Tearaway Unfolded
Appréciation 3

Bien entendu, si vous n’avez jamais joué au Tearaway originel et n’avez pas l’occasion de mettre la main sur une Vita, n’allez pas plus loin : prenez ce portage Playstation 4 et profitez tant l’expérience basique se doit d’être vécue. En revanche, si vous voulez juste en reprendre une tranche supplémentaire pour faire durer le plaisir, il y a fort à parier que Tearaway Unfolded décevra. Trop peu de changements et d’ajouts et même si les idées pour pallier aux différences de support sont solides et inventives, la forme n’est pas forcément à la hauteur. Des choses fonctionnant moins bien par rapport à sa monture basique et surtout mal fini car truffé de bugs et de caméra capricieuses, on reviendra sans nul doute davantage à l’amour premier, histoire d’éviter de trop en saborder l’image.

Résumé 3.0 Correct

Tearaway Unfolded

Lced – que l’on salue au passage – et moi, on vous avait parlé dans ces colonnes de ce petit bijou de la Vita qu’est Tearaway, conçu par Media Molecule. Qui se targuait de repousser les limites du ludisme, tout en s’imposant comme une excellente vitrine technique des fonctionnalités particulières de la console portable de Sony, le tout au travers d’une narration touchante et une direction artistique enchanteresse. Moi-même, j’avais conclu être très curieuse de voir ce que pouvait donner l’adaptation sur Playstation 4 qui s’apprêtait à sortir et de quelle manière elle pouvait bien pallier aux différences en terme de fonctionnalités des deux machines et quel impact il pourrait y avoir sur l’expérience de jeu. Deux ans plus tard et profitant de la gratuité du fameux Tearaway Unfolded via le Playstation Plus, c’est enfin chose faite. Notez que cette présente bafouille, ainsi que sa note liée, est simplement basé sur la comparaison entre la version portable et la version salon et l’intérêt que peut avoir l’adaptation par rapport à sa version basique. Je vous invite donc à vous référer aux critiques précédemment parues sur le site afin de juger l’intérêt du titre en lui-même, que ce soit en terme d’expérience et de direction artistique.

Si j’insiste sur ce dernier point, c’est qu’à ces niveaux, il n’y a pas spécialement beaucoup de changements entre les deux versions. Le scénario et l’univers restent le même et seuls certains objectifs ont été ajoutés à la version Playstation 4, certains afin d’appuyer des éléments nouveaux de gameplay liés aux différences technologiques de la machine, alors que d’autres sont purement annexes. Ce qui ne change en rien les sensations ressenties en terme d’expérience de jeu sur le plan narratif et la magie que peut provoquer en nous cette direction artistique qui insuffle de la vie à du papier mâché très scrapbooking sur les bords. Matérialisé d’ailleurs joliment sur grand écran, même si l’on sent que, graphiquement parlant, il s’agit d’un portage direct de la version portable version lissée. On est très loin ici des véritables capacités graphiques de la Playstation 4 mais dans ce cas précis, il faut reconnaître que cela importe peu, le côté coloré enfantin se suffisant amplement à lui-même pour séduire la rétine.

De la même manière, Tearaway Unfolded ne perd en rien l’expérience progressive de sa monture originelle. Les différentes possibilités de gameplay nous sont présentées au compte-goutte et sont déclinées et complexifiées tout du long de façon maligne afin que le joueur soit sans cesse sollicité et maintiendra son attention tout du long avec fraîcheur, et ce, quelque soit son âge. Si l’on comprendra aisément ce parti-pris de permettre de faire le jeu sans la Playstation Caméra – dont, honnêtement, peu peuvent se targuer de posséder tant il s’agit d’un accessoire gadget et trop peu exploité dans la ludothèque de la console afin de réellement justifier son investissement – l’absence d’appareil photo sur la monture salon dérangera quelque peu. Cela pourra paraître anecdotique mais le fait d’avoir l’intégration de sa trombine et autres éléments piochés dans le « monde réel » en jeu via l’appareil photo que possède la Vita avait son importance : la destruction du quatrième mur. Celui qui sépare le joueur du jeu, et qui permettait de se sentir davantage investi dans l’aventure ainsi que les différentes reconstitutions de l’univers de Tearaway. Une petite part de magie qui s’envole donc…

Le principal changement qui intervient entre les deux versions reste par conséquent la refonte de gameplay qui était plus ou moins obligatoire, les deux machines n’offrant pas les mêmes fonctionnalités. Et en cela, le joueur qui s’intéresse beaucoup à la technologie offerte par tel ou tel support ne pourra qu’en sortir comblé tant Tearaway Unfolded s’en sort avec les honneurs. Media Molecule s’est avéré créatif et habile dans ses idées et le fait de les intégrer de manière cohérente. L’absence du pavé tactile arrière présent sur la Vita est remplacé par une gestion de la luminosité via gyroscope présent que peut permettre le pad. Fini le temps où l’on posait nos gros doigts sur l’arrière de la machine afin de faire les faire apparaître en réalité augmentée sur certains types de sol afin de progresser et se débarrasser d’ennemis gênants, la pression d’une gâchette en pointant l’écran avec notre manette afin de diriger le faisceau lumineux permet ce genre d’interactions, revues et corrigées afin de s’y adapter. On pourra également gérer le vent via le pavé central de la manette via « caresse » de celui-ci dans la direction voulue afin de progresser ou pour diriger à certains passages un avion de papier – une grosse nouveauté ajoutée – nous servant de véhicule. Ce dernier, bien foutu en terme de sensation et d’adrénaline d’ailleurs. Enfin, l’on pourra citer également le fait que notre petit messager puisse nous envoyer directement des petits éléments tels de cailloux et autres petites bestioles dans notre manette afin que l’on puisse le renvoyer à notre tour de manière plus puissante afin de détruire des obstacles gênants ou de permettre que notre projectile d’atteindre des éléments inaccessibles à notre héros. Là encore, fort bien fait dans le sens où les hauts-parleurs de la manette permet des bruitages, allant de la réception pure et dure jusqu’au fait que les êtres vivants couinent afin de vraiment faire croire qu’ils sont dedans et permettant par le même temps de briser de manière plus informelle ce fameux quatrième mur cité précédemment.

Tout cela fait que cette version Playstation 4 vend du rêve. Malheureusement, si certaines idées s’avèrent intelligentes et bien trouvées, je trouve que sur de nombreux points, cela fonctionne bien mieux sur la console portable de Sony. Son appareil photo intégré comme je l’ai déjà dit tout d’abord. Mais je trouve que le côté gyroscopique s’avère plus précis sur Vita que sur Playstation 4 où le pad s’avère franchement défaillant à bien des moments et finira vraiment par rendre chèvre à certains endroits. Le fait de dessiner des éléments afin d’enrichir la décoration de son messager ou de combler des manques et autres demandes de PNJs dans l’univers du jeu via le pavé central s’avère également plus contraignant que l’écran tactile de la Vita qui permettait bien plus de confort. Enfin, ce même pavé finira par se montrer embêtant dans le sens où il se montre trop sensible entre sa pression franche afin de pouvoir rebondir sur des peaux de tambour et la simple caresse provoquant un coup de vent, ce qui peut parfois conduire à des situations fort désagréables. Bref, là où le fond et les idées marchent bien, la forme, elle, ne suit pas toujours et peut gêner.

De la même manière, là où Tearaway Unfolded gênera par rapport à sa monture originelle, c’est sur les caméras folles et la profusion de multiples bugs. Certes, les caméras sur Vita n’étaient pas non plus irréprochables mais moins souvent embêtantes qu’ici. En revanche, la version portable ne comportait que très peu de bugs et paraissait par conséquent « mieux finie » que sa petite sœur de salon. Si le joueur ne voulant parcourir le jeu qu’en ligne droite pourra se montrer tolérant de ces divers bugs et passer outre, le joueur visant la complétion totale le sera beaucoup moins. En effet, si certains restent gentillets, d’autres nécessitent carrément de recommencer le niveau afin de pallier au fait qu’un élément ne se soit pas déclenché et bloque notre progression, voire aura causé notre perte sans réelle compréhension de la raison ou encore un ennemi qui se serait bloqué dans un coin sans que l’on ne puisse plus l’atteindre et l’éliminer. Moi-même, je pense qu’à ce niveau, j’ai sans doute subi dans ma quête du 100% tous les bugs qui pouvaient se nicher dans le jeu. Rien de tel pour rager un bon coup et se dire que, définitivement, Tearaway version Vita était quand même plus plaisant.

Et de plaisant, le Tearaway originel l’était. Le portage vers la Playstation 4, à divers niveaux, s’avère autrement moins convaincant. Moins agréable à parcourir à cause d’un cruel manque de finition, un quatrième mur un peu effrité sans qu’il ne soit forcément démoli et surtout, un support montrant sans doute plus de limites dans sa technologie ainsi qu’une maîtrise moins précise de celle-ci dans ses fonctionnalités. Ce qui est dommage car le fond est là, les idées très bonnes et bien pensées, la forme beaucoup moins. Alors bien entendu, l’intérêt global du jeu n’a pas réellement changé et toute personne n’y ayant jamais joué et n’ayant pas l’envie et la possibilité de s’y adonner sur la console portable de Sony se doit de s’y essayer afin de goûter à cette expérience vraiment à part. De la même manière que les férus de technologie et de technique vidéo-ludique tant Media Molecule nous donne de belles leçons de game design. Mais au vu du peu d’ajouts et modifications réels de ce portage, si vous avez le choix entre les deux supports, privilégiez lui le titre originel sur Vita, votre expérience de jeu n’en sera que meilleure.

 

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