Ratchet & Clank
Appréciation 4

La formule Ratchet & Clank à base de plate-forme et d’action a toujours fonctionné et ce, dès ce premier opus qui n’a pas pris une ride, même sur son support originel. Parce que finalement, la série n’a pas forcément beaucoup évolué au fil des épisodes, hormis le fait de s’appuyer davantage sur ce qui fait le succès du soft : plus d’armes badasses, de gadgets et surtout, d’humour. Parce qu’il fut un moment où le jeu vidéo était peut-être devenu trop sérieux et mature, notamment durant l’ère PS360, d’où le fait que la franchise d’Insomniac Games a toujours réussi à conserver son public. Parce que même si la formule n’a pas forcément beaucoup évolué, les sensations jouissives de jeu et l’univers cartoonesque, non. Et c’est bien là tout ce qu’on demande.

Résumé 4.0 Très bon

Ratchet & Clank

L’année 2016 sonnait comme du Ratchet & Clank extirpé du passé pour être remis (encore) sous le feu des projecteurs. C’est ainsi que nous avons eu le droit à un remake du tout premier épisode de Ratchet & Clank qui était sorti en 2002 sur Playstation 2. Une remise à neuf permettant de soutenir un film d’animation qu’on aura eu tôt fait d’oublier. Mais également de servir de belle vitrine technique pour vanter les upgrades de la PS4 Pro. Parce qu’il serait bête de l’oublier tant il n’avait pas grand-chose à envier à Uncharted 4 ou encore The Last Of Us spécialement remaniés pour les amateurs du « je m’en prends plein les mirettes ». Mais voilà, l’autre question que l’on pourrait se poser serait : « mais finalement, est-ce que le Ratchet & Clank originel avait réellement besoin de passer par la case remake, surtout qu’il bénéficiait déjà de son petit lissage HD dans la compilation réunissant la trilogie 128 Bits sur Playstation 3/Vita ? Avait-il si (mal) vieilli que ça ? ». Et pour répondre à cette question, on a pris le taureau par les cornes en faisant chauffer la PS2.

Et on ne va pas faire languir très longtemps pour y répondre : non, Ratchet & Clank n’a pas pris une ride. De la même manière que la trilogie HD l’avait pleinement montré sur l’ère PS360. D’autant plus, qu’Insomniac Games a continué à sortir des épisodes une fois l’ère 128 Bits révolue. Des épisodes qui ne mettaient pas forcément de coups de pied dans la fourmilière, hormis peut-être l’épisode All 4 One, clairement orienté multi coopératif et, bien sûr, le plus discutable spin-off estampillé Gladiator. Si la série des Jak et des Sly ne se sont pas montré sous leur forme définitive dès les premiers balbutiements, Ratchet & Clank en revanche a su poser sa base identitaire et de parti-pris de gameplay dès le premier essai. Allez, à la limite, on pourra lui reconnaître que ce premier volet ne dose pas forcément ses composantes d’action et de plate-forme de la même manière que les épisodes suivants où l’action prendra clairement le dessus.

Ici, on notera qu’une plus grande place est laissée au fait d’appréhender davantage comme de la plate-forme pure et dure. Ou plutôt nous laisse-t-il le choix. Parce que la grande particularité de Ratchet & Clank est de proposer de multiples armes et gadgets. Si les petits gadgets s’avéreront essentiels pour l’avancée ou débloquer certains passages – nous forçant d’ailleurs à de multiples reprises à revenir sur des niveaux déjà visités que l’on n’avait pas pu explorer entièrement la première fois – les armes, elles, nous donneront le loisir de maraver les ennemis de manière autrement plus efficace qu’un simple coup de clé à molette nous servant d’arme de base. Et c’est ce qui différencie un peu ce premier volet des suivants : une très grande partie du jeu peut être appréhendée en n’utilisant que très peu notre arsenal de choc. Là où les volets suivants nous imposeront dès le début d’en user et surtout abuser. Un parti-pris futur qui n’a pas forcément été pris à la légère : c’est bien cette caractéristique se basant davantage sur l’action à base d’armes diverses et variées qui a su marquer les joueurs. Et se détacher complètement du premier Jak & Daxter sorti un an plus tôt en se montrant beaucoup plus nerveux et frénétique dans son parcours. D’autant plus que la prise en main s’avère béton sans jamais qu’elle ne faillisse, même lorsque qu’on dispose d’un arsenal bien rempli avec son système de sélection d’armes/gadgets ne se faisant pas en temps réel mais via une roue de sélection gelant l’action. Malgré tout, contrairement à Jak & Daxter, ce dynamisme impacte grandement sur le level design où les phases de plate-forme ne se révèlent jamais spécialement retordes. C’est qu’on ne peut pas avancer tambour battant en ayant la concentration du félin qui devra atteindre les pires plate-formes de l’angoisse, ça paraît logique. Ici, on court, on saute, on bute, on resaute, on court, on bute, etc. Voilà un peu le schéma global. Qui marche d’ailleurs très bien tant le plaisir de jeu est immédiat, même pour quelqu’un qui n’est pas forcément avide de jeux clairement orientés action et tir.

L’autre point qui sait rallier les foules avec Ratchet & Clank reste sans conteste son univers, personnages et ambiance. Même si l’on sent que le background est moins développé que ce qu’a fait Naughty Dog avec le premier Jak & Daxter – peut-être une fausse impression mise en cause par le côté fractionné, le jeu se passant sur une multitude de planètes différentes – et que l’histoire ne joue clairement pas la carte de l’originalité – sauvons le monde de ce gros méchant de Drek et pis c’est tout ! – le côté cartoonesque et l’humour omniprésent font mouche. D’autant plus qu’on reconnaîtra l’effort déployé afin d’avoir des personnages hyper expressifs qui ne fait que renforcer l’efficacité de l’ambiance.

Outre cet esprit léger qui a le mérite de pouvoir parler au public de tout âge, la variété fera que le jeu parviendra à nous tenir en haleine. Ratchet & Clank prend en effet le parti inverse de Jak & Daxter qui propose une unité dans son univers : ici, univers spatial oblige, les niveaux sont fractionnés. Un niveau équivaut à une planète, chacune se targuant de son environnement/paysage/écosytème propre sans jamais que ça ne tombe dans la redite tant l’on peut autant voir des espaces marécageux, des stations spatiales, des cités aux architectures clairement différentes (on peut autant passer des buildings bétonnés qu’à des choses bien plus futuristes), etc. Ce qui explique également pourquoi le background a été moins développé que chez le concurrent de Naughty Dog : on y passe, on remplit les objectifs demandés, parfois la première fois ou lors d’un futur passage lorsque l’on possédera le gadget qui nous fait défaut mais jamais nous ne saurons réellement plus de détails sur les planètes visitées, leur importance vis-à-vis de la galaxie à laquelle on se trouve.

Mais la variété ne s’arrête pas sur le plan visuel : le gameplay s’en mêle également. Si, bien entendu, le côté plate-forme/action à pied primera, cela n’empêchera pas d’avoir tout un tas de petites bouffées d’air frais comme des phases ponctuelles de course, de shoot’em up en vaisseau et autres petites joyeusetés comme quelques phases avec Clank, le robot, qui ne dispose clairement pas des mêmes caractéristiques que son fennec de compagnon. D’autant plus que les phases conventionnelles parviennent à continuellement se renouveler, notamment grâce à ses gadgets permettant de faire évoluer les possibilités de level design au compte-goutte. On notera également les sempiternels collectibles, les boulons dorés, qui ont l’avantage de réellement proposer un petit intérêt à les récolter. Totalement subsidiaires, ils permettent d’acheter des armes beaucoup plus puissantes que toutes celles que l’on pourra acheter via les boulons normaux que l’on a de cesse de récupérer dans nos pérégrinations. Permettant de beaucoup trop faciliter le jeu certes – il ne s’agit là que du simple bonus après tout – mais amenant cette sensation grisante de défourailler tout ce qui bouge de manière extrêmement destructrice. Ou comment amener un petit côté carotte à quelque chose souvent considéré comme inutile et emmerdant.

Ratchet & Clank, c’est le candidat défouloir jouissif de la plate-forme. Insomniac Games l’a montré dès ce premier opus, même s’il laisse un peu plus la latitude à l’aborder sans forcément toujours abuser des armes. Chose qu’il imposera davantage dans le futur de la série où le côté action prendra davantage d’importance. Ce qui n’est pas forcément rédhibitoire tant le plaisir de jeu est là et ne fait d’ailleurs que s’accentuer au fur-et-à-mesure que notre arsenal prendra de l’importance niveau puissance. Voire même donnera quelques petites conséquences un peu « what the fuck », histoire d’ajouter encore plus dans le cartoonesque omniprésent qui sait faire mouche, quelque soit le type/âge de public.

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