Destiny Connect : Tick-Tock Travelers

Attention, c'est l'heure !

Genre
RPG
Développeur
Nippon Ichi Software
Editeur
Nippon Ichi Software
Année
2019

La Nintendo Switch et la Playstation 4 ont accueilli et accueillent toujours plus de RPG. Parmi eux, se trouve le modeste Destiny Connect, sous-titré Tick-Tock Travelers. Avec ses 2600 exemplaires écoulés en day one en terres nippones, heureusement que Nippon Ichi Software l’avait pensé pour une sortie à l’internationale. Mais comment sortir son épingle du lot ? « Peut-être en revivant le bug de l’an 2000 ? », s’est très certainement dit Jun Yokota, scénariste de Destiny Connect et déjà à l’oeuvre sur The Longest Five Minutes. Ce monsieur apprécie visiblement de jouer avec le temps et il récidive.

Attention au bug

Destiny Connect prend place dans la petite ville de Clocknee. Nous sommes le 31 décembre 1999. La jeune Sherry s’apprête à fêter la nouvelle année avec sa mère. Son père, régulièrement absent, et pendant de longues périodes, doit même se joindre à la fête. Toutefois, quand minuit sonne, le temps s’arrête pour tous les êtres humains de la ville. A l’exception de Sherry, sa mère et un de ses amis, le petit Pegreo. Affolés, ils trouveront refuge auprès du colossal Isaac. Caché dans la maison de Sherry, ce robot-protecteur a été conçu il y a fort fort longtemps par le père de Sherry et son ami le professeur Cheastein, le stéréotype du savant fou pas si fou. Clocknee est envahie par les machines, du toaster à la télévision sur pattes : elles ont pris le contrôle de la ville. Afin de lutter contre elles et découvrir ce qu’il s’est passé, Sherry et Pegreo vont utiliser Isaac, qui se révèle être, en plus d’un prodigieux garde du corps, une machine à voyager dans le temps. Il s’agit alors à la fine équipe d’explorer diverses époques, passées ou futures, afin de découvrir l’origine du mal et ainsi contrecarrer le plan de ces boîtes de conserve.

Leurs aventures temporelles les amèneront à recruter trois autres personnages. Certains sont des versions plus jeunes de ceux d’autres époques. Destiny Connect ne propose pas réellement de villages à visiter. L’intégralité des lieux se résume à Clocknee et ses environs, souvent envahis de machines. Mis à part quelques lieux soit de repos soit d’achats compulsifs, l’environnement du titre se montre plutôt hostile. D’autant que si les ennemis sont visibles sur le terrain, et qu’ils sont facilement évitables, ils sont surtout extrêmement nombreux. Jouer à Destiny Connect, c’est avoir conscience de passer la majeure partie de son temps en combat. Apprécier les affrontements au tour par tour est un plus. Vous alignez trois personnages, Isaac et deux autres. Les deux humains peuvent décéder mais si Isaac est détruit, c’est le Game Over instantané. Façon Lightning de Final Fantasy XIII. Tous peuvent attaquer ou utiliser des techniques spéciales. Celles-ci, au nombre de neuf et propres à chaque protagoniste, consomment de une à trois barres de SP, barres qui se remplissent au fil des tours. Isaac dispose, quant à lui, en plus, de transformations, chaque transformation disposant de ses neufs propres capacités. La transformation ne coûtant rien, il est possible de les alterner facilement.

La difficulté du jeu étant proche du néant, à deux ou trois exceptions près, il est tout à fait possible de terminer l’aventure sans changer d’apparence. Les niveaux d’expérience augmentant rapidement, il suffit d’une session de farming pour totalement déséquilibrer le jeu, déjà pas très résistant. Tout en se rappelant que la fréquence des combats est soutenue si tant est que vous ne tentiez pas de tous les esquiver. De toute façon, en donjons, certains couloirs sont tellement étroits qu’il est difficile d’y échapper. Par conséquent, seuls les boss sembleront vous résister, souvent en raison de leur barre de vie élevée. En parallèle, il est possible d’acheter de meilleurs équipements – même en donjons – et d’améliorer Isaac, véritable tueur en fin de partie. Aucune difficulté non plus dans la progression puisque l’objectif est toujours indiqué sur la carte et qu’aucune énigme ne viendra vous ralentir. Des interrupteurs vous demanderont quelques allers-retours, tout au plus. Des allers-retours, d’ailleurs, vous en ferez. Beaucoup. Notamment dans deux chapitres – oh le chapitre onze… – à vous faire sortir le jeu par les yeux, malheureusement. Le jeu en comporte dix-sept.

Un problème de public

Ces allers-retours ne sont tolérés que grâce à l’intérêt de l’histoire. L’intrigue est suffisamment originale pour tenir en haleine les vingt heures nécessaires pour – tranquillement – achever la quête principale. N’en comptez pas davantage : le jeu ne propose pour ainsi dire pas de quêtes annexes et il n’y a aucun intérêt de relancer une partie. Sauf peut-être pour les fans de trophées, parmi les possesseurs de la version Playstation 4. Difficile de déterminer le public à même d’apprécier Destiny Connect. Son style le destine avant tout aux plus jeunes joueurs. Avec ses personnages rondouillards tels un film d’animation, sa naïveté ambiante, son univers sans aucune trace de sang et sa difficulté inexistante, il pourrait figurer parmi les meilleurs choix pour débutants. Toutefois, pas de bol : il n’a été localisé qu’en anglais. Ce qui, de fait, le prive des enfants à l’anglais balbutiant. L’occasion de sortir le dictionnaire sur les genoux, “à l’ancienne”, rétorqueront les vieux de la vieille. Pas certain que l’absence de français aide aux ventes. La réalisation technique ne l’aidera pas non plus, puisque si le jeu est relativement fin sur PS4, le portage Switch se révèle parfaitement raté. Joueurs Switch, restez en mode nomade. Et encore, ce ne sera pas très glorieux non plus, puisqu’entre le grain sur l’image et les modèles 3D un chouïa plus flous, il y a de quoi plisser les yeux.

Destiny Connect : Tick-Tock Travelers
Appréciation
Destiny Connect est un petit jeu popcorn, qui se dévore en quelques soirées. Ne présentant aucune résistance, il aurait pu permettre aux plus jeunes de découvrir la beauté du tour par tour et du RPG. Mais son absence de traduction française risque de freiner plus d’un parent. Les enfants auraient sûrement été plus tolérants face aux temps de chargement, à la longueur des combats et aux innombrables allers-retours.
Points forts
Un univers atypique
Des mimiques réussies
Un système de combat très classique mais agréable
Points faibles
Beaucoup trop d’allers-retours
Une difficulté totalement absente
Aucune obligation de maîtriser les systèmes de jeu pour s’en sortir
Le personnage de Sherry énervant
Une technique aux fraises sur Switch
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