Tales of Xillia

Après un Tales of Graces f extrêmement coloré et bon enfant, Namco Bandai et ses équipes se sont orientés vers un univers plus sombre, plus « mature » diront les fans d’amalgame et des personnages moins cartoon. Le « Project Xillia » est né. Découpé en au moins deux volets, ce projet espère tenir la dragée haute aux pontes du genre et, en plus de fêter les 15 ans de la série, montrer au monde entier que le J-RPG est loin d’être décédé avec la génération HD. Tant mieux.

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Il tente de nous le prouver en incarnant soit Jude Mathis soit Milla Maxwell. Le choix se fait au démarrage de l’aventure et conditionne certains passages et révélations. Rien de transcendant mais sachez que la partie avec Jude se montre un peu plus dense et révèle davantage de points obscurs du scénario ; celle de Milla étant réellement centrée sur elle. tales-of-xillia-playstation-3-ps3-002 tales-of-xillia-playstation-3-ps3-001De toute façon, le New Game + autorise une refonte rapide du jeu dans l’autre scénario. Dans tous les cas, la trame principale et la fin du jeu ne diffèrent nullement. Tout débute dans le monde de Rieze Maxia, lieu où cohabitent les esprits et les humains. Milla Maxwell, divinité seigneur des esprits, apparaît dans la ville étudiante de Fennmont pour neutraliser une arme construite par les humains à l’aide d’une technologie interdite. Sur son chemin, elle fait la connaissance d’un jeune doctorant, Jude Mathis. Un peu gauche et timide, il va très vite se retrouver impliqué dans un conflit qui le dépasse totalement. A tel point que lui, élève modèle, devient recherché dans tout le pays de Rashugal. Milla Maxwell perd ses pouvoirs, les quatre Grands Esprits, ses fidèles compagnons, disparaissent, tandis qu’un complot bien plus imposant que prévu semble s’annoncer dans les rangs du gouvernement de Rashugal…

A l’instar des Tales of précédents, le point de départ de Tales of Xillia est relativement simple. Il recèle toutefois nombre de rebondissements assez étonnants et inespérés qui laissent en suspens pendant la trentaine d’heures de jeu que dure l’aventure, aventure relativement courte afin d’autoriser un second run. D’autant que le nombre de quêtes annexes est bien plus restreint qu’à l’accoutumée. Six monstres du Diable par-ci, une soixantaine de trésors à trouver par-là, vingt-trois joyaux et un donjon annexe au milieu, le tout englobé dans une dizaine d’heures de plus, vous permettent de voir arriver le cent pour cent. Rien d’aussi long qu’un Tales of Graces f. Pourtant, cela ne l’empêche pas de proposer un des meilleurs rosters de la série. Chaque personnage, au nombre de six, dispose de sa place et a toute sa légitimité dans l’équipe, mention spéciale à Jude et Rowen, le premier en gardant énormément sous le pied jusqu’au générique de fin – vous voilà prévenu – et le second fascine par son calme et sa tactique – en plus de son excellente localisation. L’édition européenne dispose uniquement des voix américaines, mais une fois encore, sans égaler l’original japonais, le doublage se veut très bon. Un point supplémentaire qui ajoute à la très bonne impression que nous avons et à l’attachement quasi-immédiat qui nous lie à eux.

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Les personnages sont au croisement du savoir-faire de Mutsumi Inomata et Kosuke Fujishima, les deux chara-designers attitrés de la série. En ressortent des héros, et des méchants, aussi charismatiques que plaisants à jouer, et suivre. Il faudra pour cela arpenter de nombreuses villes et villages. Ceux-ci sont séparés comme pour Graces f, par de longues étendues, souvent couvertes de verdures et délimitées par des montagnes. Façon couloir. Peu inspirées et, il faut bien le dire, laides, elles constituent les moments les moins intéressants du jeu. Le level design de Tales of Xillia est globalement assez pauvre, puisque cette affligeante flemmingite se retrouve dans les donjons, aux textures tout aussi tristes. Et c’est sans compter sur l’absence totale d’énigmes. Il suffit de les parcourir d’une traite, les quelques culs-de-sac ne servant qu’à dénicher un coffre, trouver des matériaux ou affronter des ennemis. Les villes, quant à elles, répondent déjà davantage présent puisque visuellement très soignées et riches en passant à interroger. Même si la plupart ne vous révèle rien de bien intéressant, plusieurs, indiqués par des points d’exclamation au-dessus de la cabeza, vous donneront des quêtes à remplir. Objets rares et monnaie sont au programme. En tout cas, le bond visuel entre en Graces F et Xillia, tous deux tournant sur la même machine, est évident. Xillia se veut plus fin et visuellement irréprochable, comme un Vesperia.

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En matière de confort de jeu, Namco Bandai a renommé son système de combat en DR-LMBS, Dual Raid Linear Motion Battle System. Autrement dit un principe de liaisons entre les personnages. Les combats s’effectuant toujours avec quatre personnages, ceux-ci peuvent se lier deux par deux. tales-of-xillia-playstation-3-ps3-017 Ainsi formés, ils peuvent combiner leurs techniques – appelées Artes – et « enchaîner » les adversaires. Mais pas seulement, chaque personnage dispose de capacités spéciales modifiant considérablement la liaison. Leïa est capable de voler des objets tandis que Jude soutient son ou sa partenaire en le ou la guérissant dès que possible. Très importants, les Artes liés permettent d’augmenter considérablement les dégâts ; pour les déclencher, rien de plus simple, il suffit de presser le bon bouton lorsque votre personnage principal a terminé un Arte pouvant être lié avec votre partenaire. Le système vous permet très vite d’effectuer des chaines d’Artes liés. Gros dégâts garantis. Une jauge augmente tout au long de l’utilisation des Artes liés ; une fois arrivées à son terme, une nouvelle liaison occasionne son utilisation, permettant d’enchaîner à tout va les Artes sans consommation de PM (Points de Magie). Retour donc des PM, consommés à chaque Arte mais pouvant être remontés grâce à diverses capacités à équiper sur les personnages. tales-of-xillia-playstation-3-ps3-009Le jeu utilise également un équivalent des PE de Graces pour indiquer le nombre max de coups pouvant être enchaînés par un personnage, le nombre se réinitialisant une fois un tout petit laps de temps écoulé, permettant de recommencer à taper. Aussi pêchu que ses prédécesseurs, il permet au jeu de ne pas vous perdre au milieu de barbantes phases de levelling. Bien au contraire, puisque tellement agréable et simple d’utilisation, qu’il encourage à combattre, faisant fortement baisser le niveau de difficulté du jeu. Heureusement, il est possible de modifier ce dernier dans les options, puisqu’en standard, aucun combat ne demande réellement de technicité, boss de fin compris.

tales-of-xillia-playstation-3-ps3-019Tales of Xillia n’est en effet pas très difficile, et ce, même si la progression des héros n’est pas automatique. Le studio Tales of copie le système de sphérier des derniers Final Fantasy en l’adaptant en orbe de lys. A chaque niveau, les protagonistes récupèrent un certain nombre de points. Ceux-ci correspondant à autant de nœuds pouvant être appris dans la fleur. Plus vous apprenez d’arrêtes, plus vos statistiques augmentent, ainsi que le nombre de compétences. La fleur s’agrandit aussi au fil du temps. Si sur le papier, le système paraît très intéressant, dans les faits, vous vous rendrez très vite compte qu’il ne permet pas d’orienter ses personnages ni même de privilégier un talent : les héros sont stéréotypés et leur progression est scriptée. Elize ne deviendra jamais une barbare. En parallèle, Tales of Xillia instaure un système d’expérience dans les boutiques : les magasins offrent tous le même catalogue. Pour le faire évoluer, vous devez jouer les mécènes en finançant les nouveaux stocks, soit en argent soit en matériaux nécessaires à la fabrication des nouvelles armes. Plus les magasins prennent de l’ampleur, plus les prix baissent et les nouveaux produits débarquent. Il est ainsi possible de disposer très vite dans le jeu d’équipements surpuissants pour peu que vous soyez riches. Armes, Armures, Accessoires, Objets et Alimentation constituent les cinq types de boutiques. L’alimentation remplace la traditionnelle cuisine, totalement abandonnée dans ce volet et tellement facultative qu’il est possible de terminer le jeu sans prendre ne serait-ce qu’un plat.

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Une idée mal exploitée donc, tout comme le multijoueur en local : jusqu’à quatre joueurs peuvent s’immiscer dans la partie pour diriger chacun un personnage lors des combats. Une fausse bonne idée puisque la progression se fait toujours au travers de la manette principale et les affrontements ne durent, exception faite des boss, guère plus d’une trentaine de secondes. Tales of Xillia, bien que très sympathique, fait montre de nombreux petits défauts qui lui empêchent d’atteindre l’excellence à laquelle il aurait pu prétendre. A commencer par sa technique, charmante mais loin d’être irréprochable comme en témoignent les quelques ralentissements lorsque l’écran est surchargé et surtout l’horrible clipping dans les villes. Son animation, bien que très bonne, se révèle être assez rigide dès lors qu’il s’agit de cinématiques avec le moteur du jeu – rien à redire sur les jolies images de synthèse qui parsèment le jeu, bien que non développées par le studio Production IG à l’inverse des épisodes précédents – ce qui effrite une mise en scène parfois bien maladroite. La bande son, toujours de Motoï Sakuraba, compositeur attitré de la série, se révèle bonne même si certains morceaux ne collent pas aux paysages traversés dans le dernier tiers du jeu. Vous aurez aussi à faire à quelques redites, le maître ayant eu, apparemment, un peu de mal à se renouveler sur cet épisode. Il n’est pas étonnant de se croire dans un Star Ocean au rabais lors de certains passages. Dommage. Et, à nouveau, Namco Bandai, conscient du potentiel de ses personnages, s’est senti obligé de proposer une flopée de DLC tournant autour de costumes, dont certains issus de la série animée Star Driver (disponible en streaming sur le site de DoCoMo) ou d’autres Tales of.

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Malgré son allure très classique, Tales of Xillia se révèle un bon RPG, et se positionne fort bien dans le classement des épisodes de la série. Sa prise de risque a beau être quasi nulle, son casting en béton et son scénario blindé de surprises, en plus de disposer de suffisamment de ressources pour tenir sur deux épisodes, compensent amplement. Son double scénario peut être vu comme une tentative d’allongement d’une durée de vie assez maigre pour un titre de ce standing, mais le concept est suffisamment intéressant pour que chacun s’y plonge, ne serait-ce que pour découvrir toutes les subtilités de l’histoire. Le couple Jude/Milla n’en finit pas de vous surprendre et compte bien continuer dans un second volet encore plus ambitieux…

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