Old Man’s Journey
Appréciation 4

Old Man’s Journey a beau être ce genre de petit jeu trop cher par rapport à sa durée de vie au ras des pâquerettes, il n’en demeure pas moins charmant. Direction artistique très réussie, gameplay simpliste qui fait son boulot et n’est pas aussi prétexte qu’il n’y paraît sur le papier tant il vient renforcer l’atout principal qui le fait se démarquer : mettre en lumière un protagoniste âgé. Pour lequel on n’ira pas forcément dire que ce sera notre « nous du futur », même si l’on ne pourra cacher qu’on espère tenir sa même forme physique et détermination lorsqu’on parviendra à son âge. Mais qui nous touchera tant l’on pensera à notre propre papy, ce qui fera que l’on mettra un point d’honneur à l’aider tout au long de son périple à lui aménager son trajet pour qu’il puisse arriver à sa destination. Avec toujours ce plaisir aussi indiscret que coupable de découvrir les tenants et aboutissants de cette petite histoire ordinaire et intimiste.

Résumé 4.0 Très bon

Old Man’s Journey

S’il y a bien une chose que j’apprécie dans le jeu vidéo actuel, c’est d’avoir su repousser des limites tacitement établies depuis les tout débuts du médium. Parmi toutes ces frontières pré-établies, on pourra parler de ce schéma qu’on doive incarner un gros badasse – ou en phase de le devenir selon les styles – qui vit des choses extraordinaires, le tout dans un univers surréaliste à mille lieux de nos réalités. C’est qu’après tout, on se réfugie dans le jeu vidéo pour s’évader, oublier un peu notre monde, ses problèmes et notre quotidien, doté certainement lui-même de ses petites contrariétés. Et pourtant, à de multiples reprises, depuis quelques années, le jeu vidéo nous a prouvé qu’il pouvait aisément captiver en nous mettant dans la peau d’un protagoniste lambda et banal en proie à des situations qui n’ont rien de spécialement extraordinaires. Que l’on pourrait nous-même vivre. Que peut-être vivons-nous. Ou vivrons nous dans le futur. On rentre totalement dans ce cas de figure avec le petit jeu narratif/réflexion Old Man’s Journey. Mieux encore, il nous met en lumière un type de protagoniste rarement mis en lumière : un vieil homme parfaitement ordinaire. Typiquement le genre de personnage qui ne fait pas rêver en somme tant l’être humain, par nature à des échelles plus ou moins importantes, ne voit pas forcément le vieillissement d’un bon œil et qu’on ne s’imagine par conséquent pas suivre, voire s’identifier, pendant une petite évasion vidéo-ludique. Et pourtant…

A quoi ça ressemble ?

N’y allons pas par quatre chemins : le point fort de Old Man’s Journey est sans conteste sa direction artistique. Tant dans l’esthétique que dans son ambiance sonore. Quand bien même Broken Rules ne nous montre pas quelque chose d’innovant tant d’autres studios – citons au hasard les Tchèques d’Amanita Design nous ont déjà que le côté dessiné main, aux couleurs pastel accompagnée de sa bande sonore posée et subtile dans ses nuances de volumes provoquaient toujours un très fort enchantement poétique. Lorsque c’est bien fait bien entendu et Old Man’s Journey en fait pleinement partie. De la même manière que la narration se cantonne à ce schéma qui ne surprend maintenant plus en se basant sur une histoire totalement dénuée de mots où l’on n’apprend les tenants et aboutissements au compte-goutte de l’avancée du jeu. On découvre donc notre petit papy recevoir une lettre dont on ne connaîtra pas le contenu et qui se décide de faire son sac et sa canne et en voiture Simone !

Comment ça se joue ?

Bon, de voiture, il n’y en a pas réellement. C’est qu’il y a un moment, il faut être réaliste et se dire qu’on est trop vieux pour conduire, surtout sur de très grands trajets comme c’est sous-entendu dans Old Man’s Journey tant l’on passe par divers types de paysages différents et que l’on se retrouve à prendre divers moyens de transport comme un bateau, l’arrière d’un camion ou un train. Ce qui n’empêche nullement notre papy d’utiliser ses petites jambes et c’est là que nous intervenons. Le jeu est divisé sur une quinzaine de tableaux courts où l’on devra faire avancer notre vieillard en jouant sur les reliefs du paysage en plusieurs plans. Étant donné que le soft est originellement un jeu mobile, tout se fait via tactile, même si l’on peut également via curseur dirigé au joystick. Le tout se joue très bien même s’il demeure quelques petits moments capricieux inhérents à ce type de jouabilité (avoir des difficultés à mettre en surbrillance le bon élément lorsqu’il est trop proche d’un autre). Mais n’ayant pas d’enjeux de mort de notre protagoniste, ni même de contrainte de temps, ce genre de tracas n’auront pas d’autres conséquences de nous faire grimacer une poignée de secondes avant de reprendre de plus belle comme si rien ne s’était passé. D’autant plus que le jeu reste fort simple, pour ne pas dire simpliste dans ses mécaniques de réflexion et n’ira pas nous enfumer spécialement le cerveau. Le gameplay n’est ici que prétexte à nous occuper les doigts sans qu’on ne vienne se détourner forcément du but recherché : la contemplation des décors dont on pourra interagir avec certains éléments pour les animer en les touchant (oiseaux posés qui s’envolent, portes des maisons, etc), petite feature aussi accessoire que sympathique et sa narration tout en sobriété qui dévoile un souvenir de notre protagoniste à chaque fin de tableau afin que l’on puisse reconstituer les morceaux du contexte de son voyage. Plutôt bien faite au passage tant il en est dit assez et peu à la fois pour pouvoir surprendre dans la finalité de notre périple tant le doute planait sur plusieurs raisons possibles.

Pourquoi on en parle ?

Old Man’s Journey fait partie de ces jeux posés que l’on contemple plus qu’on ne le joue et qui est, de plus, (trop) vite plié, surtout compte tenu du tarif fort peut-être un brin excessif vis-à-vis de cette durée de vie rachitique de moins de trois heures. Et pourtant, celui-ci arrive à tirer son épingle du jeu et d’avoir son charme. Pour sa direction artistique très réussie déjà. Mais surtout par ce parti-pris de mettre en lumière un vieux monsieur. Auquel on n’ira pas forcément s’identifier, d’autant plus si le statut de senior et encore loin pour vous, mais Broken Rules est parvenu via certains détails à le rendre extrêmement attachant. C’est qu’au final, lorsqu’on le voit avec son sac et sa canne de randonnée à marcher si loin jusqu’à passer passer carrément des nuits à la belle étoile, on le regardera avec autant d’admiration que ces vieilles personnes qui courent des marathons à des âges avancés. Sans compter que ce grand-père a une bonne bouille, surtout dans ses animations lorsque le jeu zoome sur lui lorsqu’il se rappelle d’un souvenir, nous rappelant le côté bienveillant de l’image que nous renvoie nos grands-parents. Et qui peut se retrouver jusque dans la vraie vie : qui n’est jamais venu en aide à une personne âgée que l’on ne connaît pas dans un magasin ou autre petite situation banale de la vie, juste parce qu’elle nous renvoyait cette image sympathique qui nous rappelle notre papy ou notre mamie. Parce qu’au final, même si le gameplay n’est que prétexte, c’est un peu la sensation aussi généreuse que désintéressée qui nous habite tout le long de Old Man’s Journey. Ce qui est toujours touchant et gratifiant, par-delà que le soft aborde des thématiques de la vie qui nous parle à tous tels le regret, le pardon ou la perte d’un être cher, entre autres choses.

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