Landstalker
Appréciation 5

Le souffle de l’aventure sur Megadrive, c’était en compagnie de Ryle et Friday. La quête des trésors du Roi Nole est un bijou d’aventure. Compact, addictif, extrêmement bien réalisé : un vrai cadeau fait aux aventuriers de l’époque. Les mécaniques huilées et intemporelles de cette campagne en font un opus qui résiste extrêmement bien au poids des ans. Rétrogamers, à vos boucliers !

Résumé 5.0 Extra

Landstalker

Landstalker (10)

Tu tu tu tuuuu ! Tu tu tu tu tu tu …
Cette ligne de syllabes ne veut strictement rien dire. Mais un poil d’imagination accompagné d’une pincée de nostalgie, voilà que ces onomatopées s’imprègnent d’une mélodie qui aura marqué le joueur qui n’était encore qu’un enfant à l’ère des machines 16 bits.Et dire qu’à une certaine époque posséder une Mega Drive ou une Super Nes équivalait à adhérer à un parti politique. Probablement une affaire de moyens : quand on ne peut se permettre de posséder deux machines, on devient agressif pour mieux se convaincre d’avoir fait le bon choix.Pour ma part, c’est du côté de SEGA que ça se passait. La ludothèque de cette merveilleuse Mega Drive était impressionnante de diversité. Mais contrairement aux possesseurs de « SNIN », un petit français « MDien »en mal d’aventure, de voyage et de quête épique qui bave sur du Zelda ou autre Secret of Mana avait bien du mal à y trouver son compte. Jusqu’au jour où Climax développa Landstalker. Initiative bénie des Dieux.

Soyons clairs d’emblée. Du graphisme au gameplay, en passant par la densité du contenu : Landstalker ne soutient jamais la comparaison avec les grands actions RPG Super Nesiens de son époque, même si largement satisfaisant sur ces points. Ni même son intrigue ne peut contribuer, objectivement à le hisser au rang de référence du storytelling. Et pourtant, ce jeu qui aura su se faire attendre ( prévu en janvier 1993 finalement sorti en février 1994) est une perle, une vraie.

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Le joueur incarne Ryle, un chasseur de trésor qui vient de se faire arnaquer par un client. Le commanditaire de sa dernière chasse au trésor ne l’a tout simplement pas payé. Qu’à cela ne tienne, puisque tout à coup débarque une fée, Friday, poursuivie par une bande de bandits. La petite bestiole se réfugie dans le sac de Ryle, et lui parle d’un trésor qui n’attend que d’être cueilli. Ni une ni deux, notre aventurier qui vient déjà d’oublier l’escroquerie dont il vient d’être victime saute dans le premier bateau en partance. Et nous voilà voguant vers l’île de Mercato, à la recherche du légendaire trésor du roi Nole.

 

Landstalker (6)Oui, il va donc s’agir d’un chasseur de trésor qui court après… un trésor. Rien de plus, rien de moins. Ce classicisme dans l’esprit, va faire montre d’une efficacité à toute épreuve. Le squelette classique du jeu ne cesse d’alimenter le souffle de l’aventure chez le joueur. Village après village, quête après quête, situations résolues l’une après l’autre, Landstalker sait entrenir cette flamme du voyage. Chaque petite ville possède ses caractéristiques et on est curieux, toujours, de découvrir la ville suivante, la problématique qu’elle introduit et, surtout, le donjon qui lui est lié. Plusieurs fois, après avoir terminé un axe de l’aventure, je me suis dit :  « Bon je vais jusqu’à la ville suivante, je sauvegarde et je découvre la suite de l’histoire la prochaine fois. » Mais le jeu a été plus fort que ces résolutions un bon nombre de fois, me retenant plus que prévu devant ma télé.

Landstalker (4)En terme d’équilibre, même si on est bien loin de ces campagnes qui s’étiraient sur plus de 60 heures, Landstalker propose un rythme et un rapport particulier aux lieux . On s’attache à chaque ville, on se souvient, des années après, de l’ambiance ou du donjon de chaque étape de notre voyage. Le labyrinthe vert, la Tour de Mir, le château de Mercato, les ruines de Destel… Que de souvenirs ! L’attachement qu’on peut porter à cette aventure vient probablement, aussi, du fait que l’ensemble nécessite un certain temps d’adaptation. Surtout en terme de maniabilité : la 3D isométrique utilisée ici, même si elle permet d’offrir des graphismes mignons comme tout, demande une certaine patience durant les premières heures de la chasse au trésor. Autant visuellement que dans la pratique.

Landstalker (8)A l’époque, il fallait utiliser les directions diagonales de la croix directionnelle du pad Mega Drive, ce qui donnait des sensations très étranges lorsqu’on débutait. Il n’était pas rare d’hésiter parfois et de s’emmêler les pinceaux. On finissait par s’y faire, et heureusement. Car les petits génies de Climax ont su tirer parti au maximum de ce mode de représentation. Cette perspective isométrique apportant avec elle son lot d’effets d’optiques trompeurs ou de distances fatalement compliquées à évaluer, Landstalker met notre juger à l’épreuve durant la bonne trentaine d’heure que peut durer un premier run. Séquences de plateforme tordues qu’il faut parfois finir par exécuter selon un mode « par cœur aveugle », énigmes qui se basent autant sur ce que l’on voit que sur ce que l’on devine, malgré ce que l’angle de vue à tendance à nous faire croire… Le level design de ce jeu fait preuve d’inventivité en permanence, sait astucieusement éviter la redite et tire parti dans son gameplay des « lacunes » de la 3D isométrique. Ce qui multiplie l’attachement à l’identité, à l’ambiance de Landstalker.

L’intelligence du studio a été d’axer la difficulté et les enjeux de gameplay sur ce côté plateforme/architecture des donjons. L’équilibre global est maintenu grâce au fait que la jouabilité au niveau des combats, par exemple, est vraiment simpliste. Un coup d’épée, un bouton de saut : Landstalker fait simple. Mais il est indéniable de constater que les animations, les bruitages, la prespective : tout cela constitue un tout dynamique qui ne lasse jamais.

Landstalker (2)Au niveau de l’évolution du personnage, là encore le jeu fait dans l’efficacité. Pas de niveaux ou d’expérience : la vie du personnage gagne en « réserve » comme dans un Zelda. Pour le reste c’est du côté de l’équipement que ça se passe. Plastrons et bottes se trouvent en nombre satisfaisants au long de l’aventure. Avec, pour chaque pièce de stuff, un effet ou une résistance très significative, ce qui donne une vraie impression que le personnage devient plus fort. Au niveau des armes, on ne se bat qu’exclusivement à l’épée dans Landstalker. Elle proposent toutes le même « coup » circulaire, et fonctionnent toutes de la même manière : une jauge d’énergie se remplit lorsque la lame est au repos. Si on frappe alors que l’arme est chargée au maximum, un pouvoir spécial se déclenche en fonction de l’épée en question : ennemi qui flambe, décharge électrique, tornade,etc… Encore une fois, cette austérité apparente au niveau du contenu (se battre seulement à l’épée avec un seul et unique coup circulaire,etc…) s’avère être remarquablement gérée. La qualité de Landstalker réside dans un tout, une recette compacte qui nous fait vivre une aventure hors norme dans le fond, contrairement aux apparences.

Landstalker (5)Pour le reste, même si on pourrait décortiquer la mécanique et les rouages d’un tel jeu pour quelques paragraphes encore, je préfère souligner la nostalgie et les souvenirs d’aventures qu’un tel opus a pu laisser sur un joueur de 10-11 ans à l’époque. Surtout, une foule de détails sympathiques restent gravés dans ma mémoire : sauvegarder en déposant un livre auprès du prêtre dans les églises, les quêtes qui demandent de s’adresser aux pnj qui ont tous une maison agencée de manière à rendre les villes vraiment vivantes, les conversations avec Friday, les musiques, les sidekicks et autres rivaux qui arrivent régulièrement à faire sourire (malgré une traduction française forcément hasardeuse par moments),etc…

En 1994, l’aventure et le voyage sur Mega Drive, c’était Landstalker.Pas d’introspection existentielle, pas de storytelling retors aux velléités psychologiques : l’aventure pour l’aventure, le voyage pour le voyage. Misant beaucoup plus sur son architecture que sur son gameplay Action-RPG simpliste pour ce qui concerne les combats, le jeu de Climax trouve son identité dans une dynamique bien à lui. Ce qui rend les aventures de Friday et Ryle presqu’intemporelles. C’est bien là la marque des grands, surtout en jeu vidéo : résister raisonnablement au poids des ans.
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Elekami
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Un titre culte que je n’ai pas encore eu l’occasion de faire. À part Phantasy Star II & IV et Soleil je n’ai pas fait masse de « grands jeux » Megadrive. Le fait que celui-ci ait apparemment bien vieilli est plutôt rassurant, il faut que j’y joue prochainement !