Illusion of Time
Appréciation 3

Pas grandiose, mais très sympathique, voilà comment l’on peut résumer cet Illusion of Time. Une aventure rythmée, des musiques excellentes, et un enrobage très mythologique n’arriveront pas à faire oublier une omniprésente linéarité.

Résumé 3.0 Correct

Illusion of Time

Fondée à l’aube des années 90 par d’ex-membres de Nihon Falcom, la société Quintet imposa très rapidement sa marque de fabrique et son statut de partenaire incontournable d’Enix avec ActRaiser, fabuleux mix entre un plateformer et un god-game, en plus d’être accompagné par des musiques de Yuzo Koshiro. Comme ils ne pouvaient pas en rester là, ils proposèrent deux ans plus tard le non moins fameux Soul Blazer, action-RPG très efficace et premier épisode d’une “trilogie” qui sera suivi par Illusion of Gaia et Terranigma. Comme chez Archaïc on aime toujours pas faire les choses dans l’ordre, nous allons nous attaquer au second opus, à savoir Illusion of Gaia, ou lllusion of Time lors de son atterrissage sur les territoires PAL en 1995, où il a été traduit et édité par Nintendo dans différentes langues et livré avec son joli petit guide. Pour l’occasion, Quintet avait mine de rien vu les choses en grand et s’était entouré pour la conception du titre de deux artistes venant d’horizons différents du jeu-vidéo : les illustrations des personnages étaient ainsi signées par la mangaka Moto Hagio, connue pour son influence majeure au shōjo manga dans les années 70, tandis que le scénario a été imaginé par Mariko Ōhara, populaire écrivaine de science-fiction. Un classique qui aura quelque peu marqué les esprits à son époque, et qui mine de rien, possède encore bon nombre d’atouts. Causons en un peu.

Illusion of Time nous met dans la peau de Paul, dans une époque plutôt éloignée de la nôtre, mais bien dans notre monde. Parfait gamin typique de RPG japonais, sa mère n’est plus depuis bien longtemps, et son père, célèbre explorateur, a disparu alors qu’il était à la recherche de la Tour Pandémone, ou de Babel pour les autres localisations du jeu. Seul notre héros est revenu de cette expédition, sans trop savoir comment. Et c’est par un jour de classe pourtant ordinaire que son destin va changer : en se rendant sur le toit de son école, il traverse un portail qui le transporte dans une autre dimension, hors du temps et de l’espace. Il y fait la rencontre de Gaïa, protectrice de la Terre aux faux airs de Zordon, qui lui fait état de la menace cosmique qui va prochainement détruire la planète, et de la destinée qui attend notre héros. En effet, une comète va prochainement entrer en collision avec notre gros caillou plein d’eau, et c’est à Paul, en tant qu’élu, que va revenir la quête d’empêcher cela. Pour cela, il va devoir parcourir le globe afin de réunir un certain nombre de statues magiques qui anéantiront l’objet céleste. Pour sa périlleuse aventure, il ne sera cependant pas seul : ses amis seront de la partie et s’avéreront être d’indispensables compagnons. Un peu plus tard, c’est Flora, une princesse fuyant la folie de ses royaux parents, et dont le caractère insupportable a dû être obligatoirement amplifié dans la version française, qui rejoindra l’équipe. Et ils vont en voir du pays. Illusion of Time propose un effet un bien grand voyage à travers le monde, où nos protagonistes découvriront les vestiges d’anciennes civilisations, et où notre héros sera chargé d’en visiter les temples, non sans se heurter à de nombreux pièges et de bien monstrueux boss. Globalement, si le titre ne s’impose pas avec un scénario aussi poussé que ces contemporains sortis sur le même support, il sait être agréable à suivre et installe une toile de fond des plus intéressantes. Le jeu va, pour donner du corps à l’aventure, aborder et référencer des anciennes civilisations et différents mythes et mythologies (continent de Mû, El Dorado…), avec reproduction d’endroits célèbres pour parfois illustrer tout ça (Angkor Vat, géoglyphes de Nazca…), en plus s’oser s’aventurer sur des sujets plus sombres, comme l’esclavage ou le cannibalisme, en plus de la classique folie de l’homme, quelques peu édulcorés depuis la version originale japonaise jusqu’à sa mouture française, où les traducteurs se sont amuser ajouté leurs petites références personnelles, comme Franz Kafka, Edgar Degas ou encore Nosferatu. Plus globalement, il ressort d’Illusion of Time une ambiance assez particulière, très simple, parfois onirique, et plutôt efficace, avec une volonté de proposer une sorte de voyage spirituel réalisé avec les limitations de l’époque. Sur le plan technique, le titre est encore agréable à l’œil malgré le poids des années, avec beaucoup de variété dans ses décors et des petites animations ici et là, tandis que sur le plan musical, rien n’a été perdu : les compositions de Yasuhiro Kawasaki sont absolument terribles, avec de la mélancolie en veux-tu en voilà et quelques thèmes bien plus enjoués. Un régal pour les oreilles.

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Côté gameplay, Illusion of Time adopte la carte de l’action-RPG, mais avec pas mal de particularités si on le compare à d’autres ténors du genre, Soul Blazer en tête. Le jeu est structuré de manière très linéaire : on enchaîne les villes où l’histoire avance et les donjons où l’action se passe, entrecoupés par des déplacements automatiques sur une carte du monde. En ville, il ne faudra pas espérer trouver une échoppe pour acheter des objets, puisqu’il n’y a pas de notion d’argent : les soins sont disséminés un peu partout, mais en quantités uniques et donc limitées. Attention donc à ne pas tout claquer sur un boss un peu retors. Dans les donjons, lieux où l’on passera le plus clair de son temps, cela va heureusement mieux. Très bien fichus, ils accueilleront à bras ouvert le héros avec des ennemis classiques mais réussis et des énigmes bien pensées. Il faudra d’ailleurs aborder ces dernières sous différents angles… Et métamorphoses. Paul se bat avec sa flûte, mais sa puissance et sa portée d’attaque restent quand même assez limitées. Il peut cependant se faufiler dans les endroits étroits et utiliser son instrument pour attirer certains objets, mais cela ne suffira pas toujours. Gaïa lui apprendra donc rapidement à se changer en Chrysaor, chevalier baraqué et quelque peu bourrin, sorte d’ancêtre de notre héros à l’imposante chevelure blonde. Celui-ci s’avérera très efficace contre les boss, mais saura aussi se montrer utile par exemple pour son son lancer de projectiles. Les donjons sont donc pensés pour ce duo (et bien plus tard trio), et les énigmes demanderont d’exploiter les capacités de chacun de manière réfléchie, ce qui demandera parfois de faire un aller-retour au dernier point de sauvegarde pour changer d’apparence. RPG oblige, notre héros et ses différentes incarnations évolueront au fur et à mesure de l’aventure, mais pas de la manière habituelle avec ses points d’expérience. Non. Là encore, tout est simplifié. Chaque partie d »un donjon comporte un certain nombre d’ennemis, et c’est la réduction à néant de la totalité d’entre eux qui déclenchera l’augmentation d’une statistique, à savoir la vie, la défense ou l’attaque. Pas possibilité de farmer, ou de choisir quoi faire évoluer. Il arrivera également, de temps à autres, que Gaïa fournisse à notre héros ou à Chrysaor une nouvelle technique qui sera rapidement mise à contribution pour progresser. Mais globalement, pas trop de libertés donc.

Pas grandiose, mais très sympathique, voilà comment l’on peut résumer cet Illusion of Time. Une aventure rythmée, des musiques excellentes, et un enrobage très mythologique n’arriveront pas à faire oublier une omniprésente linéarité, qui donne vraiment l’impression d’être sur un rail où les villes et les donjons s’enchainent sans possibilité de flâner un peu ou simplement revenir sur ses bas dans une ancienne partie du jeu. Côté gameplay, malgré la simplification du système d’expérience, sa conception reste très intéressante ave, pas un mais plusieurs personnages jouables dont il faudra utiliser les capacités au moment opportun pour résoudre les nombreuses énigmes et pièges que réservent les temples mythiques et mystiques du jeu. Bref, peut-être pas le meilleur de la trilogie, mais une bonne cartouche pleine de charme quand même.

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