Lone Soldier

C'était vraiment pas sa guerre

Genre
Third-Person Shooter
Développeur
Tempest Software
Éditeur
Telstar Electronic Studios
Année de sortie
1996

Source intarissable d’inspiration pour les développeurs de toutes époques, le cinéma d’action se retrouve particulièrement bien dans le jeu-vidéo des années 80 et 90, et pas uniquement pour des adaptations plus ou moins réussies des dits films, le style nerveux ainsi le goût des explosions y faisant pour beaucoup, au détriment parfois d’un scénario fourni mais dont on n’en tiendra souvent pas rigueur. Pour leur premier titre, le studio anglais Tempest Software s’est quant à lui clairement inspiré des œuvres mettant en scène messieurs Stallone ou Schwarzenegger où ces derniers incarnent un soldat envoyé en solo pour affronter toute une armée avec un simple cure-dent, balançant tout autant de punchlines que de poings dans la tronche.

Ainsi, dans Lone Soldier, sorti en 1996 sur PlayStation, une mystérieuse organisation criminelle maîtrisant une technologie inconnue s’en est prise à la mauvaise armée. En guise de réponse graduée et adaptée, la puissante nation s’emploie à envoyer au turbin son meilleur élément, son arme secrète, sa machine de guerre : son super soldat. A lui seul, on lui confie la lourde tâche d’aller détruire cette organisation à sa source. Et pas question de faire dans la dentelle : il a le permis de tout exploser, et surtout de liquider toute menace qui peut se présenter à lui avec un pistolet mitrailleur ou pilotant un tank. On va voir un peu du pays : entre une jungle, des tracés escarpés d’une montagne, une ville à forte criminalité façon RoboCop et… Un vaisseau spatial, parce que pourquoi pas.

Qui dit cinéma d’action, dit jeu d’action. Lone Soldier se présente comme un TPS où le but sera des plus simples : foncer à travers un ensemble de niveaux, buter tout ce qui bouge, et survivre aux assauts répétés d’ennemis allant du soldat classique au ninja tout en passant par du robot. Côté arsenal, on dispose d’un flingue de base aux munitions infinies que l’on pourra temporairement échanger avec une poignée d’autres équipements allant du lance-roquettes au lance-flammes pour les situations les plus tendues. Leur utilisation n’est pas des plus sophistiquée : un viseur se déplace en fonction de nos mouvements sur un axe horizontal, et une aide à la visée assez aléatoire aide parfois à bien placer nos tirs. Pour le reste : une barre d’énergie, quelques vies, une caméra souvent aux fraises, et des ressources parachutées de temps en temps. Et puis un compteur de temps et de score pour le côté arcade, histoire de, pour un total de quatre mondes, découpés en quatre niveaux, dont un où nous attendra un boss. Le vaincre permettra de passer à l’étape suivante, non sans une petite coupure cinématique.

On l’aura compris, le gameplay de ce Lone Soldier est bête et méchant, pas spécialement subtil et, il faut bien l’avouer, pas des plus complexes, puisqu’il s’agira grossièrement d’aller au bout du niveau en butant le maximum d’ennemis, et de préférence en économisant énergie, vies et munitions pour les moments plus compliqués comme les affrontements avec les boss. Manque de pot, l’équilibrage et la difficulté globale du jeu sont pour ainsi dire inexistants, si bien que les combats sont franchement sans grandes ambitions et donc proposent un intérêt ludique moindre. En plus de cela, il est tout à fait possible de courir à travers tout un niveau sans tuer personne, chose qui ne sera guère appréciée, nous obligeant à recommencer celui-ci afin d’atteindre un pourcentage nécessaire d’ennemis vaincus. Autant dire qu’on pourra en profiter pour se recharger en vies ou munitions, le titre ne pénalisant pas cette tentative de « triche », ou plutôt ce trou béant dans la conception. Les niveaux, eux, sont malheureusement sans grosses surprises et peu passionnants, se résumant à des couloirs aux décors simplistes, globalement plats, sans vraiment d’obstacles à éviter (on ne peut pas sauter de toute manière), avec sur la fin du disque deux embranchements grand maximum à choisir. Une fin de disque qui sera d’ailleurs atteignable très rapidement, puisqu’en environ deux heures, on aura rencontré et défoncé le boss le de fin et visionné le court générique nous invitant à reparcourir le jeu les yeux fermés. Oui. Bon. Non, sans façon !

Il n’y aura pas grand-chose à sauver aussi du côté technique, où ce n’est (évidemment) pas non plus la panacée. Même pour un jeu de 1996, Lone Soldier n’est en effet pas très beau et rame fort souvent alors que rien de spécifiquement lourd est affiché à l’écran. Les animations sont ridicules, les décors sont simplistes, mais au moins, la variété des univers est bien visible ici, même si les textures manquent donc de détails. Le moteur « porte » une direction artistique à la cohérence incertaine, limite drôle, où les artworks utilisés ça et là n’ont strictement rien à voir avec les rendus 3D des cinématiques ou celui de la jaquette, et encore moins avec le résultat balancé à l’écran. D’un autre côté, et tant mieux pour nos oreilles, la bande-son, certes pas d’un grand standing, n’est absolument pas insupportable, voire plutôt entraînante, ce qui permettra de couvrir des effets sonores plutôt cheap, tout aussi rigolos que répétitifs. D’ailleurs, pour l’anecdote totalement inutile mais pour pourquoi pas briller en soirée : compte tenu de la législation appliquée dans le pays à l’époque, la version disponible en Allemagne, distribuée ni plus ni moins par Konami, ne propose non pas d’affrontements entre soldats humains, mais uniquement entre robots. Curieux hommage à leur Contra et Probotector !

Lone Soldier
Appréciation
Il fallait s'y attendre. Pas révolutionnaire et plutôt idiot, Lone Soldier c'est pas du tout génial, mais pas abyssalement mauvais pour autant, essentiellement grâce/à cause de sa faible durée de vie, sa difficulté aux fraises et sa réalisation pouvant aujourd'hui faire sourire. Après, il y a tellement mieux sur le même support et dans le genre du "jeu d'action simple mais efficace" qu'on lui privilégiera toujours autre chose, comme par exemple Apocalypse, C12 : Final Resistance, ou le premier tiers de Die Hard Trilogy, pour ne citer qu'eux. Du côté de Tempest Software, ce premier titre aura permis au développeur de mettre un pied dans l'industrie, et de notamment revenir quelques mois plus tard avec un jeu bien plus abouti et plus posé, à savoir le "médiévofuturiste" Excalibur 2555 A.D... Dont la qualité n'a visiblement pas convaincu tout le monde.
Points forts
Gameplay bête et méchant
Vite terminé
Bande-son supportable
Points faibles
Trop bête quand même
Vite terminé
Réalisation déjà en dessous en 1996