Inazuma Eleven 2 : Tempête de Glace

inazuma-eleven-2-jaquette[dropcaps style=’2′]Level-5 a trouvé la poule aux oeufs d’or. Tandis que la plupart des jeux de la franchise n’arrive pas à déchaîner les foules, Professeur Layton et Inazuma Eleven ont su renflouer de manière sereine la trésorerie du studio. S’inspirant de Game Freaks et de leurs pokemon, de Capcom et ses Megaman Network, Level-5 décline sa franchise en un double épisode. Inazuma Eleven 2 existe au travers de Tempête de feu et Tempête de glace, Fire et Blizzard en japonais. La machine est enclenchée.[/dropcaps]

Et il sera difficile pour le nouveau venu de découvrir la série avec ce second volet sans être frustré quasiment à chaque dialogue tant il est la suite directe du premier : Mark et ses amis ont remporté le Football Frontier, un championnat inter-collège, au nez et à la barbe de la Royal Academy et surtout de l’équipe Zeus, les “dieux” et boss finaux d’Inazuma Eleven. L’équipe n’a pas le temps de se remettre de ses émotions que le collègue Raimon est attaqué par des… extraterrestres, l’Alius Academy. Bien évidemment, ces derniers ayant analysé les humains avant de débarquer, ils savent que pour se mesurer “entre hommes” il est indispensable de s’affronter au travers d’un match de football. Ils entament alors un tour des collèges nippons qu’ils détruisent au fil de leurs victoires. Raimon, étalée dès le premier match, voit une partie de son équipe partir à l’hôpital et l’autre organiser un petit road trip en caravane pour recruter les meilleurs joueurs du pays, déjà rencontrés ou encore jamais vus. Et oui, le Football Frontier étant sur inscription, il n’y avait pas forcément les meilleures équipes du Japon.

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inazuma-eleven-2-nintendo-ds-06Bien que ne brillant pas par sa finesse, le script se veut, au moins, original et inattendu. Le portenawak est ici encore plus présent avec des techniques toujours plus spectaculaires, et une panoplie de personnages vraiment haute en couleurs. Mais c’est désormais assumé. Le réalisme est aux abonnés absents mais le jeu se veut cohérent dans son approche. Le héros, Mark, est aussi tête à claques que par le passé ; heureusement, les joueurs gravitant autour de lui prennent enfin un peu de consistance. Des coups bas, des mensonges, des trahisons, des morts, des accidents, Inazuma Eleven propose enfin des rebondissements aptes à accrocher les plus de douze ans. Gentillets mais présents, et suffisamment travaillés pour avoir envie de poursuivre l’aventure. Il faut dire que le principe imposé par le scénario – le voyage au travers du Japon – amène à visiter davantage de lieux et à rencontrer encore plus de personnages secondaires. Le personnage de Shawn amène justement cette épaisseur tant désirée. L’aventure s’étalant désormais sur près de vingt-cinq heures, soit le double d’Inazuma Eleven, l’adhésion aux personnages se fait plus naturellement. Level-5 a ainsi pu développer la psychologie de nombreux protagonistes. Et cette particularité de road trip apporte un côté “voyage entre potes” plutôt fédérateur, nous laissant découvrir la perspicacité de Jude, les roublardises de Scott ou la nonchalance d’Hudley.

inazuma-eleven-2-nintendo-ds-13Davantage de rencontres entraîne nécessairement davantage de personnages à recruter. Tous les joueurs des équipes affrontées peuvent être enrôlés, plus ceux de l’écran des relations. Le recrutement de joueur se fait en effet toujours au travers de ces deux moyens. L’écran des relations est un arbre où chaque noeud est un joueur, à retrouver quelque part dans le jeu. Une fois recruté, le noeud suivant devient accessible. Certains sont à déverrouiller au fil de l’avancée. Trouver tout le monde ajoute plusieurs dizaines d’heures de jeu au compteur, d’autant qu’une fois le générique de fin visionné, des affrontements et pas mal de quêtes annexes se débloquent. Ici consistent d’ailleurs les principales différences entre Tempête de Feu et de Glace : si le scénario ne diffère qu’à quelques détails près, certains personnages et équipes à affronter sont exclusifs à la version. Toutefois, affronter la meilleure équipe du jeu ou débloquer certaines techniques nécessiteront les deux jeux, connectés en wi-fi depuis deux consoles. Un investissement certain, à moins de disposer sous la main d’un compagnon de jeu.

inazuma-eleven-2-nintendo-ds-10Heureusement, cet Inazuma Eleven 2 a bien plus d’atouts que le premier. En plus de son scénario étoffé et son “toujours plus de joueurs” (il y a même Hidetoshi Nakata, l’ancien joueur phare de la sélection japonaise, caché), il propose des phases de jeu un peu plus complètes. La formule de progression reste la même : des phases à pied à visiter les lieux, parler aux PNJ et faire les boutiques, des phases de défi – les combats aléatoires propres aux RPG – et les phases de match. Les défis sont identiques à ce que les fans du premier connaissent : quinze secondes, deux fois quatre joueurs, il s’agit soit de marquer en premier, soit de récupérer le ballon à l’équipe adverse, soit de le conserver. Si les phases de déplacement peuvent se faire à la croix ou au stylet, les défis et les matches sont exclusivement au stylet. Pour ce volet, les développeurs ont fait un effort en ajoutant pas mal de nouveautés. Première chose : l’ajout de règles de football. Bonjour hors-jeu et fautes auparavant absents. Les matches sont donc un peu plus animés, toujours en deux fois trente minutes de jeu – minutes fictives, on est plus proche des dix minutes. il est désormais possible de marquer un temps mort afin de replacer de manière stratégique ses joueurs. Les tirs de loin sont autorisés sous réserve de disposer d’une technique adéquate. Les tirs peuvent d’ailleurs être freinés voire bloqués par des défenseurs se trouvant sur la trajectoire. Clairement, Inazuma Eleven 2 va plus loin dans son système de match, et c’est tant mieux.

Les combats aléatoires moins nombreux et les matches ponctuant la fin de chacun des dix chapitres rythment de manière minutieuse le jeu, au point que la durée de vie, deux fois plus longue rappelons-le, paraît aussi courte qu’avant. Le reste est conservé à savoir la candeur générale des dialogues ou encore les techniques toujours plus improbables pouvant être apprises au fur et à mesure – dont la plupart rendrait jaloux n’importe quel héros de Captain Tsubasa. Le casting se renouvelle juste ce qu’il faut et approfondit les déjà présents. La bande son, assurée par Yasunori Mitsuda, excusez du peu, est bien plus présente et surtout plus dans ce que le maître sait faire. Il ne faut pas y chercher du marquant mais du très bon accompagnement dont quelques morceaux que ne renieraient pas les plus sérieux des RPG. Quitte à brosser les particularités en vrac du jeu, notons la présence d’un mode multijoueur, histoire de le mettre sur la boîte, autorisant jusqu’à quatre joueurs en local et du téléchargement de profils de joueurs, pour affronter ces derniers en solo.

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[section id= »conclusion » style= »border:1px solid white;padding:10px;overflow:auto;background-color:#00a0db;color:#FFFFFF; »]Pour résumer, cet Inazuma Eleven 2 se veut bien plus abouti. Plus long, plus intéressant, plus difficile, il se présente comme aurait dû être la série dès le premier épisode. Les vieux roublards du RPG y trouveront des routines plutôt classiques et des dialogues enfantins, conséquences de l’orientation jeune public de la franchise, mais passeront un charmant petit moment. [/section]