Lost Odyssey
Appréciation 5

Malgré la jeunesse de Feelplus, leur savoir-faire est bel et bien là, sans compter sur le chaperonnage de Mistwalker. Lost Odyssey accumule peut-être les bourdes de jeunesse (graphismes inégaux, temps de chargement à déterrer un mort, maladresse de narration par instant), il n’en reste pas moins l’une des meilleures aventures du genre de ces dernières années tous supports confondus. Et vu l’excellence de la dernière génération de RPG, ce n’est pas rien. Sakaguchi a pour ainsi dire réussi son pari et donné une petite leçon à beaucoup de concurrents. La question qui demeure maintenant dans toutes les têtes : une suite ou pas ? Ceux qui auront fini le jeu espéreront que non – l’aventure se suffisant à elle-même – mais les lois du marketing étant ce qu’elles sont, tout est à envisager… Pour l’heure, nous avons Lost Odyssey et c’est déjà beaucoup.

Résumé 5.0 Extra

Lost Odyssey

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Hironobu Sakaguchi, directeur des dix premiers Final Fantasy, fonde un studio et annonce deux projets d’envergure sur Xbox 360. Est-il nécessaire de préciser que le bonhomme est alors attendu au tournant ? Si Blue Dragon n’était qu’une mise en bouche, Lost Odyssey se devait de faire définitivement entrer Mistwalker dans la cour des grands, une cour qui lui permettrait de tutoyer bien évidemment Square Enix et, pourquoi pas, lui donner quelques leçons de RPG. Les fanboys espéraient énormément de Lost Odyssey, les sceptiques espéraient au moins un bon jeu. Au final, qu’en est-il ? Les lignes qui suivent sont là pour répondre à ces interrogations.

~ Où sont tes parents mon enfant ?

Avant de parler à proprement dit de Lost Odyssey, arrêtons-nous rapidement sur ses géniteurs. Rares sont les titres à bénéficier d’un tel métissage de studios et de telles personnalités du monde vidéo ludique. Sous la houppe de Sakaguchi, nous trouvons un impressionnant paquet de prodiges que cela en donnerait presque des frissons aux fans du genre, en commençant par Nobuo Uematsu. Fondateur du studio Smile Please, le compositeur phare de Square Enix pendant des années a une fois de plus signé avec Mistwalker pour accompagner les différents événements qui surviendront pendant le jeu. Ces événements, bien qu’imaginés par Sakaguchi, ont été co-écrits pour certains par Kiyoshi Shigematsu. Nouvelliste à succès au Japon, ce charmant monsieur a rédigé l’intégralité du « Millénaire de rêves », à savoir divers textes relatant le passé du personnage principal. Ce dernier, à l’instar des autres protagonistes a trouvé sa genèse sous le coup de crayon de Takehiko Inoue à qui l’on doit notamment les mangas Slam Dunk et Vagabond. Pour finir ce petit encart sur le staff, il est évidemment nécessaire de parler de Feel Plus. Cette toute jeune société, au départ spécialement montée pour le développement de Lost Odyssey, est composée de transfuges de feu Squaresoft, Microsoft, Sacnoth et Sony. Legend of Dragoon, Shadow Hearts II et Legend of Mana sont autant de softs sur lesquels des membres de l’équipe ont participé.
Comment ne pas être enthousiaste à la vue de pareille réunion de talents ? Cependant, le passé nous a appris à nous méfier…

~ Il ne peut en rester qu’un

Lost Odyssey nous met dans la peau de Kaïm Argonar, un immortel de plus 1030 ans. Si vivre longtemps est un rêve inaccessible pour certains, il s’agit d’un véritable fardeau aux yeux de Kaïm. D’autant plus que la mémoire lui fait défaut. Seules les trente dernières années lui sont fraîches en mémoire. Avant n’est que trou noir. Il végète donc en endossant les habits d’Uhra, nation en guerre avec le royaume magique de Gohtza. Depuis la révolution magique et industrielle survenue plusieurs dizaines d’années plus tôt, ce dit royaume a fortement accru sa puissance militaire, infligeant à Uhra un fort complexe d’infériorité.

La bataille fait rage dans les montagnes. Les soldats s’affrontent de toutes leurs forces, Gohtza est en passe de prendre le dessus quand, tout à coup, un météore tombe sur le champ de bataille sans réellement crier gare. Les flammes vont annihiler toute vie, à l’exception de Kaïm.
En tant que rescapé, il sera nommé pour enquêter sur le lieu de fabrication du Grand Sceptre. Gigantesque infrastructure magique visant à offrir une puissance inégalée à Uhra, le Grand Sceptre serait, vraisemblablement, la seule entité capable de délivrer suffisamment de puissance pour faire apparaître pareil météore. Très vite, Kaïm va découvrir que le général Gongora n’est pas si irréprochable qu’il le laisse croire, et surtout va revivre, par l’intermédiaire de rêves, des bribes de son passé. D’autres immortels rallieront sa cause, au même titre que des humains, pour finalement former un groupe tout à fait hétérogène qui va se trouver bien vite un but.
Le scénario de Lost Odyssey nous emmène au beau milieu de conflits inter-pays pour le moins virulents, mais aussi et surtout dans une quête d’identité. Kaïm est l’exemple même du personnage blasé, amnésique, qui ne sait pas trop pourquoi et comment il en est arrivé là. Tout est à découvrir sur ce héros atypique. Toutefois, ses acolytes ne font pas que de la figuration. Ils auront tous (ou presque…) leur rôle à jouer dans l’histoire qui risque, chose rare, de vous faire verser quelques larmes. Sakaguchi voulait exacerber les émotions ressenties dans un jeu ; il faut croire qu’il y est arrivé. Mais nous y reviendrons plus tard. Pour l’heure, maintenant que vous savez de quoi il retourne, il serait bon de savoir à quoi Lost Odyssey ressemble.

~ Comme d’habitude…

Blue Dragon et Lost Odyssey devaient être tellement classiques que n’importe quel profane pouvait débuter les RPG avec eux. Nous l’avions déjà remarqué avec Blue Dragon et nous le constatons également avec Lost Odyssey. Rares sont les éléments inédits dans ce jeu.

On dirige un héros dans des décors fixes. La traditionnelle alternance ville-donjon est respectée, entrecoupée de nombreux événements devant faire avancer le schmilblick. Une fois dans un donjon, les combats surviennent de manière aléatoire, accompagnés par l’habituel effet de distorsion. Les protagonistes attaquent chacun leur tour, chacun disposant d’un panel d’actions augmentant au fil de votre progression.
Sakaguchi a repris tous les codes de sa série fétiche, Final Fantasy. Sur le papier, on change le titre et on met Final Fantasy XIII : tout le monde n’y voit que du feu. En parlant de titres, il est d’ailleurs étrange que les deux séries possèdent toutes deux deux mots et qu’elles amènent une image de conclusion : la dernière fantaisie contre l’odyssée perdue. Une odyssée perdue ? La série Final Fantasy ? Qui sait…
Il semble donc apparemment difficile d’oublier ses habitudes. Mais, la référence est de qualité, donc aucune raison de nous plaindre. Sakaguchi va même jusqu’à insérer une carte du monde où les déplacements terrestres sont repris de FFX tandis que ceux à bord de véhicules rappelleront les épisodes Playstation.

Les plus fans noteront d’autres troublantes similitudes telles qu’une musique faisant fichtrement penser au thème des Chocobos, la présence d’un vieux mécanicien nommé Sed ou la présence des Kelolons dont l’ambition n’est autre que de remplacer les Tomberrys dans nos cœurs. De telles références, Lost Odyssey en est truffé. Rien de désagréable là-dedans, cela en est même amusant de les relever. Mais Mistwalker a tout de même cru bon d’apporter quelques bonnes idées à l’ensemble.

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Mogfa
Invité

Etant actuellement sur le jeu, je suis complètement d’accord avec cette critique bien écrite et très agréable à lire (malgré quelques coquilles dans le résumé de l’histoire: Uhra est attaqué par Khent, et non par Gohtza, mais rien de grave). Le jeu n’est pas parfait, mais c’est à mon sens l’un des RPGs japonais les plus complets et maîtrisé de cette génération en dépit de ces quelques maladresses.

neokenji
Invité

L’un des gros regrets concernant Lost Odyssey, c’est de voir que les scénaristes n’aient pas songé à nous proposer une aventure nous permettant de traverser un millénaire et de voir certains personnages mourir en cours de route. Ça aurait pu le faire vu qu’on est présence d’un héros immortel.

Lced
Membre

En grand novice du J-RPG (juste FF XIII, RoF et Tales of Vesperia -non terminé- sur cette gen), j’attendais d’être bien informé sur ce jeu. Du coup ça me tente, surtout que mon manque de culture envers ce genre m’épargnera le fait d’être blazé par les poncifs dont semblent « souffrir » le jeu. C’est peut être le moment:p

Maroon B
Invité
Maroon B

Comme quoi il faut lire la presse amateur pour enfin voir des critiques positives sur ce chef d’œuvre. Je suis moi même entrain de découvrir ce hit de la génération précédente en me remémorant les propos d’un quidam croisé au détour d’une convention il y a quelques années « quoi tu aimes les J-RPG et tu joues sur Xbox 360 ? Putain mais t’as rien compris ». Je crois que Lost Odyssey vaut tous les J-RPG de la PS3 ! En tout cas la critique est bien écrite. J’ai appris des petites infos sur le développement et la superbe équipe de Feelplus… Read more »

Elekami
Membre

Bon bah moi je profite de ce up pour dire que j’ai trouvé ce RPG relativement surcoté. :ninja: Mais je laisse des points de suspension parce qu’en fait je ne l’ai jamais fini. Ben ouais, la lourdeur et la lenteur de ses combats ont eu raison de moi. Pourtant, l’histoire et la narration sont bonnes voire plus, les musiques sympas (sans être exceptionnelles) mais j’ai eu l’impression de jouer à un jeu dans la continuité de FFX (normal certes, Sakaguchi), où est souvent un peu trop spectateur au détriment du jeu. 10 heures c’était sympa, 15 heures ça devenait lourd,… Read more »