Journey to Silius
Appréciation 3

Nous sommes en l’année 0373 du nouveau calendrier spatial. L’humanité débute enfin sa migration vers des colonies spatiales, la population sur Terre ayant atteint un seuil critique. La croissance de l’une d’entre elles, installée sur un astre du système solaire Silius, est soudainement stoppée par une dévastatrice explosion nucléaire, faisant d’innombrables victimes et détruisant toutes les recherches et projets visant à la colonisation de ce planète.

Résumé 3.0 Correct

Journey to Silius

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Sortie de l’étagère d’une boite à la couverture étonnement léchée. Récupération de la cartouche, puis petit coup de souffle réflexe sur les connecteurs de cette dernière. Insertion délicate dans la console… Allumage. Diantre. Sunsoft n’a visiblement pas que ça à faire, et nous balance directement l’écran titre, sans même nous embêter avant avec un barbant et interminable paragraphe plein de copyrights. Est écrit devant nos yeux, dans une police colorée et futuriste : Journey to Silius. Nos oreilles s’émoustillent alors, interpellées par ce qui sort des haut-parleurs du téléviseur. Une musique en jaillit, appelant paradoxalement à regarder cet écran fixe pour apprécier le bon son, mais aussi à appuyer sur le bouton Start pour débuter une partie, car cette entraînante mélodie nous promet de l’action, de l’action, et encore de l’action. Ça tombe bien. Il va y en avoir.

Nous sommes en l’année 0373 du nouveau calendrier spatial. L’humanité débute enfin sa migration vers des colonies spatiales, la population sur Terre ayant atteint un seuil critique. La croissance de l’une d’entre elles, installée sur un astre du système solaire Silius, est soudainement stoppée par une dévastatrice explosion nucléaire, faisant d’innombrables victimes et détruisant toutes les recherches et projets visant à la colonisation de ce planète. Parmi les pertes humaines, un brillant scientifique, grand contributeur de l’aventure spatiale, est également le père de Jay McCray, notre héros. Les circonstances de sa mort ainsi que l’accident survenu au sein de la colonie restent un mystère tout entier, jusqu’à ce que Jay découvre un disque numérique contenant l’intégralité des données relatives au développement de la colonie, ainsi qu’une lettre de son père qui, bien conscient qu’une menace terroriste planait avant que tout n’explose véritablement, lui demande d’achever son projet si jamais il n’y parvenait pas. Déterminé, Jay se lance alors seul dans bataille contre ce groupe responsable de la destruction de la colonie, dans le but de venger son père et d’honorer ses dernières volontés.

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Eh bien, quelle ambiance ! Mais pas question de laisser au joueur le temps de sortir un mouchoir pour sécher quelques larmes. A peine la tout-de-même-chouette introduction terminée, voilà que débarque le premier niveau, annoncé par un sobre STAGE 1 REST 3. Nous reviendrons sur ces éléments en gras tout à l’heure. C’est parti donc, avec une plongée directe dans un décor apocalyptique, un héros de pixels, des flingues et des trucs à buter. Journey to Silius s’inscrit dans le classique genre du run’n’gun, dont le ténor du genre sur le support n’est autre que le célèbre Contra. Cependant, le jeu de Sunsoft n’a pas l’ambition de concurrencer le grand, mais plutôt de se fondre dans la masse. On retrouve ainsi tout ce qui fait l’attrait du genre : un titre nerveux, avec des ennemis robotiques qui respawnent toujours au mauvais moment, une poignée de niveaux aux scrollings divers, et surtout une difficulté taillée pour faire rager l’utilisateur imprudent. On débute cette aventure avec pour seules armes un pistolet peu puissant – mais dont l’infinité de son chargeur en ravira plus d’un – et un fusil à pompe dont les projectiles partent – logiquement – dans des directions différentes. Cette dernière arme, comme toutes celles que l’on récupère juste avant chaque boss, bouffe une quantité considérable d’énergie (indiquée par la barre G), qui évidemment, n’est rechargeable que par des capsules qui ne sont que trop rarement lâchés par des ennemis qui aiment bien bouffer la vie de Jay (indiquée par la barre P… Vous suivez ?) en lui balançant moult saletés à la tronche ou en se présentant agressivement à lui, et de préférence de manière répétée et insistante. Une preuve d’amour ou simple trollisme belliqueux?

Il faudra donc – avec la plupart du temps, comme seul moyen d’attaque, ce petit pétard qu’on vous donne au début, car franchement se farcir les boss avec cet outil est une véritable purge cosmique, et vous n’êtes pas sensé savoir, non sans après avoir pris connaissance du paragraphe précédent, que les munitions sont bien trop rares pour être gaspillées, donc autant les réserver pour les gros bestiaux, mais si vous lisez un paragraphe sur deux, ou dans le désordre, c’est tout à fait à votre honneur – traverser pas plus de cinq niveaux (dont le STAGE 1 est le premier) à la difficulté qui grimpe tel un logarithme sous acides, un level-design et un placement de pièges proches du sadisme, et faire prendre d’une certaine patience et d’une grande prudence, car le nombre de vies est bien limité à pas grand chose (le REST 3 en est la preuve formelle et indéniable), et celui des continues reste parfaitement invisible, sachant qu’après avoir admiré la première fois l’écran de Game Over, on peut facilement prétendre que la délicate variable associée semble être fixée au charmant chiffre 2. On l’aura donc compris, Journey to Silius n’est pas un jeu facile, mais loin d’être impossible si l’on arrive à s’acharner et à optimiser un tant soit peu ses actions. On ne pourra pas reprocher au titre de ne pas être maniable, étant donné les contrôles réactifs et la bonne inertie des sauts de notre héros.

On reste globalement dans un jeu très classique niveau gameplay, mais qui sait montrer ses atouts quand il s’agit de parler technique. Jolis décors, variés, mêlant environnement apocalyptique (le STAGE 1 donc, si vous avez lu le troisième paragraphe, là, sous le petit lecteur de musique que je vous invite à activer d’un clic puissant et déterminé, parce qu’on va parler d’un sujet associé juste après), égouts et complexes hautement technologiques. Les animations sont propres, pas de ralentissements extrêmes à déclarer, une panoplie d’ennemis aux tailles illogiquement différentes… Non, Sunsoft connaissait la NES, c’est certain. Cela s’entend aussi. La petite mise en bouche du commencement du présent article ne mentait vraisemblablement pas ! Le développeur avait vraiment le hardware sonore en main ! Les musiques proposées par ce Journey to Silius sont absolument géniales, de bout en bout. Une habitude que confirmeront ceux qui ont pu retoucher à des jeux comme Gremlins 2 : The New Batch ou Blaster Master (et non pas Master Blaster). Ici elles s’avèrent particulièrement bien construites, rythmées et tout à fait dans l’ambiance du titre, avec l’effet « Sunsoft bass » qu’on apprécie tant. Du grand art. Un peu plus on aurait eu ça dans un Terminator.

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Car oui! Je dis OUI! Journey to Silius a bien quelque chose à voir avec le film de James « My Heart Will Go On » Cameron, et la cartouche s’accompagne également de deux trois petites anecdotes sympas à placer lors de soirées passionnées entre geeks. A l’origine, notre jeu devait être une adaptation du mythique film de science-fiction sorti en 1984 (voir le wiki sur l’excellent The Cutting Room Floor), mais Sunsoft a perdu la licence qui a été refilée à Radical Entertainment, pour l’affreux résultat que certains ont eu peut être l’horreur de connaitre. David Perry s’en est bien mieux sorti avec les versions sur consoles Sega. Sunsoft lui, nous aura développé l’excellent Batman entre temps, et donc, après quelques modifications d’ordre graphique et scénaristique, notre voyage vers Silius. La patte du film reste bien bien présente, que cela soit sur l’univers ou carrément dans les boss que l’on doit affronter. Sachez aussi qu’au Japon, Journey to Silius se prénomme [rʌf] World, et qu’en dehors de son titre, il propose une petite modification graphique au niveau du sprite du héros, qui ressemble à un vulgaire soldat cybernétique, au lieu d’un type à la chouchoute comme nous pouvons l’admirer dans la version américaine testée ici. En Europe, nous avons eu le droit au skin nippon mais à la jaquette stylisée comme dans le pays des burgers et du rodéo. De quoi en perdre son latin… Et une bonne partie de son argent, car notre cartouche est particulièrement rare à dégoter accompagnée de sa boite cartonnée et de son livret, peu importe le pays de provenance.

Au final. En plus d’apporter un orgasme auditif dès l’allumage de la console, Journey to Silius propose challenge corsé orchestré par un gameplay certes très classique, mais plutôt efficace. Une bonne dose de patience sera cependant nécessaire pour boucler ce petit jeu très méconnu, sans prétentions, mais tout à fait agréable à parcourir. Sunsoft nous aura offert mieux en matière de pureté vidéoludique, mais en termes de musiques, on atteint de pas loin les sommets de la Nintendo Entertainment System.

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Hyades Luine
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Dommage pour la difficulté du jeu, le support et la rareté de la cartouche parce que tu serais presque arrivé à me vendre le jeu, surtout grâce à la bande-son dont on avait déjà parlé tantôt et l’ambiance assez surprenante pour un jeu de cette époque. Rien que la jaquette du jeu a un petit côté Another World intriguant. Au pire, tu me feras découvrir tout ça IRL ^^.