Deepak Fights Robots

Tout va pour le mieux pour Deepak, petit gratte-papier de la société Wondertech, bien coincé être sa chaise et son clavier à réitérer sans cesse l’éternelle routine voiture-boulot-dodo. Enfin… Peut-être pas cette fois-ci. Un robot nommé RoboPimp 5000 se présente à lui, habillé d’un étrange costume semblant tout droit sorti de Saturday Night Fever. Ni une ni deux, ce dernier envoie notre héros dans la « caverne des robots », avec pour seule mission de survivre. Pourquoi? Aucune idée. C’est en tout cas un défi qui s’annonce trippant et totalement groovy!

Dernier jeu en date du très excentrique Tom Sennett, jeune développeur responsable (avec un certain Matt Thorson) de l’excellent RunMan, Deepak Fights Robots se veut être un hommage non dissimulé à Bubble Bobble, le plateformer culte de Taito (à ne pas confondre avec Puzzle Bobble), mais dans un enrobage bien plus original. Avec des décors aux formes improbables aux couleurs flashies et la présence d’une bande son typée rock psychédélique avec de la sitar en voulez vous en voilà, le jeu dégage une ambiance totalement décalée et offre un voyage délirant dans les années 70, un trip très crayonné et assumé qui ne plaira vraisemblablement pas à tout le monde. Outre son univers fortement coloré, on retrouvera de nombreuses références à d’autres jeux-vidéo voir à de célèbres memes du net : entre les répliques bien senties de certains robots, on connaîtra entre autres un certain grand singe qui aime toujours balancer des tonneaux, mais aussi un des personnages de VVVVVV qui n’hésitera pas à remettre en cause toute théorie sur la gravité pour se jeter sur notre héros.

On reconnaîtra rapidement le gameplay du grand classique de Taito, même si ici Deepak ne crachera pas de bulles pour vaincre ses ennemis. Il n’est en fait pas du tout armé, et devra esquiver les attaques de ses assaillants et éviter le moindre contact avec eux (ils sont collant et agressifs, autant le dire), le manquement à ces principes équivaudra à une mort directe. Pas de panique non plus, le jeu offre autant d’essais que nécessaire et ne retirera en guise de punition que les bonus récoltés jusqu’alors. Pour progresser de niveaux en niveaux, il faudra récupérer trois petits power-ups méticuleusement disposés qui débloqueront l’ultime item à choper. Cet objet salvateur changera notre personnage en super-héros prêt à voler et à envoyer les robots à la casse, explosions multicolores et onomatopées à l’appui. Deepak sera par ailleurs aidé de plusieurs animaux (note : tous les êtres vivants du jeu portent des lunettes), pour sauter plus haut, vider l’écran de toute nuisance ou tout simplement bénéficier d’une protection supplémentaire, le courageux animal se sacrifiant pour vous.

De nombreux autres bonus, surtout alimentaires, apparaîtront ici et là pour venir gonfler le score global que l’on pourra éventuellement graver accompagné de son nom sur le grand mur de marbre du classement en ligne, si possible tout en haut. Pas spécialement long, Deepak Fights Robots comporte environ soixante-dix niveaux à la difficulté croissante qui s’enchaînent à un rythme effréné jusqu’au magnifique « combat final ». Particulièrement bien conçus, ils misent beaucoup sur l’utilisation des plafonds et des bords qui semblent reliés par une boucle inter-dimensionnelle. Ou quelque chose dans ce genre… Vous voyez Super Mario Bros. 2, VVVVVV ou tout simplement (et toujours) l’illustre Bubble Bobble ? C’est le même concept, toujours aussi déroutant et rigolo. Selon les performances du joueur, qui seront à n’en pas douter de plus en plus excellentes, on n’empruntera jamais le même chemin à chaque nouvelle partie, chaque niveau contenant trois variantes sobrement nommées A, B et C. De quoi retenter l’aventure plusieurs fois pour arrondir son score, en somme.

Deepak Fights Robots propose un gameplay finalement assez classique et ô combien efficace, mais aussi et surtout un univers psychédélique et bizarrement addictif… Enfin, pour ceux qui comprendront et qui voudront prendre part à ce délirant trip pixelisé. Aussi original graphiquement que musicalement, cet hommage coloré aux petits dragons cracheurs de bulles est assez court, mais propose une replay-value assez conséquente vu l’enchaînement astucieux de ses niveaux au level-design de grand goût. Seul son prix – 10 dollars tout de même – pourra freiner certains acheteurs un peu frileux. Pour les autres, rendez-vous sur le site officiel dédié au titre (qui tournera dans n’importe quel navigateur supportant Flash). C’est du bon, et c’est légal !