Deliver us the Moon
Appréciation 4

Deliver us the Moon est un voyage extraordinaire. Les sensations procurées en début de partie sont parmi les plus immersives que nous avons eu la chance de vivre ces dernières années dans un jeu vidéo, les parties en extérieur ne sont d’ailleurs pas dénuées d’intérêt et l’histoire est suffisamment intrigante pour nous pousser à avancer. Nous ne pouvons que déplorer la seconde partie de l’aventure, plus convenue, moins intéressante, plus action et aux ressorts scénaristiques plus attendus. Toutefois, il faut saluer la performance pour un si petit studio, qui signe ici, l’air de rien, son premier titre

Résumé 4.0 Très bon

Deliver us the Moon

Fondé en 2013, le studio allemand Keoken Interactive souhaite voir grand. Pour cela, il se lance dans un jeu ambitieux sous Unreal Engine 4 pour les différents supports du marché, PC, Xbox One et Playstation 4. Et ce malgré sa taille, à peine d’une demi-douzaine de personnes. En 2020, le studio ne compte toujours que 8 personnes. En 2016, ils s’octroient un coup de pouce au travers d’un Kickstarter, financé de justesse, avec 103 000€ pour 100 000€ demandés. Ouf ! Deliver us the Moon va ainsi voir le jour, en septembre 2018, dans un premier temps sur PC par l’intermédiaire de Steam, et en mai 2020 sur les consoles de salon. Sauf la Switch, dont le portage a été officiellement annulé en juin 2020, fort à de nombreuses problématiques techniques et humaines – crise sanitaire notamment. Que pouvons-nous attendre d’un jeu visuellement si prometteur réalisé par une équipe particulièrement réduite ?

Un sacré voyage. Ce voyage débute sur Terre. Devant les conditions climatiques devenues difficiles et une pénurie mondiale d’énergie, l’humanité fonda la WSA (World Space Agency) dans le but d’exploiter les ressources lunaires. Un colonie y est fondée en 2032, composée des plus grands scientifiques de l’humanité et y extrait l’helium-3. Grâce à une technologie révolutionnaire inventée par le docteur Isaac Johanson, un appareillage est mis en place pour envoyer presque instantanément l’énergie transformée vers la Terre. En 2050, les communications sont brusquement rompues entre la Terre et la Lune, et avec elle l’apport d’énergie. Tandis que les conditions de vie continuent de se dégrader, la WSA est démantelée. Pourtant, un programme clandestin est mis en place par Claire Johanson pour envoyer un astronaute sur la Lune, découvrir ce qu’il s’est passé et relancer le transfert d’énergie. Une fusée est consolidée en quatre ans. Nous sommes donc en 2054. Nous incarnons l’astronaute qui pilotera la fusée. 

Deliver us the Moon est en effet, ce que nous qualifions depuis quelques années, un walking simulator. Pas question de sortir les armes et de défourailler des armées infernales, il s’agit ici d’avancer et de résoudre des énigmes – simples – afin d’élucider tous les mystères de la colonie lunaire. Jusqu’à même comprendre qui est l’astronaute que nous contrôlons, dont l’identité n’est absolument abordée en début de partie. Le titre Keoken se démarque toutefois de bien des jeux du genre en intensifiant son immersion. En extérieur et dans les grands espaces – couloirs, pièces de vie, hangars, etc… – le jeu propose une vue à la troisième personne. En revanche, dès lors que nous rentrons dans une pièce plus confinée, de type chambre, la vue passe à la première personne. Cet astucieux changement permet de découvrir les indices au travers des yeux de l’astronaute. Le coup de génie est d’utiliser, aussi, cette First Person View dès lors que nous sommes dans la fusée ou en apesanteur. Les premières minutes sont en cela absolument incroyables. 

Rentrer dans la fusée, s’installer dans le cockpit, démarrer soi-même la fusée en respectant la procédure communiquée, rappelant par certains aspects un certain Steel Battalion, puis la sensation de décollage, s’arrimer à une station spatiale, y pénétrer en flottant sont autant de moments rendant les toutes premières heures de Deliver us the moon absolument mémorables. La nécessité de trouver de l’oxygène et certains comptes à rebours sont les seules déclencheurs possibles d’un éventuel game over. L’ambiance dégagée par cette station lunaire à l’abandon et les sorties à la surface du satellite blanc sont fascinants : Le calme de l’espace est magnifiquement restitué. Assez rapidement, notre solitude sera cassée par l’arrivée d’un petit robot, un ASE. Il est indispensable au déverrouillage de certaines portes et, de par son gabarit, sait se faufiler dans les tunnels d’aération pour débloquer certains tronçons. Plutôt sympa, il faut reconnaître que les interactions avec lui sont très vite limitées et nous aurions pu attendre un peu plus de leur duo.

D’ailleurs, ce sentiment de déception se propage à la seconde partie du jeu, essentiellement les chapitres quatre et cinq sur six. Le jeu connaît un petit passage à vide, une fois les principales révélations dévoilées et le côté action du titre s’intensifiant. Même s’il n’y a pas d’ennemis à proprement dit, des pièges sont présents et quelques phases de plateforme peu passionnantes arrivent pour diversifier les activités. La faute presque à un début tellement incroyable que cette suite très classique déçoit. Comme si une fois les bonnes idées du début utilisées et l’échéance du développement approchant, le studio a dû s’appuyer sur une progression plus attendue et donc plus rapide à réaliser. Heureusement, la fin du titre, survenant environ cinq heures après le démarrage, finit d’achever un tout de même très joli tableau. Cette aventure tout en fichiers audio, rapports et autres lectures offre réellement une narration de qualité. Toutes les questions seront répondues en fin de partie si tant est que nous ayons pris le temps de découvrir les 56 éléments cachés dans le décor. 

Deliver us the Moon est un voyage extraordinaire. Les sensations procurées en début de partie sont parmi les plus immersives que nous avons eu la chance de vivre ces dernières années dans un jeu vidéo, les parties en extérieur ne sont d’ailleurs pas dénuées d’intérêt et l’histoire est suffisamment intrigante pour nous pousser à avancer. Nous ne pouvons que déplorer la seconde partie de l’aventure, plus convenue, moins intéressante, plus action et aux ressorts scénaristiques plus attendus. Toutefois, il faut saluer la performance pour un si petit studio, qui signe ici, l’air de rien, son premier titre. Chapeau bas.

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