Power Blade
Appréciation 3

Dans la famille des jeux aux jaquettes aux illustrations complètement badass, je demande Power Blade ! Un jeu sympathique à découvrir, avec de la bonne plateforme, une difficulté pas exceptionnelle et d’excellentes musiques signées Kinuyo Yamashita (Castlevania, Parodius, Mega Man X3).

Résumé 3.0 Correct

Power Blade

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Dans la famille des jeux aux jaquettes aux illustrations complètement badass, je demande Power Blade, sorti sur cette chère Nintendo Entertainment System en 1992 alors que la console commençait à vivre ses derniers bons moments. Plus sérieusement, la boite du jeu a toujours de quoi attirer l’oeil du joueur en quête d’un peu de retrogaming inédit avec son inspiration certaine pour un certain Terminator, lunettes et posture stoïque à l’appui. Les explosions au fond, ça aide aussi. Mais ceci peut cacher un piège et nous révéler un jeu complètement bidon voir bien à chier. Autant dire de suite que si Power Blade n’a pas révolutionné le jeu-vidéo, il reste un jeu de choix à découvrir.

Avant de nous attaquer à l’histoire dans le jeu, attardons nous à l’histoire du jeu. Power Blade est une relocalisation complète d’un certain Power Blazer, sorti en 1990 sur Famicom, avec lequel il partage un gameplay et des musiques identiques, mais pour le reste, absolument TOUT a été refait, que ça soit le héros, qui passe d’un personnage bedonnant et rigolo à type musclé, la conception des niveaux, totalement revue et repensée, des contrôles améliorés, pour offrir au final un jeu radicalement différent en apparence mais finalement pas tant que ça dans son design. Mais voilà bien une démarche que l’on trouvera bien étrange de nos jours, rien que pour les coûts que cela devait engranger, et ce malgré la réutilisation d’un moteur déjà codé et probablement bien rodé. M’enfin, sur une échelle de 1 à Agetec, on ne s’en sort pas si mal. Les connaisseurs de S.O.S. The Final Escape comprendront.

Power Blade versus Power Blazer

Power Blade (NES) versus Power Blazer (Famicom)

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Mais revenons à Power Blade, la version occidentalisée donc et partons pour les années 2191, sur la Nouvelle Terre. Nous incarnons N.O.V.A., l’officier en chef de la sécurité d’un super ordinateur. Ce dernier est visiblement en charge de la gestion de multiples structures comme l’agriculture automatisée ou celle de silos de missiles qu’on imagine nucléaires. Le problème c’est que celui-ci est maintenant aux mains d’aliens qui – on s’en doute – vont tout faire pour le détraquer et faire tout exploser. Et c’est en conséquence à N.O.V.A. que revient la mission d’aller leur faire comprendre qu’on joue pas avec les ordinateurs des humains comme ça, et que ça va mal aller pour leur matricule… A coups de boomerangs dans la tronche!

nes_power_blade_01Autant de pas trop tergiverser pour définir ce qu’est le jeu, puisque qu’il est facile de comprendre dès les premières minutes de tapotage de boutons : un bon vieux plate-former des familles, inspiré sans aucun doute par Mega Man. Ni plus, ni moins. Les inspirations avec le jeu de Capcom ne tromperont personne, mais le développeur de Power Blade, Natsume, ne s’est pas simplement contenté d’en reprendre la base et la précision, puisqu’on peut voir ici et là plusieurs changements dans le déroulement du jeu. Tout débute par le choix d’un niveau – sept au total – dans lequel on devra trouver, avant de se rendre au boss, de quoi ouvrir la porte de son repaire. Il faudra pour pour cela trouver un espion qui s’est caché quelque part, non sans avoir envoyé six pieds sous terre au moins une trentaine de gus qui montent la garde et dont le but est évidemment de vous arrêter. On notera d’ailleurs ces espions n’ont pas vraiment compris ce qu’était la discrétion, cette chose si indissociable de leur métier, puisqu’ils agitent les mains pour que vous les repériez facilement. Une fois la clef récupérée, il n’y aura plus qu’à trouver le repaire du boss, lui exploser sa tête, et débloquer un verrou qui permettra au final d’accéder au super ordinateur. Très simple donc. Notre héros, qui n’aime visiblement pas les armes à feu, est donc affublé d’un boomerang qu’il pourra lancer dans de multiples directions, diagonales incluses. Il sera possible de récupérer moult boosts pour améliorer cette arme, qui vont de l’augmentation de la puisse ou de la distance avant de retour, en plus de la possibilité de pouvoir en lancer davantage en une pression de bouton. Chouette. En cas de coup dur, on trouvera par terre des hamburgers (BIEN SUR), qui requinqueront notre vie, ainsi que – bien plus rarement – une imposante armure qui lui conférera une force encore plus surhumaine.

nes_power_blade_03 Cela est bien beau et plutôt sympa à jouer, mais tout ceci reste plutôt classique. On pourra cependant compter sur un level-design de qualité qui change quelque peu des classiques du genre : au lieu de ne proposer qu’une progression dans les niveaux parfaitement linéaire, avec un chemin bien défini, la conception des tableaux dans Power Blade propose plusieurs chemins pour se rendre aux principaux objectifs, avec des raccourcis et des passages plus ou moins ardus. Au joueur de s’y retrouver, sachant qu’on ne sera jamais vraiment perdu. Mais cela s’arrête finalement là. Le jeu n’est absolument pas difficile dans son mode « Normal » et pourra être torché rapidement. La difficulté « Expert » sera davantage du niveau des autres jeux de la console, ce qui fera plaisir aux plus avertis. Et il sera difficile de pester sur quoi que se soit sur ce jeu : graphiquement c’est propre et coloré, avec pas mal de variations dans les ennemis aux corpulences différentes, et l’animation du héros est juste ridiculement géniale. Niveau contrôles, le développeur s’est heureusement bien inspiré de la précision des jeux Capcom pour nous pondre un jeu maniable, avec du répondant, un peu d’exigence dans l’estimation des sauts, ou encore une totale absence d’inertie. On notera enfin, et excusez moi du peu, que les musiques du titre sont vraiment excellentes et rythmées, et sont signées par Kinuyo Yamashita, à qui l’on dit doit notamment les musiques des premiers Castlevania et Parodius, mais aussi d’Arumana no Kiseki sur Famicom Disk System, ou encore Maze of Galius et Nemesis 2, pour ceux qui ont pu tâter du MSX. On va dire que rien que pour ça, Power Blade et son pendant japonais valent au moins le coup d’être écoutés.

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Que dire de Power Blade pour conclure? Et bien! S’il ne fera pas date dans les titres révolutionnaires de la NES, il s’avère être un jeu très sympathique et appréciable pour son level-design de qualité et sa bande-son entrainante. Puis exploser du méchant avec un boomerang, c’est pas vraiment courant. Pour découvrir les joies du retrogaming, il est parfait : facile, maniable et rigolo, il saura trouver sa place dans toute ludothèque ou pour passer un petit début d’après midi pas prise de tête. Et c’est bien là l’essentiel.

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