Guitar Hero III : Legends of Rock
Appréciation 5

Shootez-vous à Guitar Hero III, c’est moins cher et c’est jouissif. Un deux en un

Résumé 5.0 Extra

Guitar Hero III : Legends of Rock

Le phénomène Guitar Hero est désormais terminé sur consoles de salon. Si auparavant, seules la Playstation 2 et la Xbox 360 avaient su faire vibrer les joueurs, avec l’édition III, la Playstation 3 et la Wii ont pu s’inviter, sans trop de surprise, à la fête. Loin de moi l’idée d’évincer la chéros version Wii ou encore l’inutile édition PS3, ni même le pixellisé visage paru sur l’ancêtre de notre marché, mais aujourd’hui autant vous parler de Guitar Hero III sur la console de Billou. Heureux possesseur de son prédécesseur sur ladite console, je me voyais mal me racheter un pack guitare + jeu… encore que 20€ l’ustensile musical, cela reste finalement (presque) raisonnable.

La grande question lors de l’acquisition de pareil titre est de savoir s’il apporte réellement quelque chose au précédent. Eh bien, figurez-vous que oui. En tant que solitaire invétéré, je vous parlerai avant tout du mode carrière en solo.

Au premier abord, il ressemble trait pour trait à celui du II : une succession de concert de 5 chansons (dont un rappel) durant lesquels il faudra au moins finir chaque piste pour espérer continuer la tournée. Chaque fin de concert est agrémentée d’une petite scène animée, tout à fait sympathique et souvent emplie d’humour, offrant une transition bien moins abrupte que par le passé. L’occasion d’humaniser quelque peu vos musiciens et votre sponsor. Très vite arrivera la réelle nouveauté : le duel face à un musicien de renom. Tom Morello, Slash ou encore Lou sauront vous mener la vie dure, notamment dès le mode hard. La difficulté des riffs a d’ailleurs sensiblement été revue à la hausse. Les pistes sont également plus longues, ce qui entraîne un certain don d’endurance. Tâtez donc Story of my Live, troisième chanson du premier concert – autant dire la facilité incarnée par rapport au reste – et vous m’en direz des nouvelles. Ce ne sont pas tant les notes qui posent problème mais la fin qui n’arrive pas. Bon courage pour tenir les mêmes après-midis Guitar Hero qu’avant. En tout cas, vous allez devoir sérieusement bosser de ce côté-ci car les nouvelles pistes méritent réellement le détour.

Le succès constaté de GHIII était tout à fait prévisible à la vue de la playlist de fous furieux constituée par l’équipe. Citons en vrac : Guns N’Roses, Santana, Metallica, DragonForce, Muse, Slipknot, Iron Maiden, Superbus, Lacuna Coil, Eric Johnson, Aerosmith, The Sex Pistols, Red Hot Chili Peppers, Heart, Pearl Jam, les Rolling Stones (avec le cultissime Paint It Black s’il-vous-plait) et j’en passe et des moins bons. Si celles des premiers Guitar Hero étaient sympathiques, là, c’est l’hallu totale tellement les morceaux sont pour la plupart géniaux, et même les milieux de gamme paraissent gagner en qualité une guitare à la main. Même Mauvais Garçon de NAAST est à peu près audible au milieu des bruits de grattement du médiator. Comme quoi, certains groupes peuvent remercier Red Octane. Si vous pensiez avoir pris votre pied sur GH I et II, dîtes vous que ce n’était rien par rapport à celui que vous allez saisir sur ce troisième volet.

« Le jeu est en fait un agrégat de signaux sensitifs que l’esprit vient compléter avec son imagination afin d’accomplir une parfaite plénitude fantasmatique ! C’est intellectuellement plus intense que le désir sexuel ! »(@Madarame)

Ou comment résumer le jeu vidéo en général, mais aussi et surtout Guitar Hero – en espérant que personne n’aura fait de parallèle entre la guitare et l’ustensile masculin requis pour la reproduction sexuée. L’ustensile à boutons bien en main, il est difficile de ne pas se prendre pour le meilleur des artistes, les doigts s’alternant sur un rythme aussi endiablé que les centaines d’heures passées sur le soft en espérant réussir telle partition que l’orgasme n’est parfois pas loin. Jetez-vous donc sur Paint It Black et vous sentirez comme une poussée en vous. Mais Guitar Hero n’est pas seulement un plaisir masturbatoire, il se savoure aussi à deux, où il faut être à même d’emboîter le pas du second et surtout de lui donner le change. Pour cela, les petits gars aux fourneaux n’ont pas omis de proposer tout l’attirail auquel nous avions le droit, à savoir un mode coop, un mode versus et les mêmes mais on(hot)line. Sympa.

Le mode carrière se redécouvre totalement d’ailleurs à deux. Figurez-vous que des morceaux sont d’ailleurs exclusifs à ce mode et les débloquer partout nécessitera se tartiner l’intégralité des chansons à deux. Alala les joies des parties en coop… où la note finale dépend des deux participants… Un conseil de joueur, entre nous, jouez avec quelqu’un du même niveau que vous. Dans le cas contraire, soit vous paraîtrez ridiculement mauvais, soit vous aurez envie de tabasser votre meilleur pote de beuverie. Avouez que ce serait gênant de vous retrouver seul les samedis soirs. Mais si, malgré vos dons respectifs et votre bonne volonté, l’harmonie ne vient pas alors vous pourrez vous rabattre sur le battle. Finies les joutes à qui jouerait le mieux ; maintenant, il faudra aussi compter sur les coups en traître distillés au fil des notes. A l’image d’un bon vieux casse brique, les confrontations peuvent être le théâtre de charmantes parties de ping pong entre les belligérants. Le star power – le dopeur temporaire de points – cède sa place au star battle, plus jouissif. Une fois une série de notes convenablement exécutée, un agréable icône apparaîtra comme par magie dans votre « inventaire » – de 3 places – afin de, manière tout à fait fair-play, gêner votre adversaire, en lui faisant sauter une touche, en rendant le vibrato inutilisable ou encore en haussant le niveau de difficulté d’un niveau. Rien de bien méchant, mais bien utilisées – comprendre, durant les riffs les plus intenses – cela peut clairement déstabiliser, voire profondément irriter, votre ami.

Mais l’ajout que tous les possesseurs du II sur Xbox 360 attendaient était le mode en ligne. Tous les éléments décrits dans le paragraphe précédent y sont valables. Pas de zouper nouveauté, rien que du mode offline mis online. Et avouons-le : ça nous suffit. Que demander de plus ? Il suffit de voir Guitar Hero IV pour comprendre que la relève était difficile…

Le problème le plus épineux devient alors : et la playlist ? Soyons sérieux trente secondes : ils n’ont jamais fait mieux que celle du III. Il y a des choses immuables dans la vie, la couleur des cocotiers, la connerie humaine, la fonte des glaces, la mauvaise haleine de Cidou (si tu me lis !), … et l’ultimité de la bande son de GH III.

Shootez-vous à Guitar Hero III, c’est moins cher et c’est jouissif. Un deux en un.

Signé un Guitar Hero addict.

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