi enveloppante, mais pas dans le sens le plus rassurant du terme. Heureusement, nous serons rapidement affublés d’un casque de réalité augmentée ainsi que d’un bien étrange pistolet, qui constitue finalement la pièce maîtresse du gameplay proposé par le titre. Faisant office de scanner dit “libar”, l’ustensile permet de mitrailler de lasers le décor environnant, pour faire apparaître au fur et à mesure, via une multitude de points, parois, rochers, stalactites et stalagmites, crevasses, mais aussi tout relief ou élément pouvant se rapprocher à une ancienne occupation humaine : statues, ponts délabrés, machines… Le résultat est visuellement déroutant et assez stupéfiant, mais surtout très, très coloré, ce qui apporte un caractère plutôt sécurisant à une ambiance au demeurant claustrophobique. On notera un certain souci du détail (disons…technique) dans cette projection, avec notamment le fait que les points de couleur ne s’accrochent pas aux surfaces aqueuses ou encore que des ombres seront créées à partir d’objets placés dans la trajectoire du mitraillage. On pourra également constater, en se retournant, TOUTE la topographie de la grotte scannée jusqu’alors, au grand dam de la carte graphique qui s’occupe de faire tourner le jeu et qui n’appréciera pas vraiment cette superposition de “textures” et de reliefs.

De la balade et de l’exploration, à révéler son environnement pour en découvrir les nombreux secrets, sans tomber dans un précipice, est donc ce qui nous attend principalement dans Scanner Sombre, avec de temps à autre la découverte d’une nouvelle pièce d’équipement pour notre scanner, quelques phrases de monologue balancées ça et là, ou de bien étranges apparitions et parasites visuels, que notre chercheur attribue apparemment à des bugs de son outillage… A moins qu’il s’agisse… D’autre chose ? On laissera aux moins phobiques l’opportunité de se faire une idée sur la question. Cela sera l’occasion d’apprécier l’ambiance sonore particulièrement réussie du titre, qui apportera à chaque pas de quoi frémir davantage dans cette obscurité paradoxalement colorée mais absolument pas bienveillante, avec une palette bien fournie de sons et une bande-son envoûtante, parfois même onirique. A savourer dans le noir, avec un casque sur les oreilles.

Scanner Sombre assure au final plutôt bien son job en proposant une plongée dans un monde jamais accueillant malgré tous ces points multicolores, et ce grâce une convaincante et glaçante atmosphère sonore, appuyée par des thématiques pas toujours sympathiques à associer avec les ténèbres. On aurait cependant aimé que le titre aille plus loin dans sa démarche en proposant une narration plus touffue, les tenants et aboutissants étant ici un peu jetés à la va-vite, et surtout en offrant davantage de situations permettant d’utiliser les différentes options de scanner proposées, au travers de puzzles par exemple. Nous nous contenterons donc de deux heures de pure exploration, certes intéressantes, mais dont on retiendra qu’il manquait quand même quelque chose.

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