Pictopix
Appréciation 4

Inutile et par conséquent indispensable, voilà ce qu’on pourrait dire du Picross. Alors bien sûr, ce n’est pas donné à tout le monde d’apprécier le concept et d’être au fait des mécaniques de réflexion particulières qui y sont liées. Le plus simple reste d’essayer et, à ce niveau-là, Pictopix s’avère être un très bon début. A la fois didactique et bourré de challenge, il sait occuper son monde, qu’il soit débutant ou initié. Certes, il n’a pas la gratuité d’un jeu flash mais son côté attractif, intelligent et suivi de son développeur vaut sans doute bien d’ouvrir son portefeuille pour une somme si dérisoire par rapport au contenu proposé véritablement énorme en l’état et encore susceptible de gonfler dans le futur si la communauté s’en donne les moyens.

Résumé 4.0 Très bon

Pictopix

Parfois, on se demande bien pourquoi l’industrie vidéo-ludique s’emmerde à injecter de grosses sommes d’argent pour des gros jeux triple A qui tentent de repousser et exploiter la technologie du support en question dans ses derniers retranchements. Pourquoi ? Parce qu’on a tous nos petits péchés mignons de petits jeux randoms et minimalistes sur lesquels on adore perdre notre temps. Dans le genre, on peut voir monsieur et madame tout le monde agglutiné sur son smartphone devant Candy Crush Saga au moindre instant de répit. Un peu comme Mamie occupe son temps sur ses carnets de Mots Croisés/Fléchés. Ou même toute cette génération qui a perdu un temps incroyable sur Tetris au cabinet à l’heure critique de la grosse commission. Ou encore ces fameux Solitaire et Démineur qu’on adorait lancer dans les grands moments de fainéantise lorsque Microsoft les intégraient de base à tous ses systèmes d’exploitation, histoire d’éviter de bosser tout en faisant semblant. Parmi tous ces petits passe-temps que le plus fier et acharné des gamers appellera « plaisir coupable », on peut citer le Picross. Parce que cette connerie a beau être casu et inutile, ça n’en demeure pas moins un triturage de matière grise sur grilles édifiant et véritablement addictif. Encore faut-il trouver le bon larron qui exploite bien le filon. Parce que n’est pas Mario’s Picross qui veut. Aujourd’hui, c’est Pictopix, développé de par chez nous, en France, qui tente de se faire une place dans son sillon, et espère bien gommer les plus mauvais prétendants du genre que l’on voit à perte de jeux flash et applis smartphone du pauvre.

A quoi ça ressemble ?

Des grilles, des cases grisées et des croix sous fond de musique apaisante, typé jazz ou bossa nova d’ascenseur. Point d’originalité à ce niveau et honnêtement, on s’en fiche un peu dans le sens où tout est parfaitement lisible et clair, sans se perdre dans des chichis rendant l’écran digne d’une usine à gaz surchargée et brouillonne. Le seul souci que l’on pourra relever à ce niveau est le choix d’images pour les petites et moyennes grilles pas forcément évidentes à identifier par rapport à d’autres jeux du genre, que cela soit en cours de résolution du puzzle qu’après coup lorsqu’elle se révèle complètement. En revanche, le fait d’y avoir mis un peu de couleurs, quand bien même elles restent très simples, rend l’interface moins austère et donc plus agréable.

Comment ça se joue ?

Si Pictopix propose le choix de jouer à la manette ou à la souris, l’une ou l’autre des possibilités se révèle simple à prendre en main, même si le second s’avère sans surprise plus efficace. Un bouton pour griser, un autre pour y mettre une croix, et un dernier – la molette pour la souris – pour y mettre un équivalent de point d’interrogation. Bref, rien de bien compliqué. Pour le principe du Picross en tant que tel, cela reste également fort bête sur le papier : un peu à la croisée des chemins entre un démineur et un sudoku, le but est de réussir à griser les cases de la grille qui dévoilera progressivement une illustration plus ou moins complexe selon la taille et difficulté du puzzle. Pour ce faire, des chiffres aux extrémités des lignes et colonnes nous aiguillent sur le nombre de cases à griser dans chaque sans qu’ils ne viennent pour autant nous dire l’espace entre chaque groupement de cases grisées. Si l’habitué trouvera très facilement ses marques, le profane y trouvera également son compte puisque le jeu contient un petit tutoriel plutôt bien fichu et pas forcément très long à terminer, afin qu’il puisse comprendre toutes les mécaniques de réflexion liées à l’exercice. D’autant plus qu’il est possible d’activer des aides afin de mettre en surbrillance les endroits où l’on peut compléter la grille à l’instant T et autres lignes/colonnes complétées. A ce niveau Pictopix s’avère très didactique, quel que soit son niveau de base lorsqu’on l’appréhende, du total débutant à l’initié pas forcément rôdé aux grilles complexes. A noter un éditeur de niveau tout aussi simple à prendre en main, permettant d’ajouter ses contributions et ainsi gonfler de manière notable la durée de vie.

Pourquoi on en parle ?

En soi, Pictopix ne propose pas grand-chose de plus par rapport aux bons représentants du genre. Malgré tout, on lui notera les bons points d’une interface colorée moins austère que le sempiternel noir et blanc, le rendant plus attractif à l’œil. Si l’on peut regretter quelques petites/moyennes grilles un peu abstraites en terme d’illustration finale – le plus grisant dans un Picross restant de la voir se dévoiler sous nos yeux et d’en identifier la nature avant même de l’avoir achevée – on lui accordera le bon point de proposer en revanche des puzzles intelligents, s’appuyant très rapidement sur les mécaniques de réflexion les moins évidentes. Alors que beaucoup de représentants du genre se complaisent à blinder leur soft de grilles plutôt simples et évidentes aux trois quarts pour un dernier quart vraiment retors. Ce qui explique que le système d’aide, bien pensé pour nous aiguiller sur la résolution d’un puzzle, pourra s’avérer le bienvenu, même pour un joueur ayant un peu de bouteille dans la discipline, d’autant plus qu’on a tôt fait d’arriver à un stade où la moindre erreur d’inattention ne pardonne pas et incite à recommencer complètement depuis le début, plutôt que d’essayer de trouver sa faute. La durée de vie est plus que conséquente, d’autant plus que son développeur, suivant de très près son projet avec de fréquentes mises à jour et corrections, a rajouté pas mal de grilles de taille imposante il y a peu au jeu de base qui dure une bonne soixantaine d’heures. Et si cela ne suffit pas selon vous à justifier des 7 euros affichés, allez fouiner du côté de l’éditeur de niveaux, plutôt bien fourni au moment où j’écris ces lignes, que ce soit en créateur ou en joueur, cela devrait vous occuper pour un bon moment.

 

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