Initial D : Extreme Stage
Appréciation 3

Il serait facile de se dire que Sega s’est reposé sur ses lauriers en sortant un jeu à la réalisation indigne d’une Playstation 3, au gameplay raté et à la durée de vie minimaliste afin de profiter de l’engouement provoqué par la série. Beaucoup franchiront le pas et le diront, pendant que les fans y verront un jeu fidèle à l’original, par moment palpitant et offrant une bande-son de qualité. A vous de voir si vous appréciez suffisamment la série pour faire abstraction, ou non, des tares du jeu

Résumé 3.0 Correct

Initial D : Extreme Stage

Les fans attendaient les doigts fébriles et les yeux hagards l’arrivée de leur série animée fétiche, Initial D, sur consoles nouvelle génération. Comme pour les volets sur Playstation 2, PSP et Arcade, c’est Sega qui s’y colle. Au programme, du bitume, des courses, des voitures à customiser et le design de Noboru Furuse (designer de l’animé). Autant vous dire tout de suite que les amoureux de la série seront aux anges. Le contenu de l’assiette n’est cependant pas à la hauteur de son alléchant menu…

Initial D Extreme Stage n’est en effet pas un jeu de course comme les autres. Ses codes, sa conduite et son univers sont dictés par ceux du manga et de la série animée. Parue en 1995 dans les pages du Young Magazine et diffusée depuis 1998 sur les ondes japonaises, cette œuvre aux multiples supports a su rallier un public friand d’aventures routières et de défis urbains hors du commun. Il faut dire que Takumi représente le jeune japonais moyen. Simple, à la personnalité relativement anodine, il n’écrase personne de son charisme. Pourtant, son apparent don pour la conduite automobile, développé lors de ses quotidiennes livraisons de Tofu, va très vite le propulser sur les routes nippones pour y relever les défis les plus fous et surtout affronter les plus féroces adversaires. Le jeu de Sega nous propose donc d’entrer dans la peau de ce personnage et de vivre ses folles péripéties clandestines. Car oui, les courses se déroulent en général à l’abri des regards indiscrets et sans l’approbation des autorités locales.

Mais avant de rendre vos rêves de victoire réels, il vous faut débuter tout en bas de l’échelon. Le jeu de Sega vous invite d’ailleurs à vous définir un avatar. Vous pouvez soit créer un héros ressemblant à Takumi soit vous en faire un bien à vous. L’éditeur permet de modifier la coupe de cheveux, ainsi que les traits du visage, le sexe et le nom. Tout ceci peut sembler minimaliste, et c’est le cas, mais devant le peu d’impact que cette phase a sur le cours du jeu, il faut reconnaître qu’on la passe très vite pour se concentrer sur le choix de la voiture. Vous pouvez opter pour l’un des modèles présentés, tous issus de marques connues. MR-2 G-Limited, Civic Type R, Lancer RS Evolution IV, Impreza WRX type R, Skyline GT-R ou encore l’emblématique Sprinter Trueno GT-Apex. Ce sont au total vingt-deux voitures qui peuvent être choisies, réparties en 4 types de conduite FF, FR, MR et 4WD, respectivement dans notre jargon francophone : moteur avant avec traction avant, moteur avant avec propulsion arrière, moteur central avec propulsion arrière et enfin, 4 roues motrices.

Ces quatre genres permettent, en théorie, d’offrir des comportements de voitures totalement différents et surtout un tant soit peu de diversité dans leur prise en main. Dans les faits, la nuance est trop subtile, la Trueno aimant autant survirer qu’une Impreza. Vous vous retrouvez donc au volant de véritables savonnettes qu’il faut réussir à amener jusqu’à l’arrivée programmée en général 3 ou 4 sections plus loin. Deux vues sont à votre disposition, externe et interne. L’externe est injouable tant la voiture est délicate à piloter, l’interne s’avère plus confortable mais dénuée de tout artifice graphique et autre tableau de bord. Le jeu est pourtant compatible avec les volants PS3, ce qui aurait pu être source d’immersion… Sega et Cavia en ont décidé autrement. Il faut dire qu’Initial D Extreme Stage ne fait pas réellement dans l’exhaustivité. Trois modes de jeu – Histoire, Course contre la Montre et Ralenti – aucun mode deux joueurs mais un mode online et seulement une trentaine de défis remplissent les menus. Même si le challenge s’avère relevé pour les derniers adversaires, il faut reconnaître qu’un peu de générosité de la part des concepteurs aurait été la bienvenue. Fait amusant : les courses sont scriptées. Entendez par là que votre opposant faiblit « volontairement » sur certaines portions du circuit pour enclencher un miraculeux turbo (auquel vous n’avez pas droit). Si ce système a évidemment pour but de décupler le suspense, il a la désagréable particularité d’ôter tout sentiment d’aléatoire dans les courses. Bref, l’intention est bonne, mais l’insertion maladroite.

Ce genre de souci survient également dans les possibilités de customisation. A l’instar d’un Wangan Midnight ou d’un Need For Speed, il est possible de modifier sa voiture pour qu’elle en impose davantage. Aileron, bas de caisse, moteur, transmission, batterie, pare-chocs font partie des multiples points de la voiture pouvant être triturés. Malheureusement, si visuellement l’effet est au rendez-vous, les modifications plus techniques ne sont pas spécialement perceptibles. Posséder le moteur de départ ou le step-4 ne changera pour ainsi dire rien au maniement ou à la vitesse du véhicule. Sans compter que ce dernier ne dispose d’aucun écran de caractéristiques ou de statistiques. Certes, il ne s’agit pas d’une simulation à la Gran Turismo, mais la moindre des choses aurait été de nous afficher le nombre de chevaux sous le capot ; d’autant plus que toutes ces altérations vous coûtent les maigres deniers remportés au fil des courses.

Rassurez-vous, tout n’est pas noir non plus puisque Sega a fait attention à respecter un minimum l’œuvre d’origine. Les personnages inhérents à l’histoire répondent présents, design et voix identiques. Ils sont modélisés dans un semblant de cel shading pixellisé au beau milieu de décors à la 3D bien pauvre, ce qui peut en choquer quelques-uns, il est vrai, leur évoquant non sans nostalgie les jeux de courses PS2. Mais si la réalisation ne brille pas, elle a au moins le mérite de disposer d’une personnalité tout à fait en adéquation avec la série et nous offrir une réelle fenêtre sur des décors purement japonais. Dépaysement garanti. Cerise sur le gâteau : vos courses sont accompagnées de pop japonaise, toujours comme dans l’anime.

Il serait facile de se dire que Sega s’est reposé sur ses lauriers en sortant un jeu à la réalisation indigne d’une Playstation 3, au gameplay raté et à la durée de vie minimaliste afin de profiter de l’engouement provoqué par la série. Beaucoup franchiront le pas et le diront, pendant que les fans y verront un jeu fidèle à l’original, par moment palpitant et offrant une bande-son de qualité. A vous de voir si vous appréciez suffisamment la série pour faire abstraction, ou non, des tares du jeu.

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