The Granstream Saga
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La Playstation, nous en conviendrons tous, était et demeure encore une mine d’or en matière de RPG japonais. Et malgré le fait que nous autres européens n’avons pas été aussi bien servis que nos compatriotes américains, certains titres, en marge du catalogue “référence” de Squaresoft, ont eu le droit à une obscure localisation quand nos étales débordaient essentiellement de Final Fantasy. On peut remercier Sony Computer Entertainement et son fameux logo orange dans cette démarche ma foi risquée, avec des pressages comme le second épisode de Star Ocean, The Legend of Dragoon… Mais aussi The Granstream Saga, l’objet logique de notre article, dont la sortie nous amène peu avant la fin du vingtième siècle.
Cela n’émoustillera personne de savoir que ce titre a été développé par un certain Shade. Cela titillera plus si sous ce « pseudo » se cache une partie du staff du studio Quintet, responsable de la majorité des A-RPG d’Enix de la Super Nintendo. Terranigma, Illusion of Time, Soul Blazer, entre autres, c’est eux. Pour leur passage à la 3D, le studio s’est détaché de son éditeur phare pour voler de ses propres ailes, et The Granstream Saga fait parti de ses premières productions Playstation. Il est important de savoir que le titre est originalement sorti au Japon la même année de Final Fantasy septième du nom dans le monde. En Europe, la galette du petit développeur est sorti deux ans plus tard, ce qui fait que beaucoup de RPGs sont passés dans nos consoles entre temps. Un petit ajustement de calendrier qui peut avoir son importance…
La Terre se meurt. Notre civilisation dans laquelle nous vivons encore aujourd’hui semble avoir totalement disparue, laissant place à une sorte retour au Moyen-âge. La faute à une guerre sans précédent pour la maîtrise d’une magie nouvellement découverte, entraînant la quasi-destruction des terres viables. Il ne reste plus qu’une poignée de minuscules continents, maintenus dans les airs par une force mystique qui décroît de jours en jours. Sur l’un de ces cailloux, un vieil homme s’affaire à en découper une partie pour ralentir son inexorable chute dans l’océan, sous les yeux attentifs de son disciple, le héros de notre aventure, Eon. Courageux et vif, il va démontrer sa bravoure en sauvant d’une morte probablement abominable un groupe de petits oiseaux alors qu’ils se trouvent sur le bloc qui tombe dans l’océan. Sa destinée, même si il ne sait pas encore, semble toute tracée, notamment “à cause” d’un mystérieux bracelet scellé à son bras et dont il ne connaît pas encore les incroyables facultés, et aussi par le fait que son mentor va disparaître plutôt brutalement, ne lui laissant qu’une vague piste qui scellera l’avenir du monde. On apprendra rapidement que ce bracelet, « le Spectre », possède la faculté de reconstituer des objets cassés, ce qui va être sacrement utile tout au long de son aventure, comme nous le verrons plus loin. Sa quête le mènera rapidement à rencontrer Arcia, descendante directe d’un sage. Ne le sachant pas au départ non plus, cette fille un peu naïve possède en elle le pouvoir de faire remonter les continents, ce qui intéresse un mystérieux royaumes d’odieux et abominables magiciens, au point de demander son kidnapping par un groupe de pirates. N’écoutant encore une fois que son courage, notre héros décide de partir la sauver en embarquant clandestinement à bord du vaisseau des dits pirates, ce qui va l’amener à rencontrer, via la non moins célèbre scène de la douche (bien mis en avant sur la boîte du jeu) la quelque-peu nerveuse Laramee et Korky, une espèce d’oiseau bizarre aux gros yeux et design général peu alléchant. Ensemble, après quelques déboires et autres trucs qui volent que nous ne dévoileront pas ici, ce petit groupe formera l’équipe qui sauvera le monde par la remontée des continents.
On retrouve ici une base scénaristique assez classique, très proche des autres titres de Quintet ou du manga typé shōnen, à savoir le jeune héros orphelin à qui on va filer le sauvetage d’une planète en perdition, en partant du fait qu’il a en lui des pouvoirs dont il ne connaît rien et qui lui ont été légués par ses soit disant ancêtres. Pas d’histoire de village qui brûle ou de vengeance qui se prépare en frappant des rondins de bois sous les cris d’un sensei intransigeant, c’est déjà ça. La palette de personnages de The Granstream Saga s’avère assez réussie, même si on retrouve ici la nana nunuche, la demoiselle énervée mais bien fournie niveau formes, un ténébreux frère méchant mais pas si méchant que ça, et enfin la mascotte un peu débile et qui pour le coup fait quand même assez peur. On arrive cependant à s’attacher à eux et à les suivre avec un certain intérêt tout au long de cette sympathique histoire qui affiche au compteur non pas une durée de jeu de plus de 100 heures comme le précise fièrement sa jaquette arrière, mais plutôt un parcours de l’ordre de la dixième d’heures bien occupées. En plus des boites de dialogues avec leurs portraits, le jeu est agrémenté, pour les scènes clefs, de jolies cinématiques réalisées par Production I.G. (Ghost in the Shell, Eden of the East), traduites en français comme pour le texte… Je ne vous fait pas de dessin sur la qualité du doublage des animés et des jeux de l’époque. D’où l’impression que parfois Arcia fait plus office d’un pot de chambre que l’héritière d’un pouvoir incroyable. A noter que le jeu, sans aller jusqu’à disposer d’un scénario à plusieurs tiroirs, dispose de deux fins différentes. Un petit plus tout à fait bienvenue.


